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Malo

Le souffle chaud de Mia au creux de mon oreille agrandit un peu plus mon sourire tandis que je lâche :

— Uniquement pour cette manche Mia, mais il y aura d'autres batailles et je ne serais pas aussi gentil.

Elle arque un sourcil tandis alors que son parfum m'enivre au plus haut point.

— Comment ça ? Tu m'as laissé gagner ?

Mia donne une petite tape contre mon torse avec un air boudeur avant que je ne lui explique :

— Il fallait bien que tu prennes confiance en toi, et tu t'en es réellement bien sortie. Mais je te promet que j'ai deux, trois, trucs à t'apprendre.

Elle acquiesce tandis que je dessers à regret mon étreinte.

— On ferait mieux d'y aller Mia, ajoutais-je.

La voir se redresser et s'éloigner de moi me fait immédiatement ressentir un manque, un vide qui manque de m'avaler. Mais il est impensable que je le montre, encore moins que je lui dise, si bien que je me contente de soulever mon t-shirt noir troué là où l'épée m'a touchée. Je jette un coup d'œil à la blessure qui a arrêté de saigner, sans doute grâce à la brûlure du métal chantant angélique, les rives de la plaie sont assez éloignées et si j'en avais sous la main j'aurais mis un peu de colle. Mia qui a surpris mon geste après avoir ramassé son épée me jette un regard désolé. Je ne m'y attarde pas plus que ça et me remet en route en silence.

Cette fille, soi-disant novice en combat a réussi à me surprendre. On me l'aurait dit avant ce combat que jamais je n'y aurais cru. Heureusement qu'elle a su se contrôler et que la blessure n'est que légère. Je me promets mentalement de ne plus sous-estimer Mia tandis que cette dernière qui s'est arrêté au bout de la rue me demande avec une certaine crainte dans la voix :

— Comment je fais pour mon épée ?

— Comment ça ? demandais-je, sans comprendre où est-ce qu'elle veut en venir.

— Bah... Je ne suis pas sûre de pouvoir librement me balader avec.

— Ah ça, dis-je en retenant un rire, je te promet que tu ne risque rien. Les humains ne remarquent quasiment jamais le métal chantant.

Elle me regarde dubitative mais ne réponds rien et reprends sa marche. Ce n'est qu'une fois qu'on est monté dans la rame de métro pleine à craquer que Mia me questionne :

— Comment ça va se passer avec Cléophée ? Je veux dire, on arrive juste et on fait directement ce qu'on doit faire ?

Je suis heureux de voir que sa détermination n'a pas failli, la proximité de Mia qui est quasiment collée à moi en raison de la foule m'empêche de réfléchir correctement. Bordel, que cette petite nephilim peut me faire perdre mes moyens. Il me faut toute ma bonne volonté pour me concentrer sur sa question qui est restée en suspend et enfin lui répondre :

— C'est à peu près ça oui. Je doute qu'elle oppose beaucoup de résistance même si elle ne sera sans doute pas facile à faire parler.

— C'est vraiment étrange d'agir ainsi, de se laisser torturer, commente Mia.

Je ne peux m'empêcher de sourire en secouant la tête, ça a effectivement un côté tordu qui pourrait presque me plaire, mais hors de question d'oublier que Cléophée est une ange.

— Est-ce que tous les anges sont aussi bizarres ?

La question de Mia, qui était plus une réflexion personnelle, me fait étirer un peu plus mon sourire tandis qu'elle reprends pour elle-même :

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