Mais ce Nano est miraculeux ! Et vous êtes géniaux, j'ai posté hyper tardivement hier (voir tôt le matin) et voir autant de réactions sur le chapitre c'était dingue !
Depuis leur déjeuner dans le parc, Milan avait vu Alice plusieurs fois, que ce soit dans les couloirs, ou pour la ramener jusqu'à chez elle. Leurs discussions variaient mais elles ne les concernaient jamais. Au contraire, elles portaient sur l'univers, le monde terrestre et l'ignorance sur la superficie marine. Pas que ça le gêne, tant qu'elle lui parlait, il ne se plaignait pas.
A force, il connaissait son emploi du temps et où elle se trouvait en général à n'importe quelle heure de la journée. Pas vraiment besoin de la suivre, Alice était réglée telle une montre suisse. Elle avait ses habitudes et n'en sortait que très rarement. La plupart du temps c'était quand Milan proposait quelque chose qui différait de sa routine quotidienne.
C'est pour ça qu'il savait qu'elle se trouvait dans la pièce que les filles avaient choisi comme salle de répétition pour le club de danse. Il fit un dernier signe de main à Evan avant d'y aller. Il n'avait aucune idée de ce qu'ils allaient faire mais, au fil des jours, il avait compris que ce n'était pas important. Pour Alice, ce n'était pas tant l'activité qui comptait mais le moment en lui-même.
Quand il entra, la première chose qu'il vit fut Alice allongée sur le canapé, endormie. Ca datait de plusieurs semaines à présent mais il eut la même sensation en la découvrant ainsi que lors de la fête où il s'était pris une droite par Nate. C'est d'ailleurs en se rappelant ce souvenir qu'il entreprit de ne pas faire de bruit, pas la peine de provoquer de nouveau l'étudiant en droit. Il connaissait ses limites et savait aussi, parfois, se montrer raisonnable. Il n'était pas toujours qu'un petit con quand il le voulait.
A la place, il s'assit sur l'accoudoir afin de l'observer, en silence, se retenant de replacer ses cheveux derrière ses oreilles, ou de poser sa veste sur sa poitrine pour qu'elle lui serve de couverture. Il dut s'assoupir car il sursauta lorsqu'Alice prit la parole.
- Tu peux me faire réviser ?
Il eut du mal à revenir dans le même espace-temps que la jeune fille, l'esprit toujours embrumé par son demi-sommeil. Alice s'était relevée et était à présent assise tout près de lui, un peu plus basse du fait de la hauteur de l'accoudoir. Cependant, il pouvait sentir son parfum lui titiller les narines, ce qui n'était pas désagréable.
Il reprit ses esprits en comprenant qu'elle était sur l'expectative et qu'il ne lui avait toujours pas répondu. Elle lui tendait des fiches où s'inscrivait tout un tas d'équations qui lui étaient inconnues. Apparemment elle avait imprimé les épreuves du concours scientifique de l'année précédente. Il fut surpris un instant par cette action, il ne pensait pas qu'elle allait réviser dans son coin. En réalité, il s'était dit que les séances avec les autres participants du concours lui suffiraient et que son arrogance maquillée ferait le reste.
- Oui, si tu veux.
Il prit les feuilles de papier dans ses mains et commença par la première question. Elle y répondit du tac au tac, sans réfléchir. Pas étonnant, il s'agissait d'une question sur la lune. Si elles portaient toutes sur les astres, son équipe allait gagner cette compétition haut la main. Il ne le fit cependant pas remarquer et enchaîna sur le reste des épreuves.
Dix minutes plus tard, il en avait plus appris sur Alice que les deux derniers jours. Il apprenait toujours des tas de choses en sa présence, mais c'était rare qu'il en apprenne plus sur sa personne. La jeune fille prenait toujours un peu plus de temps pour répondre aux questions de calculs. Elle levait les yeux vers le ciel comme si ça lui permettait de mieux se concentrer et tapoter ses doigts sur son genou droit comme si ça l'aidait à calculer dans sa tête.
Il ne pouvait cependant pas la blâmer de prendre quelques secondes supplémentaires. Il avait toujours besoin d'une calculatrice pour une simple division. Il essayait de ne pas être impressionné, sachant qu'Alice n'aurait pas apprécié mais ce n'était pas facile.
Ils continuèrent ainsi le reste de l'après-midi jusqu'à ce que les filles arrivent pour l'entraînement de danse. Se sentant de trop, Milan se leva pour partir mais fut rattrapé en dernière instance par Alice qui lui demanda s'ils pouvaient réitérer l'expérience la semaine prochaine. Un rendez-vous était pris et il n'hésita pas à hocher la tête tandis que Carole lui faisait un clin d'œil au loin. C'était un premier pas inattendu, apparemment, il avait réussi à réduire la distance entre eux. Cette pensée suffit à apaiser la boule de nerfs qui ne le quittait plus depuis qu'il avait pris la décision de leur donner une chance.
C'est ainsi que ce soir-là, de manière assez naturelle, il chercha lui aussi les épreuves des années passées, et commença à les potasser. Il ne comprenait pas grand-chose, même si parfois certaines questions portaient sur la biologie et lui permettaient de ne pas se sentir totalement largué. Il passa la soirée à analyser les réponses, le cheminement pour y arriver. S'il avait été impressionné, cet après-midi, par l'aisance d'Alice à manipuler les chiffres et les données, il était à présent sans voix maintenant qu'il comprenait la complexité du raisonnement derrière chaque question.
La sonnerie de son téléphone le fit sursauter. Il était tellement plongé dans ses tentatives de calculs qu'il n'avait pas fait attention à l'heure. On était vendredi soir et il était censé rejoindre les gars dans un bar à vingt-deux heures. Il était déjà vingt-deux heures dix. La photo d'Evan s'affichait sur son écran, et il était certain qu'il allait se faire prendre un savon. Un peu l'hôpital qui se fout de la charité quand on connaissait la relation particulière que son meilleur ami entreprenait avec le temps.
Il n'eut pas le temps de s'expliquer qu'Evan lui demandait – criait étant le bon terme – qu'est-ce qu'il foutait. Bien qu'il soit encore plutôt tôt, le bar devait être bondé. Les voix et la musique emplissaient le fond sonore et il avait du mal à bien entendre ce que son meilleur ami tentait de lui dire. Il abandonna au bout de quelques minutes, se contentant de lui couper la parole pour lui dire qu'il était en chemin. Il n'en était plus à un mensonge près.
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Blue Blurred
RomanceAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
