Chapitre 26

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LILY


Ça fait une journée entière que Riley s'est fait tirer dessus.

Il était en train de se passer quelque chose d'insensé, d'irréel et puis d'un coup, ses yeux se sont révulsés et il s'est écroulé. Il a vite perdu connaissance et les deux gardes ont couru vers nous. Ils ont abattu celui qui a tiré sur Riley, il s'agissait d'un homme du groupe de Jordan. Il avait échappé à leur surveillance, alors qu'ils étaient en train de nous observer en faisant des paris sur ce qui allait se passer ou non entre nous.

Ça fait maintenant quelques minutes que je tourne en rond dans la pièce et Sydney me supplie d'arrêter :

— Lily, tu me files la gerbe. Je t'en supplie, viens t'asseoir.

— Pourquoi il ne se réveille pas ? je demande brusquement.

— Il va se réveiller. Laisse-lui le temps de s'en remettre.

— Ça fait vingt-quatre heures Sydney, vingt-quatre heures, est-ce que tu te rends compte ?

— Ça fait surtout plus de vingt-quatre heures que t'as pas dormi, alors viens t'allonger.

— Hors de question.

Je sors en trombe de la pièce, Sydney soupire. Je me dirige comme une furie vers la salle d'entrainement. À l'intérieur, quelques garçons s'entrainent, mais la salle est presque vide. Je me dirige vers un sac de frappe et ne prends même pas la peine de me bander les mains, je cogne dedans de toutes mes forces, et je pleure. Je me maudis d'être si émotive et instable en ce moment, une chose est sûre, je n'étais pas comme ça avant. Cette personne-là ne me plait pas. Ma famille me manque, l'arboretum me manque et ma meilleure amie aussi. J'ai envie de les revoir et quand je repense au fait que tous autant qu'ils sont, ils ne se souviennent plus de moi, un énorme vide se créé dans ma poitrine et je ne supporte plus la douleur. Alors je frappe encore et encore, jusqu'à n'en plus pouvoir. Jusqu'à ce que mon sang parsème les jointures de mes mains.

— Hey, tout doux, fait une voix derrière moi.

Je m'arrête pour regarder mon interlocuteur et tombe sur le visage rassurant de Chace. Sa mine est inquiète, j'espère qu'il n'a pas des mauvaises nouvelles à m'annoncer.

— Viens avec moi, on va se balader, dit-il.

— La dernière fois que j'ai voulu me balader, Riley s'est fait tirer dessus.

— On ne va pas loin.

Il m'attrape par les épaules et m'entraine en dehors de la salle d'entrainement. Nous marchons et finissons par nous trouver dans la salle de jeux. Elle est complètement différente de la dernière fois : personne ne chante, personne ne joue. C'est totalement vide, dénué de vie. Nous avançons jusqu'à ce que Chace s'empare d'une poignée sur une porte dissimulée que je n'avais pas remarquée. Nous pénétrons dans une pièce à l'éclairage tamisé, tirant sur l'orange. Par terre, plusieurs matelas sont entreposés, remplissant tout l'espace du sol, et beaucoup de coussins sont posés dessus. Chace s'allonge sur le sol matelassé et me fait signe de le rejoindre. Je m'assieds d'abord, puis finis par m'allonger. Nous sommes tous les deux allongés côte à côte et personne ne parle. Je le regarde, il a fermé les yeux et a croisé ses mains sur son torse. Alors je fais pareil, c'est relaxant. Je ne sais pas si c'est le fait d'être allongée sur un matelas confortable, la lumière, le calme ou cette bonne odeur qui est diffusée par je ne sais où.

— C'est quoi cet endroit ? je demande, brisant le silence.

— La salle de relaxation. Je viens souvent ici. Parfois je m'endors et parfois je réfléchis. Alors, t'en penses quoi ?

— J'aime bien cet endroit.

— Tu peux venir ici autant que tu veux.

— Merci Chace. Est-ce que... est-ce que tu penses que Riley va s'en sortir ?

— Je lui dirai que tu as douté de ses capacités à résister à une mini balle de rien du tout. Il va être vexé, j'en suis sûr.

Je ris à cette remarque. Je suis heureuse que Chace soit venu me trouver.

***

Je me réveille en sursaut et en sueur. Chace n'est plus là. Et je me sens incroyablement reposée. Je ne sais pas combien de temps j'ai dormi, mais ces matelas semblent avoir un pouvoir insoupçonné. Je sors de la pièce et me dirige vers ma chambre. Je tombe sur Chace qui n'est pas habillé comme avant que je m'endorme. Il portait un tee-shirt gris et maintenant, il est noir.

— Bien dormi ? me demande-t-il avec un sourire radieux.

— Chace ! J'ai dormi combien de temps ?

— Douze heures.

Douze heures ? Il m'a laissée dormir douze heures ? Je m'empresse d'aller dans ma chambre et m'empare de vêtements de rechange. Douze heures de sommeil et une douche plus tard, je me sens requinquée. Sauf que je suis morte d'inquiétude pour Riley. Tout est de ma faute. S'il s'est fait tirer dessus, c'est parce que j'ai voulu sortir. Et il m'avait prévenue, que c'était trop dangereux et qu'on ne pouvait pas sortir. Malgré ça, il a pris le risque et s'il ne m'avait pas plaquée contre cet arbre quelques secondes plus tôt, c'est moi qui me serais pris la balle. Tout est de ma faute et je m'en veux.

En sortant des sanitaires, je retrouve Chace, à croire qu'il a décidé de me chaperonner. Il arbore un large sourire aux lèvres.

— Riley s'est réveillé, me dit-il.

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