La fin aurait pu être meilleure mais elle a le mérite d'exister ^^. Je devais écrire plus tôt dans le week-end mais j'ai une toux (rien de grave) qui persiste et qui me déconcentre ^^ Merci encore de tous vos mots ♥
Alice prit finalement ses marques, bien plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il était conscient que le fait qu'il y ait peu de monde dans le train et personne dans leur carré devait aider, mais ça lui permis de calmer la panique qui l'avait envahi alors qu'il s'était assis à côté d'elle.
Il sortit son téléphone et l'adaptateur pour brancher deux paires d'écouteurs. Il avait choisi une musique un peu au hasard et avait tendu son casque à Alice tandis qu'il mettait le sien et qu'il sortait un de ses bouquins de médecine. Ils partaient peut-être en week-end mais il n'était pas en vacances pour autant.
Sans lui demander sa permission, Alice prit le portable pour changer la musique et il la laissa faire, conscience qu'il fallait lui laisser quelques repères dans cette escapade un peu folle qu'ils entreprenaient. Il ne fut pas étonné quand elle arrêta son choix sur une playlist de musique classique. Pas de paroles, une certaine répétition dans les enchaînements, c'était exactement ce dont elle avait besoin.
La jeune fille feuilleta pendant une dizaine de minutes son livre avant de s'endormir et Milan passa les trois heures de trajet à relire ses cours avec Beethoven, Mozart ou Bach comme arrière fond sonore. Ça aurait pu être pire, il n'allait pas s'en plaindre. Et puis, il ne voulait pas prendre le risque de la réveiller. Ça le rassurait qu'elle dorme.
Il avait également discuté par messages avec Evan qui n'en croyait pas ses oreilles qu'il ait osé faire ça. C'est ainsi qu'il apprit que son meilleur ami avait déjà reçu la visite d'Emile qui avait voulu obtenir la confirmation de leur départ en personne. Milan sourit à cette nouvelle. Maintenant que le frère d'Alice avait promis de ne pas lui casser de nouveau la gueule, il devait se retrouver en plein dilemme. Il y a une semaine, il pensait que Milan s'était foutu les pieds dans le tapis tout seul et qu'il ne pourrait pas se relever et, aujourd'hui, ce dernier emmenait sa sœur à Marseille pour un week-end en tête à tête. Il devait certainement être chaud bouillant à l'heure actuelle.
Enfin, il en avait profité pour réserver un hôtel – chose qu'il n'avait pas encore fait dans la précipitation du départ – et était en train de regarder comment s'y rendre de la gare Saint Charles. Ils étaient censés arriver avant minuit dans la cité phocéenne et il ne se voyait pas traîner Alice dans le métro marseillais alors qu'elle venait de passer trois heures dans un train.
Il avait conscience de redevenir surprotecteur mais il voulait surtout que tout se passe bien pendant ces deux jours et il la chamboulait déjà pas mal, pas besoin d'en rajouter pour ce soir.
- Mesdames, messieurs, il est 23h27, dans quelques instants notre TGV arrivera à l'heure prévue en Gare Saint Charles, son terminus. Avant de descendre, veuillez à ne rien oublier à bord. Il est rappelé, pour votre sécurité, que la descente du train doit obligatoirement s'effectuer sur un quai et à l'arrêt.
Comme Alice ne s'était pas réveillée à l'annonce, Milan en profita pour récupérer leurs sacs et vérifier qu'il avait bien toutes leurs affaires avant de se pencher vers elle pour chuchoter près de son oreille, sans la toucher, son prénom.
- Alice.
Ça ne servait à rien de la brusquer dans son sommeil. C'était efficace apparemment, elle ne tarda pas à ouvrir les yeux et comprit qu'ils arrivaient en constatant la vitesse ralentie du train. Elle retira son casque et le tendit à Milan tandis qu'elle rangeait son livre dans le sac posé sur la table du milieu. Ils ne dirent rien avant de sortir enfin du train et de parcourir la gare de Marseille. Milan avançait tête baissée, un peu fatigué, mais jetait de temps en temps des coups d'œil à côté de lui pour vérifier qu'Alice le suivait bien.
