Chapitre 25

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RILEY


Nous sommes de retour chez moi, le soleil est en train de se coucher, les lumières de l'appartement s'allument automatiquement sans qu'on ne leur ait demandé de le faire.

— Tu devrais rentrer chez toi, tes parents d'attendent sûrement, je dis à Lily.

Elle s'approche de moi et noue ses mains derrière mon cou, elle plonge son regard dans le mien et je me demande comment est-ce qu'elle s'y est prise pour me rendre si faible et vulnérable face à elle. C'est comme si elle grillait mes neurones ; mes pulsions prennent le relais. Alors que mes lèvres s'approchent dangereusement des siennes, ma tablette sonne, m'indiquant un nouveau visiteur. Je crois bien que mes neurones doivent reprendre leur rôle, je vais en avoir besoin. Au lieu de lui donner le baiser qu'elle attend, je lui embrasse le bout du nez et m'écarte d'elle. Elle me dévisage les yeux écarquillés et un large sourire étire ses lèvres. Et puis, elle éclate de rire, elle se moque clairement de moi. Elle n'aime pas le romantisme ? Elle préfère quand je joue les gros durs ?

— Riley, est-ce que tu viens de m'embrasser le nez ? demande-t-elle, taquine.

— Je ne vois pas du tout de quoi tu parles, je lui réponds en attrapant la tablette.

Je presse le doigt sur l'option permettant au visiteur d'entrer.

— Est-ce que tu es sûre que tu es d'accord avec ce que je m'apprête à faire ? je lui demande.

— Oui, j'en suis certaine. Il n'y a qu'une seule dose, il ne servirait à rien de la donner à un seul membre de ma famille. Prends-la.

Je ressens un mélange de reconnaissance et de fierté, Lily est vraiment une bonne personne et elle n'a jamais mérité tout ce qu'il lui est arrivé. À vrai dire, je suis sûr de ne pas la mériter mais elle n'a pas l'air de s'en rendre compte.

— Va retrouver ta famille, je lui dis.

— Mais...

— Je gère. Tu me fais confiance ?

Pour toute réponse, elle m'embrasse et s'en va de chez moi, croisant Ben qui arrivait. Ils se disent brièvement bonjour et je me retrouve bientôt seul avec mon ami de toujours.

— Alors, tu voulais me voir ? me demande-t-il en s'affalant sur le canapé blanc du salon.

Je m'installe à côté de lui et je commence seulement à me demander comment il va réagir, s'il va me prendre pour un fou, s'enfuir et raconter aux autorités qu'il faut m'enfermer. Puis je me rassure, quand j'ai été jeté dehors, j'ai compris moi-même que je n'étais plus au sein de l'Asile, j'avais des maux de tête en prime, mais ça ne m'a pas empêché de comprendre que quelque chose clochait. Alors si je sers la vérité sur un plateau d'argent à Ben, il sera bien forcé de me croire. D'ailleurs, je me demande pourquoi ça n'a pas fonctionné avec Austin, est-ce qu'il a eu une dose plus forte ? Ou est-ce que le fait d'avoir reçu une dose et une éducation emplie de mensonges l'ont barricadé ?

— Ouais, euh... faut qu'on parle, je réponds.

Ben émet un léger rire et étale ses bras sur le dossier du canapé, je me rappelle qu'il s'installe très souvent comme ça dès qu'il en a l'occasion, dès que le siège sur lequel il est possède un dossier, à vrai dire.

— Qu'est-ce que c'est ? Depuis quand tu as peur de me parler ? Je suis ton pote, non ? Je te promets que je ne te jugerai pas.

Je prends une profonde inspiration.

— Jesse, c'est quoi le problème ? s'impatiente mon ami.

— Ben, est-ce que... est-ce que tu me fais confiance, quoi qu'il arrive ?

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