Casque vissé sur les oreilles, je traverse les rues de Washington en faisant sauter ma queue de cheval au rythme de ma course. J'évite quelques piétons avant de m'engager dans le parc qui se trouve devant un bâtiment militaire, dont je ne connais pas la fonction. Concentrée dans ma course, je passe devant deux coureurs avant de m'engager autour des fontaines du parc. Le soleil se lève à peine à l'horizon, l'air est encore frai et peu pollué, le calme est encore le maître mot de cette zone du monde. C'est exactement ce dont j'avais besoin, un peu de calme. Vivre au Triskel n'est pas toujours une partie de plaisir, entre les agents qui pensent avoir le droit de faire la fête jusque trois heures du matin dans les couloirs, et les alarmes d'urgence de certaines unités d'interventions qui sonnent à des heures où on préfère dormir. Ce monde rempli de testostérone ne me plaît pas forcément, mais je suppose que ce n'est pas très différent qu'une base d'Hydra. Ces environnements sont souvent remplis d'homme, de violence et de sueur, rien de bien envieux.
Et pourtant, une partie de moi apprécie cet environnement. Une partie de moi aime être soldat, bien qu'il n'y ait rien de bien sain à l'être. Je suppose que le fait que ce soit la seule chose que j'ai faite dans ma vie doit jouer un peu. Si je tentais quelque chose d'autre, peut-être que je parviendrais à me dégager de ce monde peu agréable. Mais je n'en ai pas vraiment l'envie, pour le moment. Tout ça, cette vie, c'est un encrage que je ne peux pas me permettre de perdre pour le moment. Quitte à être bancale sur la pointe du petit orteil, mieux vaut ne pas supprimer ce qui me permet de garder le peu d'équilibre que j'ai. Inspirant profondément, je ralentis dans ma course avant de m'arrêter. Je retire mon casque et commence à m'étirer, reprenant mon souffle. Je ne sais pas combien de temps j'ai couru, mais le soleil est maintenant levé, indiquant au moins huit heures du matin. Une respiration haletante attire mon attention. Un homme à la peau sombre et aux cheveux courts et crépus ralentis sa course pour s'arrêter, à deux mètres de moi. Il lève son front ruisselant vers moi et tente d'en placer une, mais il semble essoufflé. Il me montre du doigt en souriant lorsqu'il arrive à reprendre son souffle.
« La vache, vous êtes une vraie fusée, rit-il. Vous m'êtes passée devant onze fois en l'espace d'un quart d'heure... et vous avez l'air d'encore péter la forme. Je veux bien qu'on échange nos poumons.
- Vous voulez mes poumons ? Et après, ce sera quoi, mes reins ?
- Eh bien, s'ils fonctionnent mieux que les miens, je ne dirais pas non. Je m'appelle Sam, et vous ?
- Logan. Vous avez l'air de tenir la forme... vous êtes soldat ?
- Ancien, j'ai raccroché. Et vous ?
- En quelques sortes. Je travaille pour le SHIELD.
- Ah, je vois... En fait, je vous ai vu glisser sur le bord du trottoir, alors je me demandais si vous alliez bien.
- Je crois que le trottoir a eu plus mal que moi. Je vais sans doute devoir me racheter une paire de basket, mais il n'y a pas mort d'homme.
- Tant mieux, alors. Essayez de faire attention, la prochaine fois. Une chute à trente kilomètres par heure sur le bitume, ça peut faire mal.
- Trente kilomètres par heure ? Je pense que vous me surestimez un peu trop. Je resterai bien un peu, mais il faut que je rentre.
- D'accord. Faites attention, sur le chemin. »
J'acquiesce et repars dans ma course. J'ai réussi à tenir une conversation avec un inconnu... sans lui faire peur. Steve et Natasha seront sans doute fiers de l'apprendre. Je prends le chemin pour retourner au Triskel. Une fois aux bâtiments, je prends l'ascenseur pour rejoindre la salle d'entraînement, où je compte bien faire quelques exercices avant d'aller prendre une bonne douche. Poussant la double-porte grise, je trouve une salle d'entraînement bien vide, pour une matinée habituellement animée. Je profite de l'absence des agents pour m'entraîner comme je l'entends, sans avoir à menacer des gens pour qu'ils détournent le regard de mon derrière musclé. Une autre facette de la vie en communauté qui m'agace au plus haut point : la sexualisation de la femme. Cette pensée me rappelle quelques passages de mon temps de servitude pour Lanski. Conditionnée, je n'avais pas conscience de tout ce qu'il faisait, et particulièrement que ses 'punitions' n'étaient en fait que des façons pour lui d'avoir une excuse pour me passer la main au cul. C'étaient des agressions sexuelles ; Lanski n'est qu'un véritable pervers qui attendait la moindre occasion pour pouvoir me regarder comme un objet sexuel. Dès qu'il en avait l'occasion, il effleurait mes courbes et plongeait son regard à des endroits où une personne respectueuse ne passerait pas plus d'une seconde de curiosité. Je ne me souviens pas de toute mon expérience à Hydra, mais j'imagine que j'ai dû subir ce genre d'agression plus d'une fois, sans pour autant me rendre compte que s'en étaient. Si qui que ce soit s'y tentait aujourd'hui, je lui arracherai le bras avant de le lui faire bouffer.
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LOGAN - MARVEL
FanfictionDans les pensées floues de Logan, l'humanité n'est qu'un mirage qu'elle ne semble pas capable de comprendre. Utilisée comme une arme par Hydra, conditionnée à être un soldat, elle ne connaît que la violence et le goût du sang. Alors persuadée d'être...
