NDA : Je suis #157ème en catégorie roman d'amour et je sais c'est sans doute rien pour certains, mais moi ça me semble OUF. Alors merci ♥
Deux semaines passèrent, durant lesquelles Milan ne vit Alice que de loin, de temps en temps, sans chercher à s'en préoccuper davantage. Certes, il était toujours irrémédiablement attiré par ses lèvres rouges et sa voix, tranchante, avait toujours la même emprise sur lui mais il s'efforçait de détourner la tête, changer de trottoir ou parler avec Evan d'un autre sujet.
En quinze jours, il était sorti avec cinq filles différentes, un record. Marion avait, apparemment, réussi à résoudre son problème et il n'avait eu aucun problème à plonger de nouveau sa tête dans le cou de ses conquêtes. Le rythme de leurs hanches le faisait vaciller dans un plaisir où la réflexion n'était pas de mise.
Il avait également loupé par deux fois son entraînement de hand. Mais il était finalement revenu assez rapidement sur le terrain. Il avait besoin de se dépenser et de s'aérer l'esprit et le hand lui avait toujours permis de trouver cette adrénaline qui lui manquait. A présent que son corps s'était totalement remis des coups causés par Emile, il n'allait pas s'en priver.
En deux semaines, il avait donc cherché par toutes les moyens de s'occuper l'esprit : que ce soit par le sexe, le sport ou les cours. Même les pathologies exotiques avaient trouvé une place privilégiée dans son emploi du temps. A lui le paludisme ou la malaria, le mycoplasme ou la ciguatera. A lui les insectes ou autres facteurs environnementaux contaminateurs. A lui la géographie des pays à risque et l'avancée de la médecine dans ces régions. Autant dire que ç'en était presque devenu une passion.
Son groupe d'amis avait bien remarqué qu'il était passé d'une obsession à une autre en un claquement de doigts mais avait préféré ne rien lui dire. C'était mieux qu'il étudie l'amibiase d'Inde plutôt que de s'attirer de nouveau les foudres d'Emile.
Milan était d'ailleurs tellement absorbé par une page Internet sur le sujet qu'il était en train de se mettre en retard à son entraînement de hand du vendredi. Il venait de passer la porte d'entrée de l'établissement sportif mais il lui restait encore à traverser les différents couloirs avant d'arriver sur le terrain. Il ne faisait pas réellement attention à ce qui l'entourait, bien trop intéressé par les articles publiés sur la maladie de Kawasaki.
- Bonjour, Alice. Ça faisait longtemps.
Evidemment, il avait tiqué sur le prénom. Il s'était peut-être efforcé de ne pas faire attention à elle ces deux dernières semaines, cela ne voulait pas dire qu'il n'avait pas encore certains réflexes. La voix, masculine, elle, lui était inconnue.
Il se reconcentra néanmoins sur la tribune qu'il était en train de lire d'un médecin qui avançait qu'un terrain génétique prédisposant pouvait exister, ce qui expliquerait la plus grande fréquence de l'affection en Asie, et plus particulièrement au Japon.
- Mon équipe joue contre celle de ton université demain. Tu n'es pas contente de me voir ?
Ne pas relever la tête. Ne pas se préoccuper de cette discussion. Continuer d'avancer. Rejoindre le terrain. Il devait bien y avoir des dizaines d'Alice parmi les étudiantes qui fréquentaient l'établissement sportif.
- Alors, je me disais, qu'on pourrait aller dîner ensemble. Ça nous rappellera des souvenirs.
- J'ai entraînement de danse.
Milan aurait souhaité que cette voix monotone, dépourvue d'émotions ne résonne pas dans ses oreilles. Il aurait dû arriver à l'heure et ne pas assister à cet échange. Parce qu'à présent, il commençait à ressentir une boule grandir en lui, savamment emprisonnée dans sa cage thoracique. Il n'avait même pas remarqué qu'il avait ralenti le pas afin d'entendre le reste de la conversation sans pour autant paraître suspect.
- Je peux très bien t'attendre.
- Je n'ai pas vraiment faim.
- Bon. On a qu'à faire un pari. Si je gagne demain, je t'emmène dîner au restaurant.
Alice marqua un temps de pause comme si elle réfléchissait réellement à la situation. Milan regardait toujours son téléphone mais n'arrivait plus à distinguer les différentes lignes, trop préoccupé à tendre l'oreille.
- Si tu gagnes, alors on petit-déjeune ensemble dimanche.
Ce n'était pas un dîner, encore moins un déjeuner, mais de la part d'Alice, c'était un petit miracle. Et Milan, sans le voir, put entendre le sourire franc du jeune homme quand il lui répondit.
- Ok. Prépare-toi alors. Dimanche, à dix heures, je passe chez toi te chercher.
- Et je choisi le lieu.
- Alice, je t'emmène en rencard, je choisi le lieu.
Milan pouvait ressentir le malaise de la jeune fille d'où il se trouvait. Elle avait certainement tiqué sur le mot « rencard ». Mais il ne devait pas s'en mêler. Il devait, à la place, respecter sa nouvelle mission : « Sortir Alice Jacob de son existence ». Il accéléra alors le pas sans prendre la peine d'écouter la réponse d'Alice. Il avait besoin d'aller se défouler.
Il atteint les vestiaires et se changea rapidement avant d'aller s'échauffer avec le reste de l'équipe sans faire attention aux remontrances de son entraîneur qui lui montrait sa montre et lui expliquait qu'il tolérait mal les retards. Il courut autour du terrain, sans faire attention à son endurance. Il avait juste besoin d'aller le plus loin le plus rapidement possible.
Dès qu'il eut le ballon dans les mains, une toute nouvelle énergie le prit. Il avait beau se répéter que rien ne se passerait jamais avec Alice, il ne pouvait s'empêcher de ressentir de la frustration et un mélange de sentiments qu'il n'arrivait pas à définir mais qui le mettait définitivement en colère. Cela eut pour effet de rendre ses attaques bien plus agressives qu'habituellement et, évidemment, cela ne loupa pas, il se fit mettre sur le banc par leur entraîneur.
Il n'arrivait pas à tenir en place mais se restreint tout de même au banc sous le regard noir du coach. Il avait du mal à voir ses coéquipiers s'entraîner sans pouvoir participer. L'entraîneur finit par perdre patience, agacé par les mouvements qu'il faisait, et le replaça sur le terrain en lui faisant promettre de ne blesser aucun de ses partenaires.
Ils avaient un match important le lendemain. Ils allaient rencontrer l'équipe première du classement national. Ils faisaient pour l'instant une bonne saison et le résultat du jeu pouvait changer la donne. Ils devaient donc être concentrés et mettre toutes les chances de leurs côtés.
Milan finit par se concentrer sur le match amical auquel il participait. Il maîtrisait mieux ses appuis et commençait à faire preuve de stratagème. Tout le reste avait été mis de côté, seul le handball comptait à ce moment-là.
Il courut sur le terrain pendant une bonne demi-heure encore avant que l'entraîneur ne siffle la fin de l'entraînement, en leur donnant de nombreux conseils pour ce soir et le lendemain. Des pâtes au dîner, pas de filles dans son lit, pas d'alcool dans son verre, et on se couche tôt. Les règles étaient simples et connues par les joueurs.
Quelle ne fut pas la surprise de Milan quand il vit Emile, accoudé à la porte des vestiaires, alors qu'il rejoignait ces derniers.
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Blue Blurred
RomansAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
