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Mia

Je finis tout doucement par me dégager de l'étreinte de Malo pour le fixer avant de murmurer toujours un peu abasourdie :

— Tu es vraiment là...

— Évidemment, me répond-il en déposant un baiser sur mon front.

Le contact de ses lèvres me fait sursauter, mais je n'ai pas le temps de répliquer quoique ce soir que Malo attrape mon bras droit et me demande d'une voix empressée, mais toute fois douce :

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Ses doigts effleurent presque tendrement la boursouflure qui traverse tout mon avant-bras, tandis que je cherche en vain une réponse honnête à lui offrir. Je n'y parviens cependant pas si bien que le démon qui me fait face fronce les sourcils et tente :

— Ce n'est tout de même pas lui qui t'a fait ça ?

— Pas directement, répondis-je en me mordant la lèvre inférieure.

Sous le regard perplexe de Malo, je finis par expliquer en cherchant mes mots avec soin :

— Le début de notre cohabitation a été difficile, j'ai juste eu envie de tout arrêter.

— Je vois, grogne Malo.

— Ça va mieux maintenant, m'empressais-je de préciser.

— Super alors, lâche-t-il d'une voix glaciale et avec une pointe d'ironie.

Je n'arrive pas à comprendre si c'est contre moi qu'il est en colère ou contre le roi des Enfers, à moins que ce ne soit nous deux en même temps. Je retiens un soupir et dégage doucement mon bras qu'il tenait toujours.

— Et maintenant ?

Il hausse les épaules avant de me proposer :

— Tu devrais peut-être manger quelque chose ? J'ai cru comprendre que tu avais eu une longue journée.

J'acquiesce et brusquement, le film des dernières heures défile dans ma tête. Tout à la joie de mes retrouvailles avec Malo, j'avais totalement oublié Bella. C'est avec une angoisse sourde que je lui demande :

— Tu as des nouvelles de Bella ?

Il hoche la tête et m'explique :

— Son corps est dans le coma, sa forme éthérée piégée dedans.

— Est-ce qu'elle risque de...

Je n'arrive pas à prononcer le mot, mais Malo semble très bien comprendre mes craintes, puisqu'il répond avec une pointe d'inquiétude qui me surprend :

— Je ne sais pas, je n'ai pas eu plus d'information. Tu devrais demander à ton futur mari.

Il a terminé sa phrase avec un ton acerbe qui, là aussi m'étonne. Je l'observe et remarque alors la lueur mauvaise dans ses yeux. Moi qui me demandais comment lui annoncer cette histoire de mariage, voilà qui m'enlève un poids. Je me résigne tout de même à lui répondre :

— Parce que tu crois que j'ai le choix ?

— Personne ne t'a mis un couteau sous la gorge visiblement.

Je lâche un hoquet de stupeur tout en lançant un regard éloquent vers mes bras. Je reste sans rien dire pendant de longues secondes, je n'ai pas envie d'envenimer les choses, mais me taire me coûte énormément. D'une voix que j'espère apaisée, je finis par reprendre :

BataillesOù les histoires vivent. Découvrez maintenant