Chapitre 37

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Martin avait été sincère en me laissant le temps de m’installer, et je voulais croire que ses intentions étaient véritablement protectrices. Cependant, l’adaptation à cette nouvelle vie me semblait être un défi colossal. Le luxe environnant contrastait fortement avec l’oppression que je ressentais, une cage dorée qui m’étouffait malgré ses apparences séduisantes.

Le lendemain matin, je me levai tôt, déterminée à prendre un moment pour moi avant que la routine imposée ne commence. Je décidai de me promener dans le jardin de la maison. Le soleil se levait à peine, baignant le paysage de ses premiers rayons. Le jardin était magnifique, un havre de paix qui, pour un instant, me permettait d’oublier la surveillance constante et les règles strictes.

Tout en marchant, je réfléchissais aux paroles de Martin. Sa volonté de me protéger était évidente, mais la liberté avait-elle vraiment un prix que je pouvais accepter ? Chaque aspect de cette maison semblait conçu pour créer un cocon de sécurité, mais la question demeurait : à quel point cette sécurité était-elle un piège ?

Le bruit léger d’une porte qui s’ouvre me fit revenir à la réalité. Je vis Martin s’avancer vers moi, l’air visiblement préoccupé.

— Je voulais m’assurer que tu allais bien, dit-il, ses yeux scrutant les environs comme s’il cherchait des signes de problème.

Je lui adressai un sourire que je voulais rassurant, même si je savais qu'il était probablement inutile.

— Je vais bien. J’avais juste besoin de prendre l’air un moment, loin de tout ça.

Il hocha la tête, comme s’il comprenait, mais ne pouvait pas totalement effacer son inquiétude.

— Je suis content que tu te sentes à l’aise ici. Mais n’oublie pas que si tu as besoin d’espace ou de parler, je suis là.

Je le remerciai et continuai ma promenade. Les intentions de Martin semblaient sincères, mais chaque étape de ce voyage demandait des compromis que je n'étais pas encore prête à accepter entièrement.

Lorsque je rentrai à l’intérieur, la maison était déjà animée par les activités du matin. Les membres de l’équipe de sécurité se déplaçaient silencieusement, leurs yeux observant tout ce qui se passait. Je réalisai que ce monde était construit autour de la surveillance et du contrôle, mais que j’avais aussi un rôle à jouer dans la création de ma propre place.

Le défi était désormais d’apprendre à naviguer entre ces contraintes et de trouver des moments de liberté, même minimes, qui me permettraient de préserver ma dignité et mon identité. Je savais que la route serait semée d’embûches, mais j’étais résolue à faire de mon mieux pour transformer cette prison dorée en un espace où je pourrais, malgré tout, me sentir un peu plus chez moi.

Plus tard, j'étais allongée autour de la piscine, profitant du soleil lorsque mon téléphone sonna. Je jetai un regard furtif avant de décrocher.

— Allô ?

— Jacky ?

Dit une voix étrange à l’autre bout du fil.

— Oui, qui est-ce ?

— C'est Dik...

— Dik ?

— Oui, ne me dis pas que tu as oublié ton frère aîné.

— Non, non... mais...

— Papa veut te voir. Depuis ton départ de la maison, il s'en veut terriblement et cherche à se faire pardonner.

Je ressentis une douleur aiguë dans le cœur. Tout ce que je vivais en ce moment était à cause de lui. Il m'avait vendue pour payer sa dette, et aujourd’hui j'étais l’épouse d’un homme que je n’avais pas choisi, vivant une vie tracée au millimètre près.

La seconde d'après, je me redressai lentement, cherchant mes mots. La chaleur du soleil semblait s’être évaporée, laissant place à une fraîcheur glaciale.

— Que veux-tu que je fasse, Dik ?

— Je sais que ce n'a pas été facile pour toi. Je voulais simplement te dire que je suis désolé pour tout ce qui s'est passé. Papa ne cesse de nous parler de toi. Il veut réparer ses erreurs. Peut-être qu'il est temps pour nous de parler.

— Parler ? Réparer les erreurs ? C'est un peu tard pour ça, non ?

Dik semblait hésiter un instant avant de répondre.

— Je comprends que tu sois en colère. Mais je suis prêt à tout faire pour t'aider à sortir de cette situation. Nous devons trouver un moyen de réparer les choses.

Je restai silencieuse un moment, essayant de comprendre ce qu'il me proposait. J'étais sceptique, mais une partie de moi espérait une lueur d'espoir.

— D'accord, dis-moi ce que tu as en tête, mais je ne fais aucune promesse.

Dik prit une profonde inspiration avant de continuer.

— Écoute, je sais que ce n'est pas facile de faire confiance après tout ce qui s'est passé. Mais voici ce que je propose : je vais te mettre en contact avec des personnes qui pourraient t'aider à revoir ta situation. Je ne sais pas exactement comment cela se passera, mais je suis prêt à te soutenir, pour t'aider à retrouver ta liberté.

Il marqua une pause, puis ajouta :

— Il faudra que tu me fasses confiance, même si c’est difficile. Je veux réparer ce que je peux, même si je sais que ça ne pourra jamais tout effacer.

Je sentis une lueur d’espoir mêlée à un flot de scepticisme. Pour la première fois depuis longtemps, je me demandai si une échappatoire était réellement possible.

— Très bien, je suis prête à écouter. Quels sont les prochains pas ?

Dik sembla soulagé et se mit à expliquer en détail ce qu'il avait en tête, tandis que je l'écoutais attentivement, cherchant à discerner la vérité derrière ses paroles.

POURQUOI J'AI TUÉ MON MARI ?Où les histoires vivent. Découvrez maintenant