Chapitre 10

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AUSTIN


Pendant que Maddie m'avait laissé seul avec des gens que je ne connais absolument pas, j'ai dû repousser une fille dans un état second qui a failli me vomir dessus. Elle s'est ensuite mise à pleurer et m'a traité de connard parce que je ne l'ai pas laissée me prendre dans ses bras. Toutes ces personnes sont bizarres, cette ambiance et bizarre et eux aussi, ont l'air de me trouver bizarre. Lorsque je vois que Seth est dans le même état que les autres, je me demande si ce ne serait pas moi, le bizarre de l'histoire. Je me fraie un chemin à travers la foule, j'ai l'impression que je ne vais jamais atteindre la porte en bois qui m'appelle et qui me nargue du fond de la pièce. Elle me parait si loin. Lorsque je l'atteins enfin, je ressens un bonheur pur à l'idée de m'en aller d'ici.

Le couloir est étonnement calme, ça m'en fait presque mal aux tympans. Je savoure le silence et la solitude. Je commence à marcher mais une voix m'interpelle. Lorsque je me retourne, je trouve Maddie, devant la porte du lieu de la fête.

— Tu t'en vas ? me demande-t-elle.

— Ouais, je suis... fatigué.

— Tu trouves ça nul ?

Sa perspicacité m'arrache un rire, je n'osais pas le dire. Je ne m'amusais pas du tout, j'ai l'impression qu'ils ont tous un problème et que je ne suis pas à ma place. Peut-être que si je faisais un effort je m'habituerais et je me sentirais un jour à ma place, mais je n'en ai pas envie. Je n'ai pas envie de consommer des produits inhibitoires dans le but de perdre le contrôle de moi-même.

— Dis-le, tu trouves ça nul ? insiste-t-elle un sourire malicieux aux lèvres.

Je ne l'avais pas remarqué mais elle s'est considérablement rapprochée de moi, nous nous trouvons juste l'un en face de l'autre, rendant l'espace plus petit, l'air moins respirable et la tension plus chargée.

— Oui, je trouve ça nul, j'avoue.

— Austin Thompson trouve ma fête nulle ? Je suis déçue, dit-elle pour rire.

— Je suis désolé.

— Ne t'excuse pas. Jamais. Moi aussi, je trouve cette fête nulle, je l'ai organisée pour les autres. Je t'aurais bien fait visiter la ville, mais on n'a pas le droit de se balader le soir depuis un petit moment. Tu veux venir dans ma chambre ?

Je ne sais pas si c'est elle qui est trop abrupte ou moi qui comprends de travers, mais sa question sonne étrangement. Elle doit remarquer qu'elle m'a perdu puisqu'elle explose de rire.

— C'est pas ce que tu crois. Je veux juste qu'on se pose dans un endroit tranquille pour parler, faire connaissance. Sauf si tu n'en as pas envie.

Elle m'offre un sourire éclatant et repousse ses longs cheveux bruns derrière son épaule, dégageant une bonne odeur que je n'arrive pas à identifier.

— Ou tu es peut-être trop bien pour moi, ajoute-t-elle. Après tout, tu as dit que ma fête était nulle.

Elle m'offre cette fois un sourire malicieux, j'ai l'impression d'être en train de me faire manipuler, qu'elle se connecte aux cellules de mon cerveau et les éteint, une à une. Elle s'est encore rapprochée de moi, je ne sais pas si c'est son corps qui fait ça ou une simple hallucination de ma part, mais l'atmosphère s'est réchauffée et j'ai l'impression que mes mains deviennent moites, je les essuie sur mon pantalon. Qu'est-ce qu'il m'arrive ?

— Alors, tu viens ou pas ?

— C'est d'accord.

— Cool !

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