Chapitre 32

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RILEY


L'homme nous mène au bout de la ruelle, qui devient de plus en plus sombre au fil notre avancée. J'espère que ce n'est pas un plan foireux et que nous ne sommes pas en train de suivre aveuglément un déséquilibré. Le bon point, c'est qu'il a laissé sa barre de fer au sol.

— On arrive bientôt ? demande Ben.

— Ferme-là, ou je te fais bouffer tes yeux.

— D'accord, je posais juste une question, pas la peine de devenir flippant... C'est quoi votre nom au fait ?

— Moi c'est Bobby.

— Ok, Bobby, on va se la jouer cool toi et moi, je ne veux pas d'embrouille, tu comprends ?

Pour toute réponse, Bobby adresse une sorte de grognement à mon ami, je crois qu'il vaut mieux ne pas trop le chercher, on ne le connait pas et on ne sait pas de quoi il pourrait être capable. Nous longeons maintenant l'un des murs du bâtiment de recyclage ; Bobby en ouvre une porte. Est-ce qu'il travaille ici ? Cet endroit n'est pas surveillé ? Il a ouvert la porte en présentant son empreinte digitale au scanneur, il a clairement le droit d'entrer ici.

Une fois à l'intérieur du bâtiment, nous sommes dans un couloir connexe à d'autres pièces mais j'entends déjà d'ici un brouhaha mécanique, un enchainement de bruits en tous genres, je sais que derrière l'une des portes de ce couloir se trouve la salle dans laquelle tous les déchets sont traités. À vrai dire, je ne sais pas vraiment comment est organisé ce bâtiment, je n'y suis jamais allé, ce n'est pas le genre d'endroit que l'on visite avec le Centre d'Apprentissage, ils nous font plutôt visiter quelques bâtiments abritant des postes prestigieux.

Bobby pousse une porte de ce long couloir très bien éclairé et la pièce dans laquelle nous pénétrons est un peu mieux insonorisée que le couloir, je n'entends presque plus le bruit des machines qui travaillent. Cette pièce est plutôt petite, et une chose me frappe. Ses meubles ainsi que leurs matières, la façon donc cet endroit est décoré est à l'identique de nos appartements. À une chose près, rien n'est blanc ici, c'est un condensé de gris et de noir. Bobby s'assied sur un canapé et nous invite à en faire de même, je prends alors place sur le canapé d'en face et Ben s'installe à côté de moi.

— Qu'est-ce qu'on fait ici ? je demande.

— C'est mieux pour parler, marmonne Bobby.

— Vous n'avez pas reçu d'injection ?

— Si, comme tout le monde. Comment crois-tu qu'on puisse éviter cette injection ? Mon corps l'a juste rejetée, je ne suis pas médecin, donc je ne pourrai pas te l'expliquer. Je sais juste que ce truc n'a pas marché sur moi, ni sur vous.

— En fait, il avait marché sur moi. Mais j'ai été de l'autre côté du mur et...

— Tu as été à l'Extérieur ? me demande-t-il, l'air de ne pas y croire.

— Oui, ils m'ont injecté un antidote.

Ses yeux brillent d'une lueur étrange, on dirait qu'il est ému.

— Est-ce que tu as vu mon fils ? Brendan.

Brendan... Brendan... Ce nom me dit vaguement quelque chose. Et puis je le retrouve dans un petit coin de ma tête. Quand Jordan m'avait tiré dessus, il avait ordonné à ce fameux Brendan d'aller chercher Kyle. C'est la seule fois que je l'ai vu.

— Je l'ai vu, je dis en hochant la tête.

— Alors il est vivant.

Un sourire s'étend sur son visage qui parait tout de suite plus lumineux et plus gai, il parait tout de suite moins bourru, plus agréable. Alors c'était donc ça, il était malheureux d'être resté un certain temps sans nouvelles de son fils ?

ASYLUMOù les histoires vivent. Découvrez maintenant