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Malo

Voir Mia s'effondrer de la sorte sous la nouvelle me brise le cœur. J'aimerais tellement pouvoir dire ou faire quelque chose qui adoucira sa peine, mais je sais d'expérience que seul le temps peut guérir ce genre de blessure. L'attitude du roi des Enfers qui s'est assis au bord du lit afin de se rapprocher d'elle et de caresser ses cheveux me surprend. Ses gestes sont tendres et il lui murmure des paroles apaisantes au creux de l'oreille, je suis trop loin pour distinguer ses mots. Cependant, cela semble faire l'effet escompté puisque, peu à peu Mia se calme. Elle se redresse et essuie dans un geste presque rageur ses larmes avant de regarder le roi des Enfers et de hocher la tête.

La scène est douloureuse pour moi, tout d'abord, car la femme qui fait battre mon cœur semble s'être brisée sous la nouvelle, mais parce qu'en prime c'est un autre qui la réconforte, et avec efficacité en plus. Et d'un coup, je prends conscience de l'étincelle dans le regard du roi des Enfers et je comprends mieux cette histoire de mariage et de descendance. Il l'apprécie, véritablement. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'il l'aime, je ne suis pas certain qu'il puisse affectionner quelqu'un d'autre que sa propre personne, mais il souhaite sincèrement prendre soin de Mia. Et je comprends mieux pourquoi elle se laisse aller à cette douce torpeur.

Mon cœur se fracture un peu plus face à ce constat. Et alors que j'allais définitivement quitter la pièce, le roi des Enfers m'interpelle :

— Malo, qu'a donné ton voyage au fait ?

Mon regard passe de lui à Mia qui s'est quelque peu rapprochée du roi des Enfers. Les yeux de cette dernière semblent surpris, mais elle n'ajoute rien si bien que je réponds :

— Pas grand-chose, mais vous deviez le savoir non ?

Je ne peux m'empêcher de lui lancer un regard torve, ce voyage était sûrement une perte de temps et je suis certain qu'il était au courant. Malgré tout, il me demande :

— J'insiste, qu'as-tu trouvé ?

— Un carnet sans doute inexploitable et un morceau de tapisserie, finis-je par soupirer avec une pointe d'exaspération, quelqu'un a sûrement fouillé le lieu avant moi.

— Tu insinues quelque chose ?

Le regard que Mia porte sur moi me force à me maîtriser. Déclencher un esclandre maintenant est loin d'être une bonne idée si bien que je me contente de secouer négativement la tête. Le roi des Enfers reprend alors :

— Qu'est-ce que tu as fait de tes trouvailles ?

— J'ai confié le carnet à une restauratrice, on verra bien ce qu'elle peut en sauver. Et j'ai commencé les recherches sur la tapisserie, elle fait partie d'une série de douze qui semblent être conservés dans un musée.

Le roi des Enfers passe une main pensive dans sa barbe, tandis qu'il reprend :

— Il faudra que tu me montres ça.

Je lui lance un regard surpris tandis que mon cerveau tourne à mille à l'heure. Mes trouvailles ont l'air de l'étonner, mais pourquoi ? S'il est venu avant moi, il devait très bien savoir que je tomberais sur ça, à moins que quelqu'un ne soit revenu entre temps ? Mais ça n'a aucun sens, pourquoi laisser un bout de vieille tapisserie et un carnet tellement trempé qu'il a gelé. Comprenant que, malgré tout, le roi des Enfers attend une réponse à sa demande, je soupire :

— Je suis à votre disposition.

Dire ses mots me coûte, mais mon attitude semble le satisfaire puisqu'il esquisse un léger sourire avant de reprendre :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant