10. Droite, gauche, droite...

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Hello les petits loups ! Hum, j'ai eu une semaine très chargée, je n'ai pas beaucoup dormi, pas beaucoup mangé non plus ^^ mais j'ai réussi tout ce que j'avais à faire (Yataaa). J'ai rattrapé mon sommeil cette nuit et je vous livre un nouveau chapitre de Blue Blurred en espérant qu'il vous plaise ! 


10.

Aucun des deux jeunes hommes ne semblait prêt à abandonner le rapport de force qui s'était créé entre eux. Tandis qu'ils se confrontaient du regard, Léa, elle, enfonçait légèrement ses ongles dans l'avant-bras droit de Milan. Elle essayait de lui faire comprendre que c'était sans doute le moment pour rendre les armes et s'en aller avant que cela ne dégénère. Ils n'avaient pas besoin d'une embrouille, pas la peine de mettre de l'huile sur le feu. La jeune fille voulait seulement l'embrasser jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de souffle. Elle voulait le voir lâcher prise et prononcer son prénom avec toute la sensualité dont il était capable. Mais l'alcool avait déjà resserré son emprise sur Milan.

Si Léa avait été une parenthèse qui lui avait donné un moment de répit, il avait suffi d'une nouvelle apparition d'Alice dans son champ de vision pour que tout dérape de nouveau. La provocation s'inscrivait dans tout son être. Milan semblait prêt à en découdre avec l'étudiant en droit, sans même se préoccuper, un seul instant, des conséquences que cela pourrait engendrer.

- Encore heureux que ça ne me concerne pas. Sinon, je me poserais de réelles questions sur le fait que tu cherches à la faire dormir dans un endroit rempli de fêtards.

Si le regard de Nate ne le fusillait pas encore assez, il prit quelques degrés de fureur supplémentaires. Il y avait des limites à la connerie. Il voulait bien se montrer compréhensif et ne pas agir aussi impulsivement qu'Emile mais il ne fallait pas non plus le pousser trop loin dans ses retranchements. Il devait retrouver Alice et la convaincre de se coucher à nouveau – tâche qui s'avérait loin d'être aisée. A la place, il était coincé par un gars qu'il ne connaissait ni d'Eve ou d'Adam et qui, en outre, semblait vouloir lui faire la morale.

- C'est ma chambre, connard. Alors, à ta place, je commencerais à m'effacer un peu. Tu es chez moi, ici. Et si tu ne veux pas que je te fasse connaître la pire humiliation de ta courte existence, je repartirais à la recherche d'une nouvelle chambre pour contenter mademoiselle ici présente. Conseil d' « ami ».

Il avait appuyé sur le dernier mot de manière exagérée, pour bien lui faire comprendre que c'était, en réalité, une déclaration sous-jacente de guerre qu'il ne tarderait pas à mettre à exécution si le jeune homme ne lui laissait pas chemin libre.

- Ouh, j'ai peur.

L'alcool n'était décidément pas le meilleur ami de Milan. D'habitude, il se calmait toujours grâce aux caresses répétées de ses conquêtes. Il n'avait pas particulièrement l'alcool mauvais ou joyeux. Non, il avait plutôt l'alcool con. Le genre à vous faire dire connerie sur connerie, à blesser chacun de vos amis par des mots trop crus, et à se prendre des baffes pour misogynie trop prononcée.

Et, encore une fois, Milan aurait mieux fait de se la fermer plutôt que de laisser le liquide le contrôler. Même si Nate était un modèle en termes de sang-froid, il avait une priorité qui l'empêchait de faire dans la diplomatie. Il ne lui fallut donc pas une minute de plus pour décocher une droite au jeune homme qui lui faisait barrière.

