NDA : Je sais que c'est court comme chapitres mais c'est le format Fyctia à la base qui a imposé ça et je ne veux pas en changer avant la réécriture + c'est aussi ce qui me permet d'en poster plus, plus souvent (ok les dernières semaines n'ont pas été le parfait exemple pour cet argument, mais reconnaissez que cette fois-ci, vous avez deux chapitres rapidement ^^). Vos réactions, retours et votre réactivité sur le dernier chapitre m'ont fait énormément plaisir. Je ne sais si je mérite tout ça mais égoïstement je vais le prendre quand même !
Planté au milieu de la salle d'études, Milan mit cinq minutes à comprendre ce qui venait de se passer. Cinq minutes pour que les paroles d'Aurore, prononcées la veille, lui reviennent en mémoire : « Tu ne prends pas de pincettes avec elle, tu te comportes comme avec n'importe qui. Et elle apprécie ça, d'être traitée comme quelqu'un de normal. »
Il ne s'était pas rendu compte qu'en prenant conscience de ses sentiments, il était devenu plus prudent. Il était entré dans cette pièce en faisant attention, ne voulant pas la brusquer. Il avait agi de la même manière que les autres, il avait voulu la protéger. Or, elle n'avait pas besoin d'un énième garde du corps.
Milan se sentait à présent stupide. Son manque d'assurance avait des conséquences qu'il n'avait pas prédit. Il comprit qu'il fallait qu'il assume une fois pour toutes ce qu'il ressentait pour la jeune fille. C'était le moment de choisir, au lieu de ne cesser de faire deux pas en avant pour reculer à la moindre occasion.
Sachant très bien qu'il avait peu de chances de trouver Alice pour le reste de la matinée, il s'accorda ce moment pour remettre ses idées un minimum en ordre et réfléchir à son plan d'attaque. Il lui restait pas mal de temps avant le déjeuner pour cela, ce qui lui permettait de sortir de l'enceinte de l'université pour aller se chercher un sandwich avant que les étudiants n'envahissent les lieux de restauration rapide des alentours. Il pouvait ainsi se poser dans un parc et y manger. Il faisait beau aujourd'hui.
Il ne fut pas étonné d'y retrouver Evan, assis sur un banc. Apparemment, ce dernier avait eu la même idée que lui. Milan aurait pu faire semblant de ne pas l'avoir vu et aller se poser plus loin, mais il n'avait plus l'âge pour ces idioties.
- Jambon-Emmental ?
Evan était le genre à garder ses petites habitudes malgré les années qui passent. Et depuis qu'ils se connaissaient, le jeune homme ne jurait que par le Jambon-Emmental. Son meilleur ami releva les yeux vers lui, une pointe d'interrogation dans les yeux avant de désigner le sandwich que Milan tenait dans les mains.
- Mexicain ?
- Indien.
Il se contenta de hocher la tête et ils restèrent assis en silence quelques minutes, comme s'ils n'avaient plus rien à se dire. En réalité, ils réfléchissaient tous les deux à quelle approche serait la plus intelligente. C'est ainsi qu'ils reprirent la parole en même temps.
- Je suis désolé, Milan, je...
- Je crois que je l'aime bien, Evan...
Ils s'arrêtèrent de parler en plein milieu de phrase avant d'éclater de rire. Ce moment de relâchement leur fit du bien à tous les deux.
- Tu avais raison, j'aurais dû te dire qui elle était, avant de te pousser dans ses bras. J'étais persuadé que tu ne serais jamais intéressé par elle, et surtout qu'elle n'en aurait rien à faire de toi. Je me suis trompé sur toute la ligne.
- J'aurai préféré que tu aies raison.
- Qu'est-ce que tu vas faire alors ? Taper dans tous les murs que tu croises ? Ça risque de te coûter cher.
La plaisanterie ne passa pas inaperçu mais Milan se contenta de sourire. Il ne savait pas très bien où il en était et ce qu'il devait faire. Il allait sans doute improviser, se laissant guider par ce qu'il pensait être juste.
- J'essaie de me trouver du courage.
- Ah ! C'est pour ça le curry ! Je me disais aussi.
- Tu es vraiment un petit con quand tu t'y mets.
- Mais c'est pour ça que tu m'aimes !
Ils restèrent discuter encore quelques temps. Evan changea rapidement de sujet, ne sentant pas le jeune homme à l'aise. Ce n'était pas comme si Milan était doué pour parler de ses sentiments. Ce dernier finit son déjeuner en quelques bouchées avant de prendre congé et de se diriger vers la salle de physique quantique. Il était décidé. Son choix était fait.
Il n'eut pas de mal à trouver Alice. Elle était assise à la même place que la dernière fois, il y a déjà plusieurs semaines. Il descendit les marches de l'amphithéâtre, comme s'il était inscrit à ce cours depuis toujours, et prit place à côté de la jeune fille. Si elle eut un léger sursaut, elle ne dit cependant rien. Il attrapa le livre qu'elle lui avait prêté la première fois et commença à le feuilleter avant que le cours ne commence.
« Une image très imparfaite peut être donnée de [la situation du paradoxe de la physique quantique] : l'automobiliste normal s'arrête au feu rouge et passe au feu vert. Que fait-il s'il arrive devant des feux où, par suite d'un incident de signalisation, à la fois le vert et le rouge sont allumés, et l'orange est éteint ? Selon qu'il est audacieux ou prudent, il choisira de passer ou de s'arrêter. Un automobiliste « quantique », obéissant à l'équation de Schrödinger, devrait à la fois franchir les feux et s'arrêter devant eux ! »
Le cantique des quantiques : Le monde existe-t-il ?
Milan savait très bien que cette citation ne s'appliquait pas à sa situation, mais elle résonnait tout de même en lui. Il avait l'impression qu'il devait à la fois se lancer et s'arrêter. Il aurait aimé être capable d'effectuer les deux de manière simultanée, histoire d'en voir les conséquences et d'être en mesure de choisir la réalité qui serait la plus à même de lui convenir.
Plongé dans sa lecture, il ne remarqua pas les coups d'œil que lui lançait Alice. Il entendit tout de même le professeur prendre place mais n'y fit pas attention. Il était trop occupé à faire des parallèles entre sa lecture et sa vie. Il reprit conscience de ce qu'il se passait autour de lui lorsqu'Alice commença à écrire des équations sur son cahier. Il n'y comprenait strictement rien mais son regard en resta tout de même captivé.
A la fin du cours, le professeur demande une nouvelle fois à Alice de rester. Milan aurait très bien pu sortir et l'attendre dehors comme la dernière fois. Il monta d'ailleurs les escaliers en direction de la porte, mais il se contenta de s'appuyer contre le mur, les bras croisés, sans se préoccuper du regard du professeur sur lui.
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Blue Blurred
RomanceAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
