Mia
Malheureusement, ou heureusement, je n'arrive pas à trancher, Dieu doit être occupé ailleurs. Le roi des Enfers reprend la ligne de baisers qu'il avait tracée jusqu'à ce que ses lèvres descendent sur mon pubis. Son souffle chaud contre ma peau augmente les frissons que je ressens tandis qu'il murmure, comme pour lui-même :
— J'ai hâte de te goûter encore une fois.
Je ne sais si je dois protester ou le supplier de me toucher comme il avait pu le faire la fois précédente et, soudainement, j'en viendrais presque à remercier ce foutu morceau de ruban adhésif qui m'empêche de dire tout ce qui me traverse la tête. Cependant, mes lèvres tentent de s'entrouvrir contre ma volonté pour laisser échapper un gémissement qui meurt contre la colle. Sa langue soyeuse et brûlante a commencé à taquiner mon clitoris, tandis que je sens mon entrejambe s'humidifier davantage. J'essaie de chercher un sens à toutes les émotions que je ressens, est-ce que c'est bien ? À moins que je sois en train de faire quelque chose de terrible ? Mais au final, seule sa langue contre le point le plus sensible de mon anatomie compte. Je crochète le drap avec mes doigts et tire désespérément dessus à la recherche de plus. Doué de sa propre vie, bien loin de mes interrogations futiles, mon corps ondule pour aller au-devant des coups de langue terriblement bien placés du roi des Enfers.
Lorsqu'il l'introduit en moi pour laper les recoins les plus secrets de mon intimité, j'ai l'impression de dissocier. Je suis là et en même temps à mille lieues de ce qui ressemble à mon enfer personnel. Il n'y a plus de questionnement vain, plus de culpabilité, rien que le plaisir qui fait ondoyer mes hanches. Et un sentiment de manque qui monte au fur et à mesure, le besoin de sentir son membre en moi encore une fois pour que je sois complète. Si je n'avais pas ce foutu morceau de ruban adhésif qui scelle mes lèvres, je crois que je l'aurais supplié de me prendre.
Mon plaisir monte en flèche lorsque deux de ses doigts viennent rejoindre sa langue toujours en moi et je me retrouve rapidement au bord de l'orgasme. Les mots du roi des Enfers me reviennent comme un avertissement et je tente tant bien que mal de juguler les vagues de bien-être qui menacent de se transformer en tsunami d'un instant à l'autre. Et alors que je croyais atteindre le point de rupture, l'instant qui annihile ma volonté de suivre son ordre, il se retire doucement.
Derrière mon bâillon, je pousse un soupir de frustration qui se transforme en un bruit inintelligible. Je me redresse sur mes coudes pour observer ses lèvres luisantes de mes sécrétions, tandis qu'il vient glisser ses deux doigts entre ces dernières. Bordel. Mon entrejambe pulse douloureusement à cette vision. Lorsqu'il a fini, le roi des Enfers m'adresse un sourire éblouissant avant de se déshabiller en prenant son temps, comme si l'érection qui déformait son pantalon ne comptait pas. Visiblement, il y en a qui semble gérer ses désirs à la perfection, pas comme moi.
Le manque, à moins que ce ne soit le besoin de plus, laboure mes entrailles. Si je ne sentais pas son regard de glace sur moi, je crois que j'aurais déjà glissé l'une de mes mains entre mes cuisses afin de terminer ce qu'il a si bien commencé. Le roi des Enfers vient s'assoir à côté de moi et m'ordonne d'une voix froide :
— Touche-moi.
Le ton de son ordre me perturbe. L'instant d'avant, il était entre mes cuisses en train de me donner un plaisir comme jamais je n'avais connu et à présent, on dirait que je suis punie comme si j'avais fait quelque chose de mal. Lassé de me voir perdue dans mes réflexions, il attrape la main la plus proche et la pose contre son membre. Toucher cette chose aussi dure que de l'acier me fait frissonner tandis que ma paume s'active comme si elle était douée d'une vie propre. J'essaie d'y mettre tout mon art afin de lui rendre un peu du plaisir qu'il m'a si bien donné et je crois que, si je n'avais pas ce morceau de ruban adhésif sur les lèvres, elle serait déjà au fond de ma gorge.
