LILY
C'est la deuxième fois que Riley m'embrasse. Je crois bien que ça pourrait être le début de quelque chose, si nous ne jouons pas aux abrutis. Je suis prête à assumer pleinement et jouer carte sur table. Je n'ai plus envie de me cacher ou de faire comme si je ne comprenais pas ce qu'il se passait entre nous. C'est si confortable d'ignorer ses sentiments et de laisser les évènements reposer sur le hasard, mais nous n'avons pas le temps pour cela. Qu'est-ce que nous avons à perdre, de toute façon ?
En arrivant dans la grande salle d'entrainement, Ramirez n'était pas d'humeur, comme Seth l'avait prédit. Il nous a hurlé dessus pendant quelques minutes en nous sermonnant quant au respect, aux valeurs et à l'assiduité. Riley a tenté de protester en cherchant une excuse bidon, ça n'a pas plu à notre instructeur qui lui a ensuite fait faire une longue série de pompes. Il les a exécutées sans aucun signe de fatigue.
Pendant toute la journée d'entrainement, nous avons dû simuler des combats et tirer sur des cibles. Riley a passé son temps à me montrer à quel point il tirait mieux que moi et m'a narguée lorsqu'on s'est battus ensemble ; il me mettait sans cesse à terre sans me laisser une seule chance de contre-attaquer. Quand je me suis plaint, il m'a dit que lorsque j'aurai à me battre, l'adversaire ne me laissera aucune chance de me défendre, et il a raison. J'ai concentré mon attention sur le tir, domaine dans lequel j'ai visiblement de meilleures compétences.
Après le diner, je me rends en direction de ma chambre mais une présence plane derrière moi. Je me retourne, je suis complètement seule, il n'y a même aucun bruit. J'accélère le pas, je n'aime pas cette sensation inconfortable. Au moment où je passe devant l'une des salles de bain, je sens soudain une pression au niveau de mon bras. Je me retourne et trouve Jalen ce grand brun que j'ai déjà vu dans le cadre de notre entrainement. Il ne m'a jamais inspiré confiance, il a l'air de vouloir du mal à toutes les personnes sur lesquelles il pose son regard gris comme l'acier. Il tient fermement mon poignet, j'essaye de garder mon calme.
— Un problème ? je lui demande.
— Non, je voulais te voir.
— Tu pourrais commencer par me lâcher...
Au lieu de me lâcher, il resserre son étreinte et je me retrouve rapidement plaquée contre le mur juste derrière nous. Il se tient très proche de moi, je ne comprends pas vraiment pourquoi je suis sa cible, je ne le connais même pas. Il est tellement proche que je sens son souffle chaud sur ma peau, ce qui est extrêmement désagréable. Sa main se balade dans mon dos, elle descend et se rapproche dangereusement de mes fesses ; je ne réfléchis pas plus et lui envoie mon genou en plein dans les parties sensibles. Il pousse un cri étouffé, se crispe légèrement mais ne desserre pas son étreinte. Il m'attrape à la gorge et commence à la serrer. Je me demande ce que je pourrais faire de plus pour qu'il me lâche et pourquoi il s'attaque à moi. Il brandit de sa main libre un grand couteau bien aiguisé devant moi et me sourit d'une manière qui me donne la nausée. Je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il a un lien de parenté avec Jordan. Ce sont les mêmes.
— Si tu bouges, je te plante, me dit-il.
Mes mains sont maintenant libres, alors je tente de m'emparer de son couteau mais tout ce que je réussis à faire, c'est m'emparer de la lame. Il le remarque assez vite et exécute un mouvement rapide, afin de retirer la lame de ma main qui est maintenant en ensanglantée. La douleur m'arrache un cri, toutes les terminaisons nerveuses de ma main sont en alerte. Je me sens acculée et impuissante, alors je fais la seule chose qui peut encore me sauver : crier. Avec le monde qui grouille ici, une personne m'entendra forcément. Il tente de m'en empêcher en me plaquant sa main sur ma bouche, libérant ma gorge.
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ASYLUM
Science-Fiction2095, après ce qui devait être la "fin du monde", la vie n'est plus ce qu'elle était. L'innovation a pris le dessus, les technologies sont omniprésentes. Lily, maligne et déterminée, et Riley à qui la vie n'a pas fait de cadeau, prêt à tout pour sur...
