T1 : Mutilation

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Texte by : JessicaChaumeil

C'est le bras droit contre la poitrine et un sourire aux lèvres que je rentre dans mon appartement. Le sang coule long de mon bras laissant des goûts sur mon passage. Je m'empare rapide de ma trousse de secours et d'une bouteille de vodka. J'en bois une bonne gorgée avant d'y verser sur la plaie, je grimace sous l'effet de brûlure que cause l'alcool, avec le temps je mis suis habitué au point de ne plus crié comme avant. Par la suite je prends la pince et triture la plaie à la recherche de la balle, une fois trouvé je l'enlève avec délicatesse. Je ressens une satisfaction indescriptible quand je tiens la balle entre mes doigts, en fait c'est une sensation d'euphorie. Elle est comme un ultime trophée, une preuve d'une certaine immortalité qui s'achèvera un jour.

Mais pour l'instant je n'ai fait que frôlée la mort comme aujourd'hui, je me demande quand est-ce qu'elle viendra me chercher pour de bon, quand est-ce qu'elle finira ce qu'elle a commencée, quand arrêterais-je d'agoniser et qu'enfin je serai en paix ? C'est les questions que je me pose chaque jour en risque ma vie sur le terrain et le pire c'est que j'aime ça. De nombreuses cicatrices couvrent mon corps, mais étrangement elles font du bien parce qu'elles ne sont sur personne d'autre. Souffrir ne m'a jamais gêné , prendre des risques tester à quel point je peux rester en vie tout ça c'est existant. En fait mon corps est un immense tableau de chasse elles sont là pour me rappeler combien de fois j'ai survécu, combien de fois le défibrillateur m'a réanimé. Je demande s'il y aura de la place pour d'autres sur mes bras, mes jambes, mon torse qui en sont presque remplis, elles ont toutes une forme, une histoire, un emplacement dans ma vie. Toutes les armes possibles et inimaginables y on laisse leurs traces, de la barre de fer, au couteau, au sécateur, mon corps est comme tatoué par la douleur.

Les gens autour pensent que je suis folle, que je maltraite mon corps, ils ne comprennent pas pourquoi je prendrai une balle à leurs places, pourquoi je suis prête me faire torturer pour qu'ils soient en sécurités. Certains même pensent que je suis suicidaire et que me mettre une balle dans la tête serait plus efficace, mais ce n'est pas de cette manière là que je veux mourir. Je veux mourir en sachant que les gens que j'aime sont encore là, en sachant que j'ai sauvé des vies. Je ne veux pas me retrouver toute seule, je préfère souffrir un instant que toute ma vie. J'ai connue ça une fois et je ne veux pas le revivre, plus jamais. J'ai toujours pensée que la mort et moi on ne faisait qu'un que partout où j'allais, que toute les personnes que je prenais le risque d'aimer était des personnes que je prenais le risque de perdre. Alors oui, je préfère avoir le sourire aux lèvres ou rire parce qu'on m'aura torturée ou blessé qu'avoir un vide dans le cœur et devoir vivre encore. La douleur physique finit par passer pas la souffrance psychologique. 

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