Je retire ma main quelques instants le temps de mieux me placer, la droite reprend son ouvrage avec application, tandis que la gauche part à la découverte de son torse. Je caresse, presque avec tendresse, la peau fraîche du roi des Enfers, le contact de la pulpe de mes doigts semble le faire frémir. Et soudainement, ma vision se trouble et mes paupières se ferment. Lorsque je les réouvre un fragment de seconde plus tard, tout autour de moi a pris une teinte rougeâtre, mais ce qui me fait écarquiller les yeux c'est les ailes du roi des Enfers. Elles sont si immenses, de jolies plumes qui semblent blanches, mais qui se consument sans doute de manière perpétuelle, un véritable brasier ardent. Le spectacle est à la fois magnifique et envoûtant, tellement que mes mains cessent de bouger et celle qui était contre son torse se risque à s'en approcher. Je ne ressens rien si ce n'est de l'air, peut-être un peu plus chaud qu'ailleurs dans la pièce. J'ai envie de parler, de le remercier pour cette vision, de demander si c'était volontaire ou si c'est... moi... qui lui ai fait perdre le contrôle, mais ce maudit ruban adhésif est toujours là. Je me contente donc de le regarder avec une fascination teintée d'une crainte primitive.
Comme s'il semblait lassé de cet interlude, le roi des Enfers fini par me pousser pour que je retombe en arrière sur le lit, et sans autre mot ou geste, il s'enfonce brutalement entre mes cuisses. Passé quelques secondes de surprise, mon corps prend le dessus sur mon esprit qui aimerait protester pour la forme, et s'adapte à son membre. Pour un peu, je sentirais presque son afflux sanguin tellement il me remplit à la perfection. Quand ses hanches se mettent en mouvement, je ne peux que laisser mes gémissements mourir contre mon bâillon tandis que mes doigts s'accrochent à nouveau au drap. J'aimerais le toucher, me serrer contre son torse, griffer son dos pour lui signifier que mon corps a besoin de plus, mais je n'ose pas, alors je me contente de maltraiter machinalement le coton.
Chacun de ses coups de reins sont semblable à des vagues qui affluent et refluent. Mon plaisir suit ces dernières, il gagne en intensité quand il me remplit totalement, avant que le manque ne prenne le dessus tandis qu'il se dégage. Je me sens pitoyable à geindre des sons inaudibles, je culpabilise que je sois en train de me faire baiser par le roi des Enfers plutôt que par Malo. Même si mon esprit ne parvient pas à comprendre pourquoi mon cerveau décide soudainement de penser à lui. Mais chaque mouvement réduit en cendre mes éventuelles protestations. La seule chose qui compte est le plaisir que me procure le roi des Enfers. Lorsque ses lèvres viennent se poser contre mon cou pour mordre la peau avec violence, je ne proteste pas, au contraire. La douleur semble douce, presque tendre et ne fait que décupler le plaisir que je prends. Quand ses lèvres se retirent en laissant un énorme suçon, je ne peux que gémir de frustration. Ses coups de reins se font plus puissants, plus brutaux. Mon plaisir grimpe en flèche et, alors qu'il allait exploser sans que je ne puisse avoir le moindre contrôle dessus, et, en dépit de ma bonne volonté, une claque s'abat soudainement sur ma joue. Le choc est tel que je cligne des yeux, quand je les réouvre, ma vision est redevenue normale, et je perçois de la colère dans les iris du roi des Enfers, tandis qu'il me demande :
— Qu'est-ce que j'avais dit Mia ?
Je lui adresse un long regard désolé et je tente de protester, mais fini par abandonner mes efforts. Aucun de mes mots n'est audible. Je n'ai pas joui, enfin, pas vraiment. J'allais, mais il m'a interrompu juste avant. Il me scrute longuement et attrape mes cheveux pour les tirer et rapprocher mon visage de lui.
— Peut-être que tu aimes ça, te faire corriger ?
J'essaie de secouer la tête, mais sa poigne est trop forte et je ne parviens qu'à perdre quelques cheveux. Indifférent au désarroi qui me gagne le roi des Enfers reprends les coups de butoir qu'il avait cessé. Sa main relâche mes cheveux pour glisser contre ces derniers et finalement mieux les agripper. Et alors que je m'y attends le moins, que mon plaisir n'est plus qu'un vague remous, je sens quelque chose de chaud et de visqueux couler de mes entrailles.
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Batailles
ParanormalMia une jeune adulte, suit une vie relativement insouciante qui se ternit lorsque ses rêves deviennent étrangement troublants et que peu de temps après elle fait la rencontre de Malo. Entre rêves étranges, désirs ardents, sombre prophétie et menaces...
