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Mia

Le roi des Enfers me scrute de haut en bas avec un sourire malsain au coin des lèvres. Son regard est comme une brûlure sur moi et je sens le rouge me monter aux joues, je regrette soudainement d'avoir posé ma question. Mais, contre toute attente, il finit simplement par répondre :

— Pourquoi pas ? À qui tu penses ?

— À Bella.

Je ne sais pas pourquoi j'ai dit ça si bien je me mords aussitôt la lèvre inférieure. Le sourire du roi des Enfers s'élargit un peu plus.

— Je la ferais prévenir le moment venu alors. J'espère que tu seras sublime dans ta robe, mon ange.

Sa réponse me désarçonne tellement que je manque presque de faire tomber l'ordinateur à mes pieds. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi simple, à ce qu'il accepte, à ce qu'il m'aide et j'escomptais encore moins ce surnom. Ne trouvant rien de plus à répondre, je me contente de le remercier d'un signe de tête avant de tourner les talons en refermant la porte derrière moi. Je me laisse tomber contre cette dernière en poussant un long soupir que j'espère discret malgré tout. L'ambiance dans la pièce m'a paru électrique et je suis heureuse de pouvoir respirer à nouveau librement.

Lorsque je suis remise de mes émotions, mes pas me guident vers ma chambre. Je dépose le précieux ordinateur sur la table basse qui fait face au canapé et m'empresse de le brancher sur secteur avant de l'allumer. Je me pose pendant que l'appareil démarre et, même si c'était prévisible, je suis surprise de rapidement tomber sur le bureau sans qu'aucun mot de passe ne me soit demandé. Aucun programme ne semble préinstallé puisque rien ne se lance. Je scrute la machine quelques secondes comme si l'écran pouvait m'avaler avant d'oser ouvrir une page internet qui fonctionne à la perfection, ce qui me fait pousser un petit cri de surprise. Je n'en reviens pas, j'ai réussi à avoir une fenêtre sur le monde.

Je m'enhardis ensuite et ouvre l'explorateur de fichier, l'ordinateur ne contient rien de particulier, hormis les répertoires de base qui sont vides et un lien vers un cloud. Je clique alors ce dernier et tombe sur un unique dossier intitulé sobrement « mariage ». Je commence à l'explorer et vais rapidement d'étonnement en étonnement. Je tombe tout d'abord sur une liste de divers prestataires, je suis même surprise de trouver des traiteurs de référencés au vu de ce que m'avait dit Malo. Le roi des Enfers a aussi songé à embaucher un photographe ainsi qu'un décorateur. Je tombe ensuite sur une ébauche de la liste des invités, et comme je pouvais m'y attendre, elle est interminable. Et je finis même par mettre la main sur des planches moodboards pour la réception qui devrait succéder à la cérémonie.

Ce que je découvre me trouble particulièrement si bien que je laisse la dernière illustration ouverte et autorise mon corps à tomber en arrière contre le dossier du canapé. Mon regard se perd sur la planche de décoration aux accents métalliques, mais chic, pour ne pas dire classe, tout en étant résolument sobre. Je ne sais pas qui a fait cette planche, même si je suppose que c'est le roi des Enfers, ce qui me pousse à le considérer sous un jour nouveau. Il a l'air de s'impliquer pour ce mariage, peut-être qu'il le désire vraiment au-delà d'une simple lutte pour conserver le pouvoir. Je n'arrive pas à comprendre toute sa complexité et cela me fait pousser un soupir de frustration. Cela serait plus facile si c'était juste le mal. Mais on dirait bien qu'un peu de lumière semble tapie en lui.

Soudainement, un petit tintement est émis par l'ordinateur et un pop-up apparaît en bas à droite avec une simple question :

« Ce que tu vois te plaît ? »

Surprise, je clique dessus, un logiciel de discussion instantané s'ouvre alors avec visiblement un compte déjà configuré pour moi. Je m'empresse de répondre :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant