J'espère que vous ne trouvez pas le rythme de publication trop rapide !
78. Arrête de faire l'idiot
Alice passa la semaine à l'éviter. Il s'y attendait. Elle était partie parce qu'elle ne voulait pas lui faire face après sa découverte. Il ne savait pas dans quel état d'esprit était la jeune fille mais elle n'était visiblement pas prête à l'affronter. Elle ne se rendit pas une seule fois dans leur salle de travail et ne vint pas non plus l'attendre devant une de ses salles de cours. Il lui envoya des messages, plus pour qu'elle comprenne qu'il était toujours là et qu'elle n'avait pas à s'en faire, plus que pour avoir une réponse. Il voulait lui laisser l'espace dont elle semblait avoir besoin mais, en même temps, il ne se voyait pas perdre plus de temps. Ils en avaient déjà assez perdu dans le passé. Maintenant qu'il savait exactement quelle direction il souhaitait prendre, il ne voulait plus continuer à faire des aller-retours incessants. Un pas en avant, deux pas en arrière, ce n'était plus pour lui.
Il regrettait qu'elle ait prit la liste avec elle en partant. S'il avait pu la relire, il aurait peut-être pu y trouver un indice sur la marche à suivre. Il tentait de se rappeler les différents points écrits dessus, afin de lire entre les lignes, mais il n'y voyait rien de concret, à part des observations notées à la va-vite. N'ayant pas le papier avec lui pour tenter d'y déceler ce qu'il aurait pu louper, il préféra s'imaginer la jeune fille allongée sur son lit devant des sitcoms, stylo à la main, ce qui le fit sourire. Aucune de ses ex n'avait cherché à apprendre à le séduire en regardant des séries. Même quand elle faisait quelque chose de normal, elle se distinguait et c'était sans doute ce qui l'avait intrigué, au début.
Aujourd'hui, il savait qu'il y avait bien plus que sa différence qui l'attirait. Il y avait bien évidemment ses lèvres qui l'obsédaient depuis le premier jour mais qui étaient encore plus attirantes depuis qu'il y avait posé les siennes. Il adorait l'écouter parler des astres parce qu'elle était vraiment passionnée par le sujet. Il était toujours surpris par le fil de la discussion, et c'était pour ça qu'il était certain qu'Aurore se trompait. La routine ne pourrait pas s'installer. C'était la première fille qui ne l'ennuyait pas, passé plusieurs jours. C'était également la première pour qui il ressentait le besoin d'exprimer ses sentiments, et pas seulement parce que ça serait plus facile pour elle s'il se confiait.
Il voulait la rassurer mais pour ça, il fallait qu'elle arrête de le fuir. Il était bien décidé à aller frapper chez elle en fin de semaine si elle ne lui donnait pas signe de vie avant. Ce n'était pas son option préférée mais il n'aurait pas le choix. Il ne s'attendait pourtant pas à se retrouver face à face avec Emile alors qu'il sortait d'un entraînement de hand. Il venait sans doute le narguer, bien content de la tournure des événements. Pourtant, il le surprit en lui tendant une canette de soda.
— Elle n'est pas empoisonnée. Tu as sans doute soif, et il faut que je te parle.
Ce n'était pas sans lui rappeler une situation similaire où le frère d'Alice lui avait demandé de gagner un match. Il semblait cependant moins agressif aujourd'hui. Il se contenta de hocher la tête, le remerciant pour la boisson et ils prirent la route tous les deux. La situation était bizarre mais Milan ne pipa mot, le suivant, ne sachant pas où ils allaient. Sans doute dans un nouveau traquenard spécialement prévu pour lui. Pourtant, aussi étonnant que cela pouvait paraître, il savait très bien qu'Emile ne referait pas l'erreur de le tabasser une nouvelle fois.
— Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, ce que vous vous êtes dit mais je te jure que tu vas aller t'excuser.
Milan éclata de rire, manquant d'éclabousser le jeune homme du soda. Il s'était préparé à galérer, il s'était attendu à presque tout sauf à un Emile qui le suppliait d'aller trouver sa sœur.
— Tu veux que je me réconcilie avec ta sœur ?
— Arrête de faire l'idiot. Tu n'es pas le candidat idéal. J'aurais parié sur mille autres. Mais elle t'aime bien, tu l'aimes bien, vous ne faites pas un si mauvais couple.
Il semblait contrarié et il n'était sans doute pas fier de se trouver là. Milan haussa un sourcil au fur et à mesure de ses explications. La seule chose qui l'inquiétait dans ses mots était que, si même Emile se forçait à venir lui parler, Alice ne devait pas bien aller.
— Je n'avais pas l'intention d'abandonner. On doit se parler, c'est vrai, mais on n'a pas besoin de se réconcilier, il faudrait déjà s'être disputés pour ça.
— Appelle ça comme tu veux, mais va faire amende honorable. Elle traîne pas mal au stade à côté de chez nous, je suppose que ça a un rapport avec toi.
Emile voulait apparemment écourter leur entrevue. Ce n'était pas bien étonnant, ils ne s'aimaient pas particulièrement. C'était un cas de force majeure qui l'avait poussé à venir lui parler en face à face. Milan ne put retenir une dernière provocation avant que ce dernier ne parte de son côté.
— Tu aurais parié sur mille autres, mais a priori plus sur moi que sur Victor.
— Tu as vraiment de la chance qu'elle t'aime bien parce que je te jure que je ferais de toi de la chair à saucisse pour chien si ce n'était pas le cas. Mais trompe-la, fais-lui du mal, fais-la pleurer et je t'assure que je tiendrais toutes mes promesses.
— Avoue que tu m'aimes bien, au fond. Tu aurais pu tomber sur pire, comme beau-frère !
Il partit de lui-même en premier, afin de ne pas attiser le feu trop longtemps. Il ne fallait pas tenter le diable non plus. Il avait pensé se rendre au stade en début de semaine, mais comme pour la salle de cours, il se doutait qu'elle n'y serait pas. Apparemment, il avait tort. Il lui avait laissé pas moins de cinq jours pour remettre ses idées en place, c'était bien assez. Il allait maintenant prendre les choses en main, et cela commençait par passer à l'appartement se préparer. Les paroles d'Emile avaient été comme un déclic, comme si d'un coup, il avait compris ce qu'il devait faire. Il n'avait aucun doute sur leur relation et le fait qu'elle ne faisait que débuter, mais jusque-là, il avait toujours peur d'être maladroit dans ses faits et gestes, et, surtout, dans ses paroles. A présent, il n'avait aucune crainte. Ça passait ou ça cassait mais il avait un bon pressentiment sur l'issue de cette soirée.
VOUS LISEZ
Blue Blurred
RomanceAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
