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Mia

Lorsqu'on arrive devant le restaurant, je ne peux que jeter un regard perplexe à la vitrine de ce dernier avant de me tourner vers Malo pour lui demander :

— Ce n'est pas un peu bizarre d'avoir choisi un établissement gastronomique alors que vous ne mangez pas ?

Il se contente de hausser les épaules en guise de réponse tandis qu'un membre du personnel nous ouvre la porte pour nous laisser passer. Un peu intimidée par l'endroit qui est écrasant d'opulence, je décide de calquer mon attitude sur celle de Malo, qui semble indifférent à tout cet étalage de luxe. Il se dirige vers le serveur placé derrière un petit comptoir pour lui indiquer que nous avons une réservation. Ce dernier consulte brièvement son registre avant de nous faire signe de le suivre.

L'homme nous guide jusqu'à une table pour quatre personnes placée contre la vitrine. Je décide de prendre le siège contre cette dernière tandis que Malo s'installe à côté de moi. Je ne peux m'empêcher de me sentir soulagée qu'on soit les premiers à arriver, ça me laisse le temps d'analyser mon environnement et de m'y adapter.

— Désirez-vous boire quelque chose en attendant le dernier convive ? nous demande le serveur.

Je n'y avais pas pensé et je n'ai même pas eu le temps de consulter la carte. Un peu perdue, Malo doit sentir mon désarroi, car il commande pour nous deux un verre de vin. Lorsque le serveur s'éloigne après avoir acquiescé, je pousse un soupir de soulagement tout en adressant un regard reconnaissant à Malo. Timidement, je finis par lui demander :

— Il est comment ?

Alors qu'il allait ouvrir la bouche, l'arrivée d'un homme accompagné du même serveur qui nous a placés l'empêche de me répondre. La curiosité me pousse à le scruter de haut en bas, un individu entre deux âges, avec des cheveux mi-longs bouclés, couleur poivre et sel, un visage avenant avec de grands yeux acier qui me donne l'impression d'être happée par les iris sombres. Il me faut toute ma volonté pour m'en détacher et glisser mon regard sur son nez fin, suivi de lèvres qui ont l'air particulièrement douces, un léger sourire les étire. Les épaules sont larges et recouvertes d'une veste de costume de bonne facture, mais ce qui me surprend le plus est l'encre noire qui parsème son cou. Mes yeux glissent rapidement sur le reste, une corpulence moyenne et une grande taille, rien de très détonnant, si ce n'est une impression d'autorité et un charisme qui manque de m'écraser. Même Malo, pourtant nonchalant d'habitude, semble avoir du mal à avaler sa salive. Il s'empresse de se lever pour serrer la main que son interlocuteur lui tend.

Ce n'est qu'une fois que tout le monde s'est assis que je sens son regard se fixer sur moi, c'est à mon tour d'être scrutée, détaillée si bien que le rouge me monte aux joues tout en ayant l'impression d'être stupide d'être si intimidée. Lorsqu'il prend la parole, sa voix est douce comme du velours, mais l'intonation est tranchante de la même manière qu'un poignard :

— Tu dois être Mia.

Je n'ai pas le temps d'acquiescer qu'il a déjà repris :

— J'ai beaucoup entendu parler de toi ces derniers temps. Je ne m'attendais pas à ce que tu ressembles autant à ta génitrice.

Je ne parviens pas à savoir si c'est un compliment, mais je décide de le prendre comme tel, au moins j'ai une vague idée du physique de ma mère à présent. Malo ne disant rien, je me risque à répondre en maudissant mon intonation quelque peu intimidée :

— J'espère que c'était en bien.

— Le bien, le mal, tout ça est relatif Mia. Tu devrais le savoir, vu la personne qui t'accompagne.

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