Mia
Je suis descendue déjeuner vers midi, alléchée par l'odeur de viande grillée qui est venue me chercher jusque dans ma chambre. J'avais oublié à quel point manger pouvait être plus qu'un simple besoin physiologique et à quel point cela pouvait être plaisant. Ce n'est qu'une fois le ventre plein et alors que la gouvernante vient débarrasser la table qu'elle me demande :
— Avez-vous des projets pour cette après-midi mademoiselle ?
J'hésite quelques secondes avant de secouer négativement la tête. J'ai passé la matinée devant la télé même si je n'ai pas compris grand-chose au téléfilm sur lequel je suis tombée à cause de la barrière de la langue. La femme qui me fait face me propose alors :
— Peut-être pourriez-vous profiter du beau temps pour découvrir le jardin et sa piscine.
L'idée est alléchante, mais je regarde mes bras toujours bandés avec une moue déçue. Comme si elle comprenait le problème, elle s'empresse d'ajouter :
— C'est monsieur qui s'est occupé de vous, mais il n'a pas laissé de consigne particulière, peut-être devriez-vous le lui demander.
Je la remercie pour sa suggestion avant de finalement me retirer dans ma chambre. Je m'affale sur le canapé pour regarder la télé, mais l'ennui me gagne rapidement et l'idée d'une baignade s'impose peu à peu. Avec beaucoup d'hésitation, je finis par rassembler tout mon courage pour me lever et marcher jusqu'à la porte du bureau où le roi des Enfers était ce matin. Je ne l'ai pas entendu ou vu en sortir, j'imagine donc qu'il est toujours là et après quelques secondes pendant lesquelles je regroupe toute ma motivation, je frappe.
Il ne se passe rien pendant quelques minutes, si bien que j'apprêtais à faire demi-tour. C'est à ce moment-là que la porte s'ouvre, son regard me détaille de haut en bas et se rive dans mes yeux. Mal à l'aise j'avale difficilement ma salive avant de balbutier :
— Heu... La gouvernante m'a dit que je pouvais me baigner... Mais, je voulais être sûre que c'était compatible avec... les pansements...
Pourquoi est-ce qu'il me fait perdre tous mes moyens ? Il semble jouer de mon trouble, qu'il ressent forcément vu que je me dandine presque d'un pied sur l'autre, et ce n'est qu'au bout de ce qui me paraît être une éternité qu'il me répond enfin :
— Rentre et installe-toi, je reviens.
Il s'efface aussitôt pour me laisser le passage avant de quitter la pièce. Je ne me fais pas prier pour m'installer sur le canapé sur lequel j'étais déjà ce matin, trop heureuse que le tremblement de mes jambes cesse d'être si visible. Lorsque le roi des Enfers revient à peine quelques minutes plus tard, il a des ciseaux et une petite boîte cartonnée dans les mains ainsi que des compresses. Comprenant immédiatement ce qu'il attend de moi, je tends mes avant-bras.
Sans un mot, mais avec délicatesse, il entreprend de retirer les bandes de gaze qui entouraient mes deux membres. Il enlève ensuite les compresses, le sang coagulé fait que ça tire un peu si bien que je me mords la lèvre pour faire passer l'inconfort de la sensation. L'hémoglobine perle à nouveau à certains endroits, mais, dans l'ensemble, les plaies sont propres, sans doute grâce aux points de suture que j'arrive à distinguer. Tandis que le roi des Enfers applique de nouvelles compresses, je lui demande timidement :
— Pourquoi est-ce que c'est vous qui m'avez soigné ?
Il prend le temps de coller un pansement transparent, fait dans une sorte de plastique, par-dessus les compresses avant de me répondre :
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Batailles
ParanormalMia une jeune adulte, suit une vie relativement insouciante qui se ternit lorsque ses rêves deviennent étrangement troublants et que peu de temps après elle fait la rencontre de Malo. Entre rêves étranges, désirs ardents, sombre prophétie et menaces...
