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Mia

Ce n'est qu'après le dîner que j'ai regagné ma chambre pour m'abrutir un peu plus devant la télévision. Et alors que je somnolais face à cette dernière, le bruit de la porte qui s'ouvre me réveille brusquement. Tous mes sens se mettent en alerte quand je sens la présence du roi des Enfers dans mon dos. Son regard doit se darder sur moi, car j'ai immédiatement l'impression de m'embraser. Le chuintement de la porte se refermant produit l'effet d'une décharge électrique dans mon corps. C'est le déclic, donc j'avais besoin pour me redresser et tourner la tête vers lui.

— Vous venez pour mes pansements ?

Il semble presque s'ébrouer sortant de sa contemplation avant de hocher brièvement la tête. Il s'avance vers moi avec le nécessaire dans l'une de ses mains. Me sentant quelque peu plus détendue, je respire avec plus d'aisance et tends mes bras vers lui afin qu'il puisse œuvrer. L'opération se fait rapidement et en silence. Ce n'est que lorsqu'il rassemble les différents déchets que je trouve le courage de demander :

— Est-ce que je peux poser une question ?

— Tu viens de le faire.

Sa voix est grave, traînante et un éclat nouveau apparaît dans ses yeux. Il me faut quelques secondes pour comprendre que cette petite étincelle doit être de l'amusement et je sens le rouge me monter aux joues. Il se moque de moi et cela m'exaspère profondément, même si je ne le montre pas. Malgré tout, je prends sa réponse pour un accord et me risque à poser la question qui me hante :

— Quand est-ce que je pourrais voir ma mère ?

— Continue de bien te comporter et j'arrangerais ça.

Je secoue la tête moyennement convaincue et mordille ma lèvre mal à l'aise avant de malgré tout souffler :

— Ce n'est pas vraiment ce qui avait été convenu.

— C'est vrai, mais les choses changent...

Sa voix reste en suspens tandis qu'une étincelle de colère s'embrase lentement en moi. À la rage s'ajoute le goût amer du sentiment de trahison. Je me suis rendu prisonnière, tout ça pour quoi ? Rien. Je me sens tellement stupide et misérable.

— Vous n'avez pas le droit de faire ça !

Il me regarde en riant, et, lorsqu'enfin il se calme, il reprend avec sérieux :

— J'ai absolument tous les droits, Mia.

C'est une vérité implacable, pourtant, la colère me souffle qu'il me reste un atout à jouer. C'est après avoir pris quelques secondes pour réfléchir à la formulation de ma phrase que je me risque à murmurer d'une voix un peu plus posée :

— N'ai-je pas le droit à un cadeau ?

— En quel honneur ?

Lui répondre, prononcer ces mots me coûte tout particulièrement, j'ai l'impression lorsqu'ils passent que ma gorge prend feu.

— Pour officialiser nos fiançailles.

Mes yeux se plantent dans les siens avec un certain étonnement j'y discerne de la surprise. Visiblement, ce coup-là, il ne l'avait pas vu venir et cela me fait esquisser un sourire victorieux. Le roi des Enfers passe sa main sur son visage comme pour s'accorder un instant de réflexion, lorsqu'enfin il me refait face, un rictus insolent orne ses lèvres et je sais immédiatement que je vais regretter cette histoire de cadeau.

— Tu as raison, Mia. Je vais même te laisser le choix...

J'arque un sourcil en attendant qu'il poursuive sa phrase, mais il n'en fait rien si bien que je me retrouve à demander stupidement :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant