Quelques jours plus tard.
« Je ne t'en veux pas... si tu ne m'en veux pas... »
Eveillée dans un sursaut, une sueur froide me traverse avant de ne s'installer dans ma poitrine. Les mains tremblantes, j'ouvre les yeux et regarde le vide face à moi. Angoissée, je me retourne dans le lit, haletante.
« Nat ? Nat... ?
- Eh... tout va bien, Logan. Je suis là. »
Sortant de sous la couette en bâillant, Natasha se redresse et me prend dans ses bras. D'un baiser sur mon front, elle tente de me rassurer. Je m'accroche à elle comme si ma vie en dépendait, prisonnière d'un cauchemar qui hante mon esprit à chaque fois que je ferme les yeux. De longues caresses dans mon dos, Natasha tente de me bercer et de me calmer comme elle le peut. Cachant mon visage dans sa poitrine, je coupe ma respiration un moment pour obliger mon cœur à reprendre des battements réguliers.
« Tout va bien, murmure-t-elle. C'est terminé, maintenant. »
J'inspire profondément et me blottis contre elle en refermant les yeux. Ses mains glissent dans mes cheveux courts, s'amusant à caresser le derrière rasé en souriant contre mon front. Elle m'embrasse tendrement et continue ses caresses, faisant naître peu à peu mes sourires et disparaître l'angoisse qui m'oppressait plus tôt.
« J'aime beaucoup cette longueur, complimente-t-elle. C'est comme passer ma main dans l'herbe fraichement coupée... C'est vraiment agréable.
- J'aime bien aussi. Au départ, ce n'était qu'un geste sur un coup de tête, avouais-je. Mais au final, je trouve que ça me va plutôt bien... et c'est moins gênant lorsque je travaille. Et tu ne pourras plus dire que les cheveux coincés dans l'évacuation de la douche m'appartiennent.
- Quel dommage, je n'aurais plus de raison de t'engueuler pour rien, soupire-t-elle.
- Oh, tu trouveras bien autre chose. »
Je me redresse brièvement pour l'embrasser, puis me calle de nouveau contre elle pour profiter de sa présence. Une boule de poile saute sur le lit avant de ne venir s'installer au-dessus de nos têtes. Ronronnant de bonheur, la présence de notre premier chat me fait esquisser un sourire. Nous sommes bientôt rejointes par le deuxième, s'installant sans grâce la tête sur Natasha et le reste de son corps sur mon flanc. Je glisse mes doigts dans la fourrure du plus proche, avant qu'il ne s'éloigne de moi pour s'allonger entièrement sur Natasha. Je me mets à bouder alors qu'elle est contrainte de bouger pour s'adapter à la position du chat.
« Je crois que Logan ne sera pas très contente si tu lui prends sa place, soupire Natasha.
- Si c'était un être humain, je l'aurais étranglé et jeté par la fenêtre depuis longtemps, répondis-je. Et puis, je le comprends. Tu as dû leur manquer. Je n'étais pas rentrée à la maison après, mais... Il paraît qu'ils ressentent ce genre de chose. J'avais appelé la voisine pour lui demander comment ils allaient, et je lui ai dit au passage. Elle m'a dit qu'elle l'avait dit aux chats, et qu'ils ont dévasté le canapé l'heure d'après.
- Clint et Laura son persuadés que les chats sont capables de ressentir beaucoup de choses... Je ne sais pas trop quoi en penser, mais après tout, pourquoi pas ? Nous ne sommes pas dans leur tête, impossible de savoir et de juger.
- Hm... en tout cas, on dirait qu'ils sont contents de te revoir à la maison.
- Mais il va falloir changer le canapé, soupire-t-elle. Ça te dit de sortir un peu, aujourd'hui ? »
J'acquiesce pour lui répondre, puis m'éloigne pour m'étirer. Elle tente de se dégager doucement de l'étreinte de nos chats, puis se lève la première en se dandinant. Je la regarde un moment avant de ne me lever aussi, allant préparer des affaires. Nous allons prendre une douche en chantant avec nos bouteilles de shampoing pour micro, oubliant pour un instant les galères par lesquelles nous avons dû passer pour en arriver là. Une fois lavée et séchée, j'enfile un jean ample et un débardeur rouge bordeaux, puis mes des baskets. Natasha hésite plusieurs minutes avant de ne décider de me copier par manque d'inspiration. Je l'aide à tresser ses cheveux comme elle semble aimer le faire, puis nous allons prendre le petit-déjeuner avant de sortir. N'ayant pas pour but d'aller bien loin, on prend la voiture pour nous rendre dans la ville voisine pour se divertir un peu.
Depuis le retour à la normale, le chaos prend place un peu partout dans le monde. Des personnes ayant disparues se retrouvent à cohabiter avec d'autres qui se sont installés là en leur absence, la grand majorité d'entre eux n'ont plus de contrat de travail, certains ont réapparus un peu n'importe ou et n'importe comment... C'est une situation assez difficile à gérer, mais les états se débrouillent plutôt bien pour le moment. Tout le monde s'entraide et tente de faire le mieux pour chacun, donc pour le moment la situation ne semble pas ingérable. La plupart des gens se félicitent de notre victoire, persuadés qu'aujourd'hui, plus rien ne pourrait nous atteindre. Mais contrairement à ceux qui semblent capables de se relever en oubliant le passé, mon esprit ne cesse d'y penser. Avoir passé cinq jours à penser que je ne reverrais plus jamais Natasha m'a marquée au fer rouge ; je ne m'en remettrais peut-être jamais. Mais comme le disait parfois mon grand-frère : les traumatismes font partie de la vie des soldats, ils ne peuvent pas espérer ne jamais en rencontrer.
Seulement, un soldat, je n'en suis plus un. Qu'il s'agisse de démonter une nouvelle base d'Hydra, une organisation terroriste quelconque, ou d'une menace sur tout l'univers, mon combat s'est terminé à New-York et ne reprendra jamais. Il faudrait réellement que l'on ait impérativement besoin de moi pour sauver le monde pour que j'accepte de renfiler mon uniforme. Mais il sera tout de même très difficile de me convaincre. Je ne veux plus de cette vie, fondée sur la souffrance, l'antipathie et la cruauté.
Jetant un œil à une vitrine, j'arrête Natasha en l'interpelant. Je lui montre du bout du doigt un livre de cuisine que je recherchais depuis longtemps, puis nous entrons dans la librairie. Marchant entre les rayons en se tenant la main, nous choisissons quelques livres intéressants avant de passer à la caisse. Enfournant nos achats dans nos sacs en toile, nous remercions le libraire avant de sortir de là. Le soleil brillant à l'extérieur m'éblouie un moment ; je fais glisser mes lunettes de soleil devant mes yeux, sous le sourire de Natasha. Elle serre ma main dans la sienne et m'incite à la suivre de nouveau dans les rues. Nous prenons une boisson chaude dans un café cosy, discutant de tout et de rien, puis reprenons notre balade sans se soucier de ce qui nous entoure. Après quelques heures à voguer sans but, l'idée de faire les boutiques lui prend subitement. Elle me traîne partout où elle le souhaite, jusqu'à une boutique de vêtement très connue dans le coin. Elle choisie plusieurs habits comme si c'était des plus importants, puis elle me traîne avec elle dans les cabines d'essayage. Je l'aide à accrocher les vêtements neufs à un porte manteau. Alors que je comptais m'éloigner pour la laisser se changer, elle m'attire vers elle dans la cabine en riant innocemment. Je lève les yeux au ciel et referme le rideau derrière-moi avant de ne l'embrasser. Elle glisse ses mains à mes hanches, soulevant mon débardeur pour pouvoir glisser ses mains dessous. Bien que l'idée me tente assez, je l'arrête lorsque j'entends d'autres personnes entrer dans les cabines d'à côté. Elle boude alors que je lui mets un pantalon sur la tête.
« Est-ce que tu comptes essayer ces vêtements, ou tu voulais simplement m'attirer là pour m'emmerder ? Demandais-je.
- Oh, je compte essayer ces vêtements, et t'emmerder. »
Je lève les yeux au ciel et reste avec elle pendant qu'elle essaie tout ce qu'elle a choisi. Lorsqu'elle se trouve en sous-vêtements devant moi, à la recherche de son pantalon pour le renfiler, je glisse mon index de sa nuque au bas de son dos en souriant dans le miroir. Elle arque un sourcil et tente de m'ignorer, mais je glisse mes doigts sur ses hanches pour l'emmerder à mon tour. Elle râle et se retourne, silencieuse. Elle reste immobile et alerte un moment, avant de ne m'attraper par le menton.
« On dirait qu'il n'y a plus personne...
- Il y a toujours quelqu'un quelque part, soupirais-je. On devrait rentrer à la maison... tu ne crois pas ? »
Elle boude et se rhabille. L'aidant à prendre les vêtements qu'elle veut acheter, je l'accompagne en caisse pour régler tout ça. Une fois les sacs de shopping en main, on rejoint la voiture. Nous enfonçons tout dans le coffre avant que je ne prenne le volant pour nous ramener à la maison. Sur le trajet, elle s'amuse à glisser ses mains sur ma cuisse en souriant innocemment, sans me lâcher du regard. Et évidemment, lorsque nous arrivons à la maison, nous sommes plutôt contentes de ne pas croiser les chats sur notre passage. Les pauvres petites bêtes ont bien choisi leur moment pour aller se promener dans les bois... parce qu'on était loin d'être essoufflées, mais déterminées à tuer nos cœurs à force d'exercice...
THE END IS HERE
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LOGAN - MARVEL
FanfictieDans les pensées floues de Logan, l'humanité n'est qu'un mirage qu'elle ne semble pas capable de comprendre. Utilisée comme une arme par Hydra, conditionnée à être un soldat, elle ne connaît que la violence et le goût du sang. Alors persuadée d'être...