Milan chancela légèrement en arrière sous la force du coup. Nate n'avait pas retenu son poing. Cela s'expliquait également par le fait qu'il n'avait plus vraiment d'équilibre depuis son dernier verre. Nate n'attendit pas que le jeune homme se reprenne et lui rende la pareille pour sortir de la chambre afin de retrouver Alice qui devait, déjà, se terrer quelque part. C'était bien le genre de la jeune fille de se rendre invisible pour le reste de la nuit. Il allait encore finir son samedi soir à se ronger les ongles. Cela devenait une habitude.

Léa s'approcha de son amant pour passer délicatement ses doigts sur la joue du jeune homme, puis tout du long de son visage, espérant ainsi le calmer. Mais c'était peine perdue. Milan allait très rapidement devenir incontrôlable. Il rejeta sa main violemment et sortit, furieux, de la chambre, dévalant les escaliers, de l'appartement mais également de l'immeuble. Il n'était plus maître de lui-même. Il voulait tout casser, et pourtant une petite voix à l'arrière de son crâne ne cessait de lui répéter que cela ne servirait à rien. Il était déjà dehors, se prenant le courant d'air froid tel une gifle sur sa peau qui avait gardé comme souvenir les prémisses sensuelles promises par Léa.

- Fais chier.

Il murmura l'injure pour lui-même, comprenant que c'était de nouveau une soirée de gâchée. La deuxième consécutive. Milan était en train de perdre de la vitesse. Il passa rageusement ses mains dans ses cheveux, les négligeant plus que nécessaire. Comme s'ils avaient besoin de cela. Ils allaient déjà dans tous les sens, sans qu'il n'ait besoin d'y ajouter du désordre.

Le jeune homme chercha nerveusement son paquet de cigarettes dans la poche intérieure de sa veste et ragea une nouvelle fois en se rendant compte que ce dernier était vite. Il avait oublié que la rousse de tout à l'heure lui avait taxé sa dernière clope. Alors qu'il passait ses mains sur son visage, espérant se réveiller de son cauchemar, une cigarette se présenta justement devant ses yeux. Et, plus loin, Aurore se tenait devant lui, un foutu sourire compatissant aux lèvres.

- Mon frère ne t'a pas loupé.

- Comment tu sais que c'est lui ?

Le venin était encore un peu présent dans son ton mais la vue de la clope offerte avait réussi à faire descendre la tension qui l'habitait. Il ne s'était pas prié pour la prendre et la mettre entre ses lèvres tandis qu'Aurore lui présentait un briquet dont la flamme brillait dans ses yeux. Il lui sourit légèrement pour la remercier. Cette blonde pouvait s'avérer utile, finalement.

- Les nouvelles vont vite, tu sais. Et puis, ce n'est pas souvent que Nate Dubois perd son sang-froid. Alors, forcément...

- Tu appelles souvent ton frère par son prénom et son nom ?

- Je ne te connaissais pas si curieux, Milan.

- J'essayais d'être poli.

- Le connard suprême essayait d'être poli ? Est-ce un rêve ? Vais-je me réveiller ?

L'ironie qui teintait la voix de la jeune fille ne dérangea bizarrement pas Milan. Il pourrait même s'y habituer à être chambré de la sorte. Quand cela sortait de la bouche d'Aurore, c'était plutôt sympathique. Il n'y avait pas de haine, pas de vengeance. Juste de l'ironie bien placée. Le sourire du jeune homme s'élargit et il commença à se détendre.

- Ok. J'étais un peu curieux. C'est bizarre d'appeler son frère par son prénom et son nom, non ?

- Nate et moi...ne sommes pas très proches.

- Oh.

Milan ne savait pas quoi rajouter. Il n'était pas le genre à réconforter les autres. Peut-être Evan, et encore. Mais certainement pas une fille rencontrée en soirée. Les confidences, très peu pour lui. Il ne connaissait pas vraiment le problème de la friendzone, n'approfondissant les choses que de manière physique avec les filles qu'il croisait.

- Pas comme Alice ?

- Pas comme Alice.

Et cette fois-ci, le ton était rancunier. 

Blue BlurredOù les histoires vivent. Découvrez maintenant