Texte by Lyna_Bookaholic

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Texte by  Lyna_Bookaholic

Le vent frai balayais les courtes mèches rebelles qui me tombais sur le front.

J'inspirais à pleins poumons l'air marin du début de journée. 

Je me tenais là. Là. Le lieu qui a bercé ma perte. L'endroit témoin de la faiblesse de mon cœur. Là, cette place où nous nous sommes rencontrés quelques jours auparavant.

Un simple rebord de falaise où j'étais solitaire comme à mon habitude mais elle m'y avait rapidement rejoins. Peut-être pour la vie ? m'étais-je demandé plus tard plein d'espoir.

Mais je suis de nouveau seul. Le cœur en miette.

Ma moitié m'a quittée ce matin même sans autre explication qu'un bout de papier. Papier que je tiens dans mes mains. Enfin papier chiffonné désormais. A l'origine c'était une lettre. Sa lettre. Que je relisais en boucle depuis une heure :

"Jamie,

Ce matin quand tu te réveilleras, tu ne me trouveras pas. Cette lettre est là pour t'expliquer mon choix et pour que peut-être tu ne m'en veuille pas trop. Même si je sais combien il est dur de regagner l'affection de quelqu'un une fois qu'on l'a perdu.

Maintenant que j'ai eu la chance de te connaître, je sais que je dois être honnête avec toi. Mais n'osant avouer directement le mal qui m'habite car pour moi on lui confère bien trop de pouvoir, je te propose de l'appeler " nénuphar ". Un hommage à l'auteur que tu m'as fait découvrir et qui savait mettre mieux que personne mettre les bonnes images sur chaque situation.

Le jour de notre rencontre, rappel toi, tu cherchais un abri pour éviter le monde. Par le monde j'entends bien évidement toutes ces personnes qui comptent pour toi : ta mère, ton père, ta tante, ton frère...mais plus important qui comptent sur toi pour ne pas faire de faux pas, et renvoyer l'image d'un étudiant modèle que dans le fond tu n'es pas. Alourdis par cet écrasant fardeaux sur tes épaules je t'ai aperçu, les pieds aux bords de ce précipice regardant la mer en pleine nuit d'été.

Et alors que je venais de croiser et de côtoyer bon nombre de prisonniers, je su irrémédiablement que ces derniers étaient bien plus libres et affranchis que ce jeune homme bien sur lui avec ce costume sombre et ses beaux yeux bleu tourné vers le vide. Sur ce promontoire tu semblais si irréel, une statue de marbre triste et isolé.

Je ne savais pas si tu voulais mettre fin à tes jours mais la simple idée de voir périr un être humain innocent ou non m'étais insupportable. Alors j'ai joué la carte de la sociabilité qui comme tu le sais n'est pas mon plus grand atout.

Pourtant il eut suffi de quelques paroles maladroites, d'un ou deux rires pour briser l'état second dans lequel tu étais. C'est à ce moment que je décidai de redonner un sens à la vie d'un étranger. Ce simple rire et cet éclat dans tes pupilles me donnaient foi à te libérer de tes chaines quelle qu'elles soient. J'espère être parvenu à ma quête.

Et c'est aussi pour cela qu'aujourd'hui je veux que tu lises cette lettre pendant que je serais encore partie pour je ne sais où pendant encore je ne sais combien de temps.

Tu le sais mieux que personne, une action insensée et imprévisible se doit d'être justifiée auprès des personnes que l'on aime.

Tu l'auras sans doute deviné, l'amour que tu as provoqué en moi n'étais pas non plus dans mes plans. Mais comment imaginer qu'une simple rencontre ait pu nous amener aussi loin ? Qui l'aurais cru ? Qui aurait pu le croire ? En toute franchise pas moi.

Je n'aurais jamais imaginé vivre autant de chose dans un endroit aussi saugrenu qu'une vielle cabane de pêcheur près d'Arcachon. Mais je n'en regrette pas une miette.

Je n'ai jamais voulu te faire souffrir. J'avais renoncé à l'amour depuis bien longtemps. Mais en peu de temps, une semaine seulement, tu m'as fait vivre mille et une aventures et tu m'as fait gouter aux plaisirs simples de la vie plus euphorisant que tous ce que je connaissais moi-même.

Je t'aime plus que la rivière où tu m'appris à pêcher, plus que la crique où tu m'as embrassée et plus que l'Océan témoin de nos pêchés. C'est pour cela que je dois te quitter je ne t'apporterais que du malheur et des tracas.

C'est aussi bien pour toi que pour moi car je savais que si je te parlais de mon nénuphar à moi tu ne me verrais plus comme celle que tu as rencontré sur cette falaise. Mon insouciance tu la verrais comme le refus d'affronter cette fatalité, mes fous rires incontrôlés comme les prémices de la folie et mon adoration pour la pizza à l'ananas serait devenus un signe prouvant que le néant commençait à happer mon bon sens.

Alors je te fais les adieux d'une fille trop détraqué pour rester que tu appelais il y a peu ta vagabonde adorée. "

Suite à cette énième lecture un flot de larmes vient inonder mon visage. Et je me pris les mains dans la tête :

"Tu as réussis, murmurais-je, tu m'as offert la clé de ma liberté...

Et aussi étrange que cela puisse paraître un sourire vient finalement se dessiner sur mes lèvres sentant un nouvel avenir se profiler à l'horizon. 

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