47.

2 0 0
                                        

Mia

C'est finalement les secousses de l'atterrissage qui m'ont réveillé. Le roi des Enfers était encore concentré sur son portable, si bien qu'il n'a pas daigné m'adresser le moindre mot. Et même le trajet qui a suivi, dans une berline noire, toujours avec un chauffeur s'est fait dans un silence glacial. L'atmosphère me met terriblement mal à l'aise, j'aimerais dire quelque chose, essayer de la rendre un peu plus douce, mais rien ne vient si bien que je subis la situation de plein fouet.

Lorsqu'enfin la voiture s'arrête après avoir franchi un imposant portail automatique, je découvre une grande demeure moderne. Le quartier semble être sur la hauteur de la ville qu'on a traversée un peu avant, mais sans qu'elle me donne réellement d'indices sur l'endroit où je me trouve. Il ne fait pas encore nuit, donc on ne doit pas être trop loin de là où je suis partie, mais c'est tellement relatif et les fuseaux horaires ont peut-être changé, même si je doute d'avoir dormi plus d'une heure ou deux.

Le chauffeur vient ouvrir la portière au roi des Enfers, puis fait de même avec la mienne. Je réalise quelques pas maladroits à cause de mes jambes un peu ankylosées avant de le rejoindre et de demander timidement :

— Et maintenant ?

— Ma gouvernante va te montrer ta chambre. Je passerais te voir plus tard pour ta correction.

Je hoche la tête tout en avalant ma salive avec difficulté. J'avais naïvement espéré que cette dernière n'était qu'une blague, déplacée certes, mais une plaisanterie quand même. Je n'ai pas le temps d'y réfléchir plus que ça qu'il a déjà commencé sa marche vers la maison via une allée en gravier blanc. Je me retrouve à le suivre tandis que la porte s'ouvre sur une femme élancée et svelte, elle doit avoir la quarantaine, de longs cheveux bruns qui encadrent un visage avenant et souriant. Le roi des Enfers la salue d'un signe de la tête avant de disparaître dans la maison. Je la regarde un peu stupidement et balbutie :

— Heu... Je suis Mia.

— Soit la bienvenue Mia. Pouvez-vous me suivre ? Je vais vous montrer votre chambre.

Je la regarde un peu mal à l'aise avant de demander avec une certaine hésitation :

— Est-ce que vous pouvez me tutoyer ?

La gouvernante se contente d'acquiescer d'un bref signe de tête avant de tourner les talons pour que je la suive. Je me retrouve alors à déambuler dans une maison aussi moderne que sa façade vitrée. L'entrée est lumineuse et cette impression est accentuée par le carrelage blanc et brillant qui tapisse le sol. Elle me guide jusqu'à un escalier en verre sans contremarches, ce dernier donne sur un large couloir muni de plusieurs portes. La femme finit par ouvrir l'une d'elles avant de s'effacer pour me laisser entrer. Je n'ai pas le temps de faire plus de deux pas à l'intérieur de la pièce que la gouvernante m'explique :

— Le dîner sera servi à vingt heures, je vous attendrai en bas des escaliers.

— Merci, dis-je un peu perturbé par les évènements de ces dernières heures.

Elle prend congé en refermant la porte derrière elle si bien que je me retrouve seule dans cette immense chambre. Une large baie vitrée fait face à l'entrée et au centre de la pièce trône un lit à baldaquin avec des rideaux d'un blanc immaculé. Un coin bureau occupe le côté droit tandis que c'est un petit salon avec une télévision qui est à gauche, une porte se découpe également dans ce mur-là. Je me dirige vers cette dernière pour l'ouvrir et tombe sur une salle de bain aussi vaste que la chambre avec une immense baignoire ainsi qu'un large dressing et une coiffeuse. Visiblement, le roi des Enfers ne doit manquer de rien et il se montre plutôt généreux avec moi. Si bien que je ne peux m'empêcher de me demander quel va être le prix de cette pseudo générosité.

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant