Allez je vous emmène faire un petit tour dans les calanques de Cassis, en espérant que ça vous plaise !
Ils mirent une bonne heure pour rejoindre Cassis et arrivèrent sous les coups de dix heures à la halte routière située devant la gendarmerie de Cassis. Milan vérifia qu'ils n'avaient rien oublié dans le bus avant de tendre une bouteille d'eau à Alice. Ils traversèrent ensuite le village de Cassis en longeant son port et ses plages.
Milan avait entré l'adresse dans son GPS pour éviter de se perdre. Bien qu'il ait mémorisé le chemin pour rejoindre la presque-île puis la calanque de Port Miou pendant le trajet en bus, il préférait se la jouer sécurité. Il jetait un coup d'œil à son portable de temps en temps tout en admirant le paysage.
En cherchant des informations sur les calanques à l'hôtel, il était tombé sur une phrase provençale qu'il ne pouvait que confirmer maintenant qu'il avait ce paysage sous les yeux : « qu'a vist paris e noun cassis a ren vist » (Que celui qui a vu Paris et n'a pas vu Cassis n'a rien vu).
Il ne détestait pas Paris mais il devait avouer que ce petit port avait son charme, surtout avec ce temps radieux. C'était bon de se retrouver ici, loin de la capitale et de la pollution. Milan pourrait très bien s'y habituer, ce n'était pas tous les jours qu'il prenait tout un week-end pour prendre l'air alors qu'il était en études de médecine. Il allait en profiter.
Le soleil était déjà haut mais la chaleur était encore supportable. Alice ne tarda pas à sortir une casquette de son sac et il se dit qu'il ferait mieux de faire de même pour ne pas risquer l'insolation.
Ils atteignirent facilement la calanque de Port Miou, la plus accessible étant donné qu'on pouvait même y venir en voiture. Elle ressemblait à un port de plaisance avec une toute petite plage. Ce n'était pas leur destination, juste un endroit de passage. L'idée était d'aller jusqu'à la calanque de Port Pin à environ vingt-cinq minutes de marche, et s'ils n'étaient pas trop fatigués de continuer jusqu'à En-Vau, qui elle se trouvait à plus d'une heure d'ici. Ils verraient bien selon leur progression. Le but était tout de même d'apprécier la randonnée et surtout de se sentir capable de revenir.
Alice se retourna vers lui, et il lui précisa qu'ils ne s'arrêtaient pas là mais qu'ils allaient marcher un peu. Ils prirent le sentier qui longeait les anciennes carrières de calcaire. Pour l'instant, la piste était dégagée et ils n'avaient pas de mal à avancer. Milan savait qu'ils avaient le choix entre deux chemins, dont un plus facile mais l'autre avait une meilleure vue. Il choisit le chemin en bord de mer avec les bateaux en contrebas au lieu des arbres tout autour d'eux. C'était certes plus glissant, les roches étant glissantes, polies par les nombreux marcheurs, mais c'était plus agréable et pas impraticable.
Alice semblait à l'aise et regardait le paysage tout en le suivant de près. Ils croisèrent d'autres marcheurs mais, dans l'ensemble, ils n'étaient que tous les deux. Ils arrivèrent assez rapidement devant la sortie du Port Miou et s'ils voulaient s'arrêter là, ils n'avaient qu'à prendre à droite et descendre jusqu'à la calanque.
Heureusement qu'ils avaient pris des sacs à dos et des bonnes chaussures de marche, le terrain n'était pas difficile mais le serait devenu avec des souliers non adaptés. Il fallait juste faire attention où ils mettaient les pieds, pour ne pas glisser sur des cailloux et tomber.
Milan réprimait son envie de tenir la main d'Alice pour l'aider à descendre et ce n'était pas facile. Il se concentrait donc sur ses pieds pour ne pas foutre en l'air toutes ses bonnes résolutions. Mais ce fut finalement elle qui le surprit en posant ses doigts sur son avant-bras, comme elle avait l'habitude de le faire avec Carole. Elle trouvait ainsi son équilibre sans être non plus trop proche. Il la laissa faire jusqu'à ce qu'elle lui donne le signal de continuer.
L'étudiant en médecine ne put empêcher un sourire de se peindre sur ses lèvres au contact de la main d'Alice sur son bras. Il le garda jusqu'à la descente, jusqu'à ce qu'elle laisse sa main où elle l'avait placée. Plusieurs personnes avaient eu la même idée qu'eux, ce qui n'était pas étonnant. Ce n'était pas encore la saison estivale mais il faisait beau, on était dimanche, les locaux devaient en profiter pour venir se reposer.
- Tu veux te poser ici, ou tu veux continuer ? Il faut environ quarante minutes de marche pour En-Vau donc on peut s'arrêter ici.
Sans grande surprise, elle lui demanda de continuer. Ils remontèrent donc pour aller jusqu'au vallon situé du côté Ouest de la plage. Milan avait lu qu'ils devaient suivre le chemin jusqu'à un croisement. Alors il faudrait prendre tout droit et descendre. La montée fut plus compliquée, il faisait plus chaud et ils prenaient de l'altitude. Mais il était sportif alors il ne sentit pas ses cuisses le tirer ou ses pieds fatiguer. Il avait l'habitude. Il se refreinait cependant pour ne pas créer l'écart avec Alice.
Arrivés au col, ils continuèrent donc tout droit jusqu'à la descente. C'était le moment le plus difficile de toute la randonnée, il le savait. Cent mètres de dénivelé à descendre et une partie d'éboulis. Ils allaient devoir se servir de leurs mains pour garder une certaine stabilité. Ça ne l'arrangeait pas vraiment, il aurait aimé qu'Alice puisse à nouveau s'appuyer sur lui, si elle en ressentait le besoin. Il fit quelques pas et se tourna vers elle pour voir comment elle s'en sortait. Elle semblait savoir exactement où posaient ses pieds. Comprenant qu'il n'avait pas à s'en faire, il continua la descente.
Lorsqu'ils virent enfin la fin de la pente, ils eurent affaire à un dénivelé un peu plus important. Milan n'eut aucun mal à le franchir grâce à sa grande taille mais Alice aurait plus de difficulté s'il ne l'aidait pas. Il se rapprocha et tendit les bras pour lui faire comprendre qu'il pouvait la réceptionner sans problème. Elle hésita un instant, cherchant une autre solution. Elle pourrait très bien s'asseoir sur la roche et n'aurait plus qu'à effectuer un petit saut pour atteindre le sol. Elle finit par hocher la tête et il vint à sa rencontre pour la prendre par la taille et la faire descendre.
Cela ne dura même pas une minute mais Milan remercia mentalement la jeune fille d'avoir choisi les Calanques. C'était la première fois qu'il la sentait aussi proche de lui et ça faisait du bien de savoir que c'était possible. Bien sûr, elle restait à côté de lui, elle le laissait la toucher, souvent, sans faire aucune crise d'angoisse. Mais ce n'était pas pareil que de la serrer contre lui. Il la reposa à contre cœur et fit face au sentier qui les menait à En Vau. Il devenait tout de suite plus agréable, plat, entouré par les falaises et les arbres. Il ne leur fallut pas longtemps avant d'arriver à la crique qui était quasiment déserte. Ils avaient bien fait de continuer la randonnée.
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Blue Blurred
RomantizmAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