A l'extérieur, des taxis attendaient en ligne et Milan se dit que c'était sans doute la meilleure solution. Certes, l'hôtel n'était qu'à vingt minutes à pied mais il était tard et il avait hâte de se retrouver au lit. Ce fut donc un soulagement quand ils arrivèrent seulement quelques minutes plus tard devant la façade de l'hôtel, non loin du Vieux Port. Il paya le chauffeur et ouvrit la porte pour aller chercher leurs sacs dans le coffre. L'excitation avait laissé place à la fatigue et il voulait juste aller s'enregistrer au comptoir de l'établissement et poser ses affaires avant de se coucher.
Ce n'est que lorsqu'ils se retrouvèrent tous les deux dans l'ascenseur qu'il se rendit finalement compte de la situation. Il avait eu l'habitude d'être avec elle, allongés l'un à côté de l'autre à regarder les étoiles mais là c'était différent. Ces deux jours représentaient déjà pas mal de dépenses, il n'avait pas pu prendre deux chambres, et puis, il se voyait mal laisser Alice seule. Et même s'il savait qu'il y avait deux lits individuels dans cette chambre, et que la jeune fille ne verrait sans doute pas l'ambiguïté dans cette situation, il ne pouvait s'empêcher d'y penser. Il n'était qu'un homme après tout.
Il ouvrit la porte avant de la laisser entrer et découvrir en premier la chambre. Il y avait une sorte de petit sas avec une porte donnant sur la petite salle de bains et une autre qui menait à la chambre. Certes, il y avait bien deux lits individuels mais la surface étroite les faisait se coller. C'était comme s'il n'y avait qu'un lit deux places finalement. Il aurait mieux fait de prendre cette option vu le rendu final.
Il laissa Alice aller se changer dans la salle de bains tandis qu'il se déshabillait dans la chambre en se prenant la tête sur ses habits de nuit. Il avait l'habitude de dormir en caleçon et clairement ce n'était pas une option ce soir. En étant aussi impulsif, il n'avait pas eu le temps de penser à tous ses détails et maintenant il se prenait la tête alors qu'il ne rêvait que d'une chose : dormir. En entendant la porte de la salle de bains s'ouvrir, il se dépêcha d'attraper un tee-shirt quelconque et un short et de les enfiler avant qu'Alice fasse son apparition.
Il détourna la tête quand il vit qu'elle avait quasiment la même tenue que lui et avala avec difficulté sa salive avant de récupérer sa trousse de toilettes pour filer se brosser les dents. Il était pitoyable et il le savait. Il se rappelait avoir eu la même réaction quand il l'avait vu dormir dans la chambre de Nate le soir où ce dernier lui avait mis une droite.
Quand il revint dans la pièce, Alice était déjà sous la couverture et avait choisi le côté droit. Il se glissa de l'autre côté et éteint la lumière avant de lui souhaiter bonne nuit. Il était épuisé mais n'arriva pas à trouver le sommeil avant une bonne heure. Il s'était mis à observer le plafond, en regrettant que ce ne soit pas des étoiles à la place. Il se retourna une ou deux fois avant de se rendre compte qu'il était sûrement en train de gêner Alice. A partir de ce moment-là, ce fut l'enfer, il commença à se concentrer sur sa respiration, avait peur de faire trop de bruit, ou de trop se rapprocher d'elle. Il était pathétique.
Le pire était qu'Alice s'était tout de suite endormie, il le savait au rythme lent de sa respiration. Il se prenait la tête pour rien juste parce qu'il n'avait pas l'habitude de dormir avec quelqu'un et, qu'en plus, ce n'était pas n'importe qui. Finalement, on dut avoir pitié de lui car il finit par s'endormir dans un sommeil profond.
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Blue Blurred
RomanceAlice est une fille à part, détestée des trois quarts des personnes qu'elle connaît. Milan est un coureur de jupons, une fille différente chaque samedi soir. Tous les clichés commencent comme cela. Et pourtant, c'est leur histoire.
