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Malo

C'est dans un geste rageur que je repose le pistolet à essence avant de gagner l'habitacle en claquant la portière derrière moi. Le bruit est suffisamment fort pour tirer Mia du sommeil dans lequel elle était plongée si bien qu'elle m'adresse un regard hagard, ce n'est qu'en avisant ma main aux jointures blanches tellement elle est crispée sur le volant qu'elle me demande :

— Quelque chose ne va pas ?

Je manque de lever les yeux au ciel tant la réponse à sa question est évidente et il me faut toute ma maitrise pour que ma voix ne soit pas aussi tranchante que de l'acier lorsque je lui répond :

— Ce connard a refusé.

Mia me regarde perplexe avant de lentement comprendre de qui je parle. Ce n'est qu'une fois que j'ai remis le contact et que je quitte la station-service pour rejoindre l'autoroute qu'elle me demande :

— Il a expliqué pourquoi ou il a juste refusé de te voir ?

— Oui bien sûr Mia, il a prit le temps d'exprimer ses arguments point par point.

Elle grimace et je m'en veux aussitôt d'y avoir été un peu fort. Malgré tout je suis toujours autant énervé par son refus, surtout que j'en connais parfaitement la raison. Mia. Mia et une espèce de jalousie mal placée de mon ancien plan cul. Est-ce que je l'empêchais d'aller tringler ailleurs moi ? Je ne sais pas ce qu'il s'imagine mais le pire dans tout ça est sans doute que malgré ce que je ressens pour Mia il ne s'est pas passé grand-chose. Je pousse un profond soupir plaintif qui me vaut un nouveau regard de Mia.

Je vois à son front plissé qu'elle cherche désespérément quelque chose à dire pour me calmer mais rien ne semble lui venir. En temps normal j'aurais trouvé une fille mignonne au Pulse ou dans les caves, on se serait amusé ensemble avant de reprendre notre vie chacun de nos côtés mais non il a fallu que mon cœur que je croyais bien sagement endormi se réveille. Le pire c'est que même si je trouvais une fille, là tout de suite pour soulager les tensions qui parcourent mon corps, je n'aurais que l'image de Mia en tête. Bordel. Il faut absolument qu'il se passe quelque chose avec elle, que je puisse respirer un peu.

Je n'ai jamais eu à forcer pour obtenir ce type de faveur et vu ce que Mia a vécu je ne compte pas le faire. Mais quand même, ça devient terriblement difficile de faire comme si elle ne me plaisait pas alors que je me retrouve comme un mort de faim à vouloir lui sauter dessus. L'une de mes mains quitte le volant le temps de la passer sur mon visage, je prends ensuite la peine de m'ébrouer pour quitter mes pensées moroses, après tout ce n'est pas comme ça que j'ai une chance de séduire Mia. Comme si elle savait que je pensais à elle, c'est à ce moment là qu'elle se tourne vers moi pour m'adresser un sourire un peu triste. Elle ouvre la bouche et la referme avant de se tourner vers la vitre. Surpris par son attitude je demande avec une certaine forme de douceur :

— Qu'est-ce qui se passe ?

— Tu n'es plus de mauvaise humeur ?

— Je ne l'ai jamais été contre toi Mia.

Bordel, parce qu'en plus de se refuser à moi, mademoiselle fait la susceptible. Ca me donne envie de l'embrasser, là tout de suite, un baiser sauvage et brusque, rien que pour qu'elle sache qu'elle est à moi et qu'elle n'a pas le droit de m'en vouloir. Si dans ma tête les images sont très nettes au point que je pourrais presque deviner la sensation de ses lèvres contre les miennes, je n'en fait rien et me contente de lâcher :

— J'ai encore le droit d'être furieux contre Sillias non ?

— Je peine à comprendre qu'un simple non te mette dans tous tes états, tu es tellement impassible d'habitude, elle marque une pause comme si elle réfléchissait avant de reprendre, si votre relation est le problème, peut-être que je pourrais le voir seul ?

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant