NDA : Je vous ai déjà dit merci ? ♥
Instantanément, son mal de crâne s'intensifia. Il n'avait rêvé que de son lit pendant tout le trajet de retour dans les transports en commun. Mais la vision de Yann et Evan qui l'attendaient d'un pied ferme dans son salon lui faisait comprendre que son souhait n'allait pas se réaliser tout de suite.
Il fit quelques pas prudents vers l'avant, retirant ses chaussures à l'entrée et posant son sac un peu plus lui. Quand il releva finalement la tête, Evan ne semblait pas avoir calmé ses nerfs. Il le voyait cependant tenter de se relaxer par un savant jeu de respirations mais cela ne paraissait pas avoir un réel effet. Il choisit tout de même de tenter le diable en posant une question innocente.
- Qu'est-ce que vous faites plantés dans le salon ? Il y a un canapé, vous savez, vous pouvez vous asseoir.
Yann tourna rapidement sa tête de gauche à droite, pour lui faire comprendre que ce n'était sans doute pas une bonne idée. En effet, il ne fallut pas une minute supplémentaire pour qu'Evan explose et lui fasse comprendre que ce n'était pas vraiment le moment de plaisanter ou de prendre tout cela avec légèreté.
- Arrête tes conneries, Milan, tu étais où ?
Le soupir qui sortit de la bouche de ce dernier n'encouragea pas Evan à baisser la voix. Et il extériorisa toute l'inquiétude qu'il s'était fait pour le jeune homme depuis la fin de matinée.
- Mais tu réalises, Milan ? Putain, tu as disparu pendant plus de deux heures, sans donner aucune nouvelle. Tu aurais au moins pu prendre le temps de nous répondre, histoire qu'on ne s'inquiète pas. Tu sais ce qu'on raconte dans toute l'université ? Ce que j'ai entendu pendant mon déjeuner, au RU ? Tout le monde ne faisait que parler du fait qu'Emile t'avait tabassé dans les couloirs ? Et toi, tu es là, debout devant nous, à nous demander « ce qu'on fait là » et à faire comme si rien ne s'était passé. Merde, Milan ! Il aurait pu te casser quelque chose, il aurait très bien pu t'envoyer à l'hôpital et tu le sais très bien. Mais non, tu as encore joué au con, avec ta putain de provocation. Alors, tu vas me répondre, tu étais où ?
A cet instant, Milan comprit qu'il n'allait pas pouvoir se défiler. Il aurait aimé prétexter qu'il avait besoin d'être seul – ce qui n'était pas éloigné de la vérité, mais le poing serré d'Evan lui faisait comprendre que ce n'était pas le moment de partager cette envie.
- Je vais bien, ok ? C'est juste superficiel. Un peu d'alcool, des pansements, du repos et tout ira bien.
- Donc tu es allé voir un médecin ?
Les épaules du jeune homme s'affaissaient légèrement, et un bref instant Evan parut soulagé. Il pouvait bien lui pardonner de ne pas avoir répondu si c'était parce qu'il était allé se faire soigner. Cependant, Milan ne répondit pas immédiatement à sa question, préférant le fuir du regard, ce qui n'annonçait rien de bon et eut pour effet de faire remonter la colère en lui, telle une boule de feu qui semblait lui brûler l'œsophage.
- Non. Tu n'as évidemment vu personne. Tu as fait le pronostic tout seul. On avait au moins espéré que pendant tout ce temps tu te serais rendu à l'hôpital pour faire des examens complémentaires. Mais non, comme toujours tu as été complètement irresponsable. Alors, tu étais où ?
Milan jeta un coup d'œil à Yann, le jeune homme était resté silencieux depuis qu'il était rentré chez eux mais il se doutait qu'il ne serait pas d'une grande aide. Quand Evan se transformait en Maman Miller, personne ne pouvait l'arrêter.
Il ne savait pas quoi lui répliquer, sachant que la vraie réponse n'allait pas lui plaire. En même temps, Evan avait ses parts de responsabilité dans cette affaire. Après tout, c'était lui qui l'avait poussé vers Alice, c'était lui qui l'avait foutu dans ce putain de cercle vicieux. Mais Milan savait qu'il ne s'en sortirait pas aussi facilement.
Il aurait pu lui mentir, prétexter n'importe quelle excuse qui lui viendrait à l'esprit mais il sentait qu'Evan ne lui pardonnerait pas et, surtout, qu'il saurait immédiatement qu'il lui mentait. Ils se connaissaient depuis toujours, cela faisait des années qu'Evan savait quand Milan lui racontait des bobards, même quand ce dernier faisait tout pour qu'il ne le devine pas. Alors, il choisit la sincérité. C'était peut-être la voie la plus courte vers le repos.
- En cours.
- En cours ? Fous-toi de ma gueule, si tu avais été en cours de nutrition, crois-moi que je l'aurais su.
Il allait finir par lui faire un arrêt cardiaque s'il continuait à s'exciter ainsi. Pourtant, Milan ne se départit pas de son air détaché qui semblait tant énerver son meilleur ami.
- En physique quantique, en fait.
Evan marqua un arrêt, essayant de saisir ce que venait de lui dire Milan, l'information ayant du mal à atteindre son cerveau, tellement elle semblait improbable.
- En physique ? En physique quantique ?
Le jeune homme était clairement en train de craquer. Milan voyait ses nerfs mis à rude épreuve. Alors il décida de l'achever, rapidement, proprement, avant qu'il ne fasse un carnage dans son salon.
- Oui, avec Alice.
Il crut un instant que son meilleur allait s'évanouir mais il resta finalement debout. Cela eut au moins le mérite de lui couper la parole. Yann, cependant, ne mit pas beaucoup de temps pour prendre le relais des reproches.
- Alice ? Alice comme dans Alice Jacob ? Alice comme dans petite sœur d'Emile Jacob qui vient de te tabasser pour justement t'être approchée d'elle ? Cette Alice-là ? Dis-moi que c'est une blague, Milan.
- Cette Alice-là.
- Je ne sais pas quoi te dire, Milan. Tu es complètement inconscient. On a tous compris que tu aimé provoquer les autres, mais là c'est au-delà de tout entendement. Tu veux prouver quoi à Emile ? Que tu es le plus fort ? Qu'il ne t'intimide pas ? C'est un jeu idiot, Milan.
- Je suis fatigué. Je vais me coucher.
Il commençait à en avoir assez des remontrances. Il faisait encore ce qu'il voulait. Il pouvait comprendre que ses amis s'inquiètent pour lui, mais tout ce qu'il avait besoin là, c'était du repos. Cependant, Yann ne semblait pas en avoir fini avec lui, il arrêta son élan en lui prenant le bras, le forçant à s'arrêter.
- Je ne rigole pas, Milan. Faut que tu t'en détaches. Ca ne t'apportera rien de défier Emile, sinon des ennuis. Et tu n'en as pas besoin. J'ai besoin de te rappeler que tu es en médecine et que ça te prend déjà pas mal de temps ? Et l'équipe, tu t'en fous si tu ne peux plus assurer les matchs ? C'est un conseil d'ami, Milan, arrête de fréquenter Alice.
- Je crois que ce que tu as besoin, en fait, c'est d'une cure.
Evan avait réussi à reformuler une phrase alors que Milan entrait finalement dans sa chambre. Il ferma la porte à clef et se jeta sur son lit en réfléchissant à ce qu'ils venaient de dire. Aller en désintox pour addiction alicienne n'était peut-être pas une mauvaise idée. Et il s'endormit, les soins attendront son réveil.
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Blue Blurred
Roman d'amourAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
