NDA : Cette histoire monte, monte, monte et je ne peux que regarder, émerveillée. Merci ♥
Pour Milan, le réveil fut plus difficile qu'il ne l'aurait pensé. C'était comme quand il se levait le dimanche, après une bonne soirée, et qu'il souffrait d'une bonne gueule de bois. Sauf qu'on était mardi et qu'il n'avait pas bu une goutte d'alcool la veille. Son crâne lui faisait un mal de chien et il ne se voyait pas arriver à se traîner jusqu'à la salle de bains, alors aller en cours...
Après s'être endormi en plein milieu de l'après-midi, il avait dormi dix heures à la suite pour se réveiller finalement en pleine nuit. Il n'aurait jamais pensé dormir aussi longtemps et cela l'embêtait d'avoir fait sa nuit alors que minuit venait seulement de sonner. Il avait alors trouvé le courage d'aller désinfecter ses plaies et de s'appliquer des pansements d'alcool sur le torse.
De retour dans sa chambre, il était à présent parfaitement réveillé. Il alluma son ordinateur et alla vérifier ses mails. Evan, qui n'avait jamais été très rancunier, lui avait déjà envoyé les notes du cours de nutrition. Il prit deux bonnes heures pour les recopier, rechercher des informations supplémentaires, surligner celles qui lui semblaient importantes et les apprendre. La faible luminosité ne l'encourageait pas à continuer à bosser. Il avait finalement fait l'erreur de se recoucher alors que l'aube pointait le bout de son nez.
Alors, forcément, quand son réveil avait sonné, son premier réflexe avait été de vouloir jeter son portable à l'autre bout de la pièce. Dix minutes après, il se félicitait encore d'avoir refreiné son impulsion. Il n'avait pas vraiment besoin de plus de casse dans sa vie.
Il finit par se lever et aller prendre une douche. Il devrait refaire ses pansements mais il avait vraiment besoin d'un jet d'eau froide pour se réveiller. Sinon, ce ne serait même pas la peine de penser à se rendre à l'université. Malgré la température de l'eau, il resta un certain temps dessous, plus qu'à l'ordinaire. Il commençait à ressentir les courbatures, conséquences des coups que lui avait administrés Emile, la veille.
Sentant ses muscles se détendre enfin, il sortit, se sécha rapidement et mis le bas de jogging qu'il avait pris avec lui. Hors de question de mettre un jean aujourd'hui. Ce jour serait synonyme de confort.
Il se regarda ensuite dans le miroir tandis qu'il essuyait rapidement ses cheveux. Là maintenant, son visage ne donnait pas si envie que ça. Avec des éraflures sur les pommettes, une cicatrice près de la lèvre et un début d'œil noir sur le côté gauche, on ne pouvait pas vraiment dire que Jacob l'avait loupé. Apparemment, les lunettes seraient de mise aujourd'hui.
Il partit chercher un tee-shirt et préparer son sac avant de se diriger vers la cuisine pour boire son café matinal. Yann y était déjà et l'avait devancé. Il lui servit une tasse avant de regarder de plus près les dégâts, tout en grimaçant.
- Il n'y est pas allé de main morte. Il va te falloir plusieurs jours avant d'être de nouveau présentable.
Il rit légèrement, la colère semblait être passée avec la nuit. Les railleries allaient pouvoir commencer.
- Au fait, une certaine Marion est passée hier soir.
- Marion ?
Alors qu'il faisait attention de ne pas se brûler avec son café, Milan tentait de se souvenir de qui il pourrait bien s'agir. Yann claqua sa langue, mi-amusé, mi-lassé, du nombre de conquêtes du jeune homme ;
- Grande, blonde, à qui tu avais donné rendez-vous, ici, plus tôt dans la journée ?
La blonde qu'il avait embrassée avant qu'Emile ne lui tombe dessus. Il ne pensait pas qu'elle viendrait après ce qui s'était passé.
- Tu dormais, alors on a pensé que ce n'était pas une bonne idée. Et puis, tu n'avais pas vraiment l'air de vouloir voir du monde, hier.
- Vous avez bien fait.
- Elle t'a laissé un mot.
Yann partit vers l'entrée pour prendre le bout de papier qu'ils avaient laissé bien en vue la veille pour ne pas l'oublier. Il le tendit à Milan qui le lit rapidement : « Je suis passée hier, voici mon numéro, si tu es toujours partant. » Au moins, elle n'avait pas froid aux yeux, c'était une qualité que Milan appréciait chez les filles qui l'intéressait. Finalement, cette Marion pouvait se révéler être une véritable partie de plaisir.
Il mit le papier dans sa poche, en se promettant d'y revenir dans la journée et posa sa tasse dans l'évier sous le regard réprobateur de Yann.
- Je ferais la vaisselle ce soir, promis. Tu ne vas pas réprimander un infirme, quand même ?
Et il partit chercher ses affaires, n'étant pas réellement en avance. En plus, le métro allait être bondé. Il ses lunettes de soleil et se trouva chanceux qu'il fasse beau aujourd'hui. Il n'aurait pas l'air d'un guignol à l'université.
Ce matin, il avait cours d'option : Pathologie exotique. Evan n'avait pas choisi ce cours-là et Milan se demandait encore ce qui l'avait poussé à cocher cette case. Puis, il se rappelait qu'il voulait travailler en hôpital et que cela pouvait être intéressant, en cas d'épidémie, d'en connaître un peu plus sur les différentes pathologies. Certes, il s'était également dit que, comme ça, il pourrait peut-être voyager un peu à travers ses cours, et que ça lui ferait l'impression d'une bouffée d'air frais.
Cela avait été une erreur. Il apprenait bien de nouvelles choses mais rien de bien concret. Le professeur était barbant et il avait généralement envie de dormir au bout d'une demi-heure. Il était alors obligé d'apprendre sur son temps libre, grâce aux livres qu'il avait achetés, et il perdait ainsi du temps pour des matières plus importantes. Il aurait dû rejoindre Evan en Anthropologie de la santé mentale. Le professeur était jeune, dynamique et abordait pas mal de cas pratiques.
Alors, comme d'habitude, il ne fallut pas quinze minutes pour que son niveau de concentration diminue. Il prit son portable avec comme objectif d'envoyer un message à la Marion de la veille. Il allait enfin pouvoir faire une exception en semaine. Il était censé avoir entraînement de hand le lendemain mais il ne pouvait clairement pas s'y rendre dans cet état. Il allait s'arranger pour ne pas avoir à venir observer l'équipe. En attendant, il pourrait voir Marion. C'était une bonne idée.
Cependant, après avoir déverrouiller son portable, il appuya sans faire exprès sur le logo de son navigateur Internet et tomba sur la page Wikipédia du soleil, laissée ouverte. Ce n'était franchement pas ce qu'il avait besoin en ce moment. Les mots d'Evan lui revinrent à l'esprit : « Je crois que ce que tu as besoin, en fait, c'est d'une cure ».
Et plus, Milan y pensait, plus il se rendait compte qu'Evan avait raison. Il supprima la page, et toutes les autres qui s'étaient accumulées dans son navigateur, et envoya un message à Marion, se félicitant mentalement de reprendre ainsi sa vie en mains.
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Blue Blurred
Storie d'amoreAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
