Chapitre 14 : Steve et Natasha

1.9K 123 9
                                        

« N'oublie jamais ce que tu es, Logan. Rien d'autre qu'un petit joujou qu'on peut mettre sur ON et OFF en appuyant sur un petit bouton. Reste à ta place de toutou, n'essaie pas de jouer les héroïnes. »

Les muscles de mon dos se tendent, alors que j'émerge subitement du sommeil. Les yeux grands ouverts, je remarque que je suis allongée sur le dos, les bras sous la tête. Je me mets à tâter le lit pour retrouver ce que je tentais de protéger durant mon sommeil profond. Lorsque mes longs doigts touchent enfin la couverture froide du livre rouge, je soupire de soulagement. Il est encore là, en ma possession. Personne ne me l'a pris, donc personne ne peut l'utiliser contre moi. Le tenant entre mes mains, je me tente à l'ouvrir. La première page est blanche. Sur celle d'après se trouvent des caractères russes, affichant des phrases distinctes. Pourtant, lorsque je tente de les lire, je me vois incapable de reconnaître un seul mot. Les lettres se déplacent, s'emmêlent. Je cligne des yeux à plusieurs reprises, me pensant fatiguée, mais rien n'y fait. Me concentrer pour déchiffrer un seul caractère me donne aussi mal à la tête qu'un coup du bouclier de Steve, alors j'abandonne.

Je sais que ce livre renferme les secrets du conditionnement. Si je parvenais à le lire... qui sait, peut-être que je trouverais un miraculeux moyen de m'émanciper du conditionnement pour toujours. Mais plus je garde ce livre intact, plus j'augmente les risques d'une nouvelle soumission forcée. Alors, que dois-je faire ? Le détruire, ou tenter de le comprendre ?

Trois légers coups sont donnés contre la porte de la chambre, avant qu'elle ne soit timidement ouverte. Sam jette un œil dans ma direction. En se rendant compte que je suis réveillée, il ouvre totalement la porte et oublie la discrétion.

« Désolé, je ne savais pas si tu dormais encore, dit-il. Tu as dormi toute la journée, hier. Je pensais que tu avais peut-être encore besoin de repos.

- Quelle heure est-il ?

- Il est quatre heures trente du matin.

- J'ai l'habitude de me réveiller dans ces eaux-là... Mais toi, pourquoi est-ce que tu es réveillé à une heure pareille ?

- C'est l'heure à laquelle je me lève tous les deux jours pour aller faire un jogging matinal. Mais je suppose qu'avoir une personne en convalescence sous mon toit me donne une bonne raison de ne pas trop pioncer. Tu as perdu beaucoup de sang, et tu as dormi exactement... trente-et-une heure. J'ai de quoi m'inquiéter.

- Je vais bien, ne t'inquiète pas pour ça. Je suis certaine que j'ai déjà guéris de la plupart de mes blessures...

- Le fameux sérum de supersoldat, c'est ça ? Si c'est aussi ça qui te donne des poumons aussi résistants, je veux bien me faire piquer aussi.

- Je demanderai une seringue au prochain membre d'Hydra que je croiserai, plaisantais-je. »

Il ricane, s'appuyant sur l'embrassure de la porte. Bras croisés sur le torse, il se perd dans ses pensées quelques instants avant de me montrer la salle de bain du menton.

« Je comptais prendre une douche, en vérité. Alors en attendant, fais comme chez-toi. Mais je te conseille de ne pas sortir d'ici pour le moment, tu es tout de même recherchée par le SHIELD. »

J'acquiesce. Il récupère des vêtements avant d'aller dans la salle de bain. Je décide donc de me lever, gardant le livre dans mes bras. Je fais les cents pas dans le salon, jusqu'à ce que Sam revienne en me disant que je peux utiliser sa salle de bain, moi aussi. J'accepte volontiers, ayant du sang dans les cheveux et un clair besoin de me doucher. Je récupère donc les vêtements qu'il me prête avant d'entrer dans sa salle de bain. Je pose le livre sur le bord du lavabo, me déshabille, et entre sous la douche. Tout en me lavant et me rinçant, je garde les yeux rivés vers cet amas de feuille dans une couverture rouge. Et si je le lisais, plutôt que de le brûler ? Une fois toutes les connaissances acquises, je pourrais le détruire sans regret. S'il renferme la clef de la sortie du conditionnement, je dois l'avoir.

Une fois lavée, je me sèche et enfile les vêtements empruntés à Sam. Enfin... je doute qu'ils soient vraiment à Sam. Le bas est un legging de sport assez serré, noir et bleu, et le haut est un teeshirt dans lequel je peine à respirer. Me regardant le miroir, je tente d'ajuster les vêtements. Je n'ai vraiment pas l'habitude de porter des choses aussi serrées, mais ce n'est pas comme si ça ne m'allait pas, au final. Mes chaussettes et chaussures enfilées, je rejoins la cuisine en tenant le livre contre ma poitrine.

« Eh, Sam. Je ne sais pas à qui sont ces vêtements, mais ils ne sont clairement pas à toi.

- Ah, non, je ne rentrerai pas dedans. Ils sont à une vieille amie, disons. Elle n'a jamais demandé à les récupérer, et je ne pensais pas qu'un jour, ils seraient utiles.

- J'ai l'impression d'avoir la poitrine compressée dans son teeshirt. »

Il se tourne vers moi, puis me regarde de haut en bas sans grande discrétion.

« Elle est plus petite et plus fine que toi, à vrai dire. Mais c'était soit ça, soit l'un de mes treillis. Et honnêtement, je doute que ça aurait pu t'aller. Par contre, pour le haut, je peux te prêter l'un de mes teeshirts si tu veux.

- Je veux bien. J'ai quand même l'air ridicule avec un legging et des bottes de combat.

- Je trouve que ça te donne un certain style. Du genre... la militaire en repos qui a déjà envie de reprendre du service. »

Je lève les yeux au ciel. J'allais m'assoir au bar lorsque quelqu'un frappe vigoureusement à la porte. Je fais un pas en arrière, méfiante.

« Tu attends de la visite ?

- Non. Et sûrement pas à cinq heures du matin. Mets-toi à l'abri, dans le couloir. Si tu m'entends dire ananas, sors par la fenêtre de ma chambre.

- Je vois mal comment tu peux caser ce mot dans une conversation banale...

- Je trouverai. Allez, caches-toi. »

J'acquiesce et fait ce qu'il me demande. Je me mets dans le coin du couloir, afin de pouvoir entendre ce qui se passe. Sam va ouvrir la porte.

« Hey... »

La personne semble essoufflée. Et j'ai l'impression de connaître sa voix.

« Salut... ? Lâche Sam.

- Il nous faut un endroit pour faire profil bas, quelques heures.

- Toutes les personnes que nous connaissons essaient de nous tuer.

- Pas tout le monde. Entrez. »

Je fronce les sourcils. J'entends Sam faire quelques pas en arrière, et deux paires de chaussures frôler le sol. En me penchant discrètement, je me rends compte qu'il s'agit de Steve et Natasha. Rassurée, je me détends. Ils sont dans un piteux état, couverts de suie, et semblent tous deux fatigués.

« A croire que tous les criminels du coin veulent trouver refuge ici, plaisante Sam.

- Comment ça ? Demande Steve. Tu as vu quelqu'un d'autre ? »

Il fait un signe de tête vers moi, alors que je sors totalement de ma cachette. Steve soupire de soulagement en me voyant, alors que Natasha se détend à vue d'œil.

« Logan, disent-ils en même temps.

- Surprise, grommelais-je.

- Est-ce que tu vas bien ? Questionne Natasha. On était vraiment inquiets, qu'est-ce qui s'est passé ? »

Je lui montre le livre que je tiens encore contre ma poitrine.

« La psychiatre avait ça. Elle voulait me conditionner. Je l'en ai empêché. Fin de l'histoire. Et vous, qu'est-ce qui vous arrive ? Vous faites pitié à voir. Vous vous êtes pris un building en pleine face, ou quoi ?

- C'est une longue histoire, soupire Steve. »

Une longue histoire... ? Quoi qu'il advienne, il faudra bien que vous nous la racontiez. Quitte à plonger à quatre dans les ennuis, autant que tout le monde soit au courant des moindres détails.

LOGAN - MARVELDes histoires addictives. Découvrez maintenant