Désamour de vacances

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Texte by : Toysaki

Judy était accroupie contre un muret de roches. Elle sirotait son thé glacé à la mangue. Son regard dérivait sur les passants, détaillant l'apparence de chacun. Certains garçons étaient plutôt mignons, mais la jeune fille affichait plutôt une mine dépitée.

En effet, elle s'était faite recalée il y a peu. Judy avait fait l'erreur d'aimer, de rêver un amour doux, et sucré. Mais malheureusement pour elle, son coup de cœur n'était pas du même avis. Un idiot obnubilé par la gent féminine, et plutôt sur les relations charnelles.

Mais la jeune fille avait passé outre, continuant de l'aimer. Son sourire s'étirant quand il était dans les parages, ses pensées fantasmant sur leur vie ensemble.

Lors de cette journée de juillet, elle s'était confessée, le rose aux joues. Contrairement à ses attentes, le jeune homme a ri d'elle, lui demandant comment il pouvait l'aimer, elle qui était un peu trop ronde et le visage encore marqué de l'acné juvénile.

Ce rejet, fut comme une lance dans le cœur de l'adolescente. Elle se mit à complexer pour peu, ne se supportant plus. Ses long cheveux noirs s'étaient emmêlés, voulant démontrer leur manque d'attention.

Ce jour-là, elle avait couru dans la rue, manquant de tomber. Ses yeux étaient embués de larmes. Judy se sentait sale, honteuse de sa propre apparence. La jeune fille n'avait jamais complexé sur son corps, n'en trouvant pas l'intérêt. Et la voilà qui maintenant, à se détruire à cause d'un simple idiot ? L'ironie était palpable.

Judy s'était assise sur le sable, ramenant ses genoux à sa poitrine. Les larmes dévalaient de ses joues, faisant couler son maquillage. Pour elle à ce moment là, sa vie était finie. La jeune fille était assez sensible, et un rien la faisait déprimer. Cette sensibilité ne l'avait pas aidé ce jour-là.

Ce jour-ci, elle n'avait pas remarqué une personne. Cette personne la regardait de loin, hésitant à agir. Mais elle décida d'agir, s'approchant de la peinée. Cette personne posa sa main sur l'épaule enrobée de Judy, lui demanda si elle allait bien.

La pleurnicharde releva le regard, et croisa deux pupilles émeraude. Elles appartenaient à un garçon dans la quinzaine. Ses longs cheveux blonds étaient attachés en un haut chignon, d'où lequel échappait plusieurs mèches rebelles. Il possédait un visage arrondi, illuminé par un sourire rassurant.

Le jeune homme s'était assis à côté d'elle, et malgré qu'il ne la connaissait pas, a consolé la jeune peinée. Judy était méfiante au début, mais rongée par la peine, confessa son problème à ce pur inconnu.

Ledit inconnu la consola, puis quand la jeune fille avait ravalée ses larmes, repartit en la saluant. Judy était restée perplexe. Elle n'avait même pas eu le temps de demander son nom. Mais son visage réconfortant apportait du baume au cœur fissuré de l'adolescente.

La pensive quitta sa bulle de songe, et revenue dans la vie réelle. Elle termina de siroter son thé, et jeta le gobelet à la poubelle.

Depuis cette cocasse rencontre, Judy avait passé outre. Elle avait mis du temps à s'en remettre, à ignorer cet idiot. Mais elle n'oublia pas ce réconfortant jeune homme. Si on devait le comparer, cela serait comme le cliché de l'homosexuel dans les fictions écrites par des adolescentes.

La jeune fille marchait dans la rue, de la musique émanant de ses écouteurs. Depuis plusieurs jours, elle errait dans les rues ensoleillées, à la recherche du jeune homme. Elle n'avait jamais pu le remercier, lui qui était parti aussi rapidement qu'il était venu.

L'adolescente marchait au hasard, s'approchant de la plage. Elle marcha sur le sable, les grains entrant dans ses sandales. L'ancienne peinée s'assit près de la mer. Elle ôta ses chaussures, laissant ses pieds se faire caresser par les vagues.

-Alors comme ça on ne vient pas me saluer ? Ingrate va. S'était exclamée une voix masculine provenant de derrière elle.

La jeune fille avait sursauté, tournant rapidement sa tête. En face d'elle, le garçon aux cheveux blonds était debout, un sourire amusé aux lèvres. Judy se releva brusquement, l'attrapant par le bras.

-Wow calme, je vais pas m'envoler. Avait-il dit en laissant échapper un petit rire.

Judy baissa un peu la tête, honteuse. Elle réfléchit à ses phrases.

-Je...je tenais à te remercier pour la dernière fois. C'était très gentil de ta part ...à qui ai-je l'honneur ?

-Alan.

-C'est très gentil de ta part Alan. Je vais aller te payer un truc pour te remercier. Et c'est non négociable. S'exclama Judy en époussetant le sable de son pantalon.

-Si c'est demandé avec tant de gentillesse alors. Répondit Alan d'un ton ironique.

La jeune fille se releva, et amena le garçon à un glacier noyé sous les clients dû à la chaude période qu'est l'été. Les deux adolescents firent la queue. Chacun se découvrait mutuellement, discutant chaleureusement. Une personne extérieure aurait pensé qu'ils se connaissaient depuis longtemps. Mais la réalité était autre ou du moins, plus amusante.

Leur tour vint finalement. Judy commanda une glace à la menthe, et Alan à la noix de coco. Le glacier leur tendit les glaces, et Judy lui donna la monnaie.

Les duo d'adolescent s'assit sur le sable, dégustant leurs douceurs glacées.

-Et sinon tu habites ici Alan ? Demanda Judy en prenant une ample portion de sa glace.

-Non, j'suis juste ici pour quelques semaines. Je me demande bien comment t'aurais fais si j'aurais pas été là. T'aurais continué à chialer, pleurant pour un con qui ne te méritait pas. Répondit Alan avec un sourire moqueur.

-Je t'emmerde blondinet. Grogna la jeune fille en donnant une pichenette sur la joue de l'adolescent.

Judy ne saurait expliquer, mais elle se sentait à l'aise avec lui. Comme si elle le connaissait depuis longtemps. Cette douce chaleur réconfortante embaumant l'air la faisait se sentir en sécurité, comme protégée des folies de la vie.

Puis vint le moment de séparation. Alan dut y aller, éclatant la bulle de confort. Il la salua avec son grand sourire, et tourna les talons. Sa silhouette s'éloignait graduellement, finissant par disparaître au coin de la rue.

L'été passa, et Judy n'eut plus aucune nouvelle d'Alan. Elle ne le revit pas. Cette courte amitié la marqua. Alan avait comme déserté la ville, ne laissant pas un morceau de sa présence.

Mais Judy savait qu'elle n'avait pas rêvé. Elle s'assit contre un mur, regardant les derniers rayons de soleil.

"Finalement, cet été ne fut pas si merdique que ça" pensa t-elle, un sourire aux lèvres.

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