72.

2 0 0
                                        

Mia

Quand le roi des Enfers me rejoint, je suis toujours plantée stupidement debout devant le lit. Je crois que je suis sous le choc de la soirée que je viens de vivre ainsi que des paroles de Malo. Sans compter que l'intégralité de mon corps me fait souffrir comme jamais et que le moindre mouvement est un supplice.

Lorsque ses yeux se posent sur moi, son regard est tendre, et sans que je m'y attende, il tombe à genoux devant moi avant d'attraper mes mains. Il me fixe, me détaillant avec attention avec de chuchoter de sa voix grave :

— Si tu savais à quel point je suis désolé, Mia. Me laisseras-tu prendre soin de toi comme il se doit ?

Je prends une seconde pour renifler avant de hocher la tête. Je ne suis pas certaine de pouvoir lui pardonner un jour, mais je comprends cependant les enjeux qui l'ont poussé à agir de la sorte.

C'est ainsi que le roi des Enfers se redresse, se saisit délicatement de ma main et m'entraîne vers le lit pour que je m'y allonge à plat ventre. Je sens sur mon dos brûlant son regard acéré qui doit examiner les coups que j'ai reçus. Comme pour lui-même, il hoche la tête avant de m'expliquer :

— Tu auras mal pendant quelques jours, mais je te promets que tu n'auras pas de trace durable. Je vais te mettre une crème anesthésiante pour que tu puisses passer une bonne soirée.

La perspective de sentir ses doigts sur ma peau boursouflée ne me dit rien qui vaille, mais j'accepte malgré tout d'un murmure. Peut-être que la crème pourra soulager la sensation de la brûlure qui irradie dans tout mon corps, en tout cas, je l'espère sincèrement.

Je profite de la brève absence du roi des Enfers pour remettre de l'ordre dans mes cheveux d'une main et essayer de me donner bonne constance en reniflant une bonne fois pour toutes et en essuyant les dernières larmes. Lorsqu'il revient, je l'aperçois prendre un peu de crème du tube sur le bout de ses doigts avant qu'il ne vienne s'assoir à côté de moi.

Me surplombant de sa carrure, il se penche pour appliquer la lotion, mon corps se raidit dans l'appréhension de ce contact qui se révèle étrangement doux. La crème est froide et assez grasse pour que la rencontre de nos peaux soit soyeuse. Le roi des Enfers masse doucement mon épiderme meurtri en faisant attention à ne pas me toucher plus que nécessaire et je ne peux qu'apprécier cette attention.

Je pourrais presque me détendre si les mots de Malo avant son départ ne tournaient pas en boucle dans ma tête. Je ne peux m'empêcher de me sentir furieuse envers lui, c'est entièrement de sa faute si je me retrouve dans cette situation et il n'a pas eu le cran de s'excuser, je ne suis même pas certaine que cela lui ait effleuré l'esprit de le faire. Je pousse un soupir mêlant colère et frustration. Ce dernier fait réagir le roi des Enfers, toujours très appliqué dans sa tâche qui me demande alors :

— Que se passe-t-il, mon ange ?

— J'étais en train de penser à Malo...

À mes mots, je ne peux m'empêcher de rougir, j'ai peur qu'il les interprète mal si bien que je m'empresse de préciser :

— Je crois que je suis en colère contre lui et je ne sais pas comment faire pour supporter sa présence maintenant...

— Tu souhaites que je le renvoie ?

Sa voix est tendue, comme s'il avait peur que j'accepte, j'essaie alors de peser le pour et le contre. Une part de moi comprend les motivations du roi des Enfers, tant que Malo a des sentiments pour moi, il devrait en théorie me protéger de tout. Mais d'un autre côté, j'ai peur que la situation entre les deux démons ne devienne explosive à cause de moi. Je finis malgré tout par secouer la tête, en murmurant plus pour moi-même qu'autre chose :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant