T1 : Mutilation

38 3 0
                                        

Texte by : Lily__chan

Je regarde perler le long de mon bras cette goutte de sang chaud. Il laisse comme une trainée ardente sur mon corps, le marquant de sa couleur écarlate. La douleur semble inexistante à ce moment précis. Rien que le bonheur semble remplir mon cœur dépourvu de peine et de chagrin. Cet instant de répit sonne comme la plus douce des libérations et rien ne peut m'y soustraire. Rien et je le sais.

Mes oreilles ne semblent plus assaillies par ces mots menaçants qui me hantent mon âme. Seul cet appel raisonne au fond de mon être. Il me réchauffe mon cœur meurtri et mon corps sali par l'humiliation qui m'est quotidienne. Alors tel le plus doux de tous les échos, cette muse du bonheur semble se pencher à mon oreille pour me dire ces quelques mots:

" Continue. Vois combien cela te rend heureuse."

Bercé par ses douces paroles, je me laisse porter par toutes ses sensations qui prennent possession de mon corps. Sa voix écarlate m'inspire et ses conséquences ne me font guère peur. Elles paraissent pour moi si lointaine et dépourvue de sens. A moins que je ne les perçois comme une marque de ma douleur, un symbole que ce remède laisserai comme souvenir de rédemption à chacun de ses patients. Je ne sais que trop peu vers quelle idée me pencher.

Alors j'écoute cette tempérée symphonie lorsque mes larmes rouges rencontrent le sol de la pièce. Ce son si singulier semble me déconnecter du monde qui m'entoure. Je parais en cet instant tellement différente. Tellement autre. Je ne suis plus cette chose si fragile que les autres se plaisent à torturer. Sentiments et émotions ne sont plus des armes aiguisées prêtes à me détruire. non, elles semblent à présent comme des bêtes sauvages que j'aurais réussi par moi même à dompter.

Mais pour combien de temp?

Pour combien de temps cela durera? Pour combien de temps ce petit paradis que j'ai forgé du bout de mes doigts perdurera? j'ai peur de répondre à cette question, je guette le moments où le sang cessera de dévaler les courbes de mon corps pour rester enfermé bien sagement à l'intérieur. Ressentir cette fin approcher inexorablement. Pourtant, je sais combien elle est nécessaire. Je ne peux me soustraire à cette fatalité.

Cependant, elle me paraît encore si loin. Je n'arrive guère à la frôler ou la sentir sur mon échine. Elle ne fait pas encore partie de moi. Elle ne m'a pas encore rejoins et je m'en délecte.

Les ombres de la journée semblent emprisonné loin de moi. Les tourments semblent avoir pris possession d'un autres, m'offrant ainsi ces quelques moments de pur libération. C'est exquis et je m'en réjouis.

La lame caresse de nouveau ma peau dans sa danse endiablée. Elle me déchire, cependant, un petit cris étouffé.

Le prix du répit, le prix du bonheur.

Je l'ai enfin au creux de mes mains et ce n'est pas sa couleur qui m'effraie, mais bien sa fugacité. Il semble si frêle et j'ai cœur à vouloir le protéger. Mais comment faire? J'aimerai le garder pour toujours contre mon cœur. Pouvoir le protéger comme personne ne le fait pour moi. Mais cela me terrifie. La fatalité me reviens et se dresse pour me faire face. Comment puis-je me protéger dans le monde extérieur, si je peux parviens pas à protéger mon bonheur dans mon cocon de protection?

la réponse semble bien trop évidente. Je ne peux pas.

-Je suis rentrée! s'élève cette voix au loin.

Alors, cette petite voix qui sommeille en moi et me berce d'idée de réconfort s'élève à nouveau et me guide dans mes choix.

"Cache ce bras meurtrie par tes peines. Cache ce qui te rends si heureuse dans ce monde que tu déteste. Ils ne comprendraient pas tes choix, tout comme ils sont aveugles à ta douleur."

Mon choix est bien vite fait. Cette muse qui m'inspire ce bonheur incroyable à raison au fond d'elle. Les êtres qui sont cessés m'être chère et vouloir me protéger ne comprennent pas combien je souffre dans ce monde. Alors comment pourrait-il comprendre ces besoins lorsqu'il les voient tels une malédiction.

-J'arrive, répondis-je finalement.

Les conséquences sont simples. Je laisse tomber mes manches et je reprends mon masque.

Concours d'écritureDes histoires addictives. Découvrez maintenant