Trois jours s'étaient écoulés depuis ma visite de l'appartement. Trois jours que mon moral était au plus bas. Je n'avais envie de rien, ne mangeais presque plus et refusais toutes sorties que mes amis proposaient en prétextant que j'étais malade ou bien fatiguée, ce qui quelque part n'était pas réellement un mensonge.
Je n'arrivais plus à dormir. Dès que je fermais les yeux, des visions de ce maudit jours me revenaient, et je repartais dans une énième crise. Je ne comptais même plus le nombre de fois où je m'étais écroulée au sol, domptée par mes pleurs.
La seule chose que je voulais faire était de rester enfermée seule dans mon appartement. Je n'avais envie de voir personne.
Je savais qu'être renfermée sur soi-même n'était pas la bonne solution. Mais personne n'était au courant de mon histoire, et je n'avais pas envie de me dévoiler aux autre pour qu'au final, ils me portent des regards remplis de pitié ou même de gêne. Alors je restais muette, à attendre que la douleur s'estompe avec le temps. Il était le seul remède pour m'apaiser.
De plus, le poids du regret venait s'ajouter à celui du deuil.
La simple pensée que tout aurait pu être évité si j'étais rentrée plus tôt me détruisait encore plus. J'aurais pu tout empêcher si j'avais été là quand il le fallait. Tout était de ma faute.
Plus rien ne me retenait dans ce monde. Je n'avais plus de famille, pas de copain, pas de vieux amis. Si je me battais encore aujourd'hui, c'était pour elle. Je voulais lui faire honneur. Je voulais être la femme qu'elle rêvait que je devienne. Que je sois épanouie et heureuse, c'est tout ce qu'elle souhaitait pour moi. Cependant, ce combat me semblait de plus en plus ridicule. Même si je désirais de toutes mes forces rendre fière ma mère, je n'avais aucun projet, aucune ambition. Je me laissais simplement porter par le temps, sans prendre en main mon avenir.
Si, j'avais un métier. Danseuse à gogo dans une boîte de nuit. C'était ironique, je voulais à tout prix rendre ma mère fière, mais me ridiculisais quatre soirs par semaine devant des centaines de personnes, à me dandiner telle une chatte en chaleur, à aguicher les hommes afin de recevoir le plus d'argent possible.
Peut-être qu'après tout, Natsu avait raison. Peut-être que je n'étais qu'une pute en quelque sorte. J'imaginais le visage déçu de ma mère si elle aurait pu apprendre ça. Voilà maman, c'est comme ça que j'ai terminé en survivant dans ce monde.
Ah, comme elle était belle la vie. Une bien belle saloperie, oui. Je ne savais même plus pourquoi je m'accrochais si c'était pour que tous les soirs je sois effrayée par le lendemain.
Enfin, il ne fallait pas que je me laisse aller. Je traversais simplement une mauvaise phase.
Cette liberté que j'avais aujourd'hui, celle d'être indépendante et de vivre seule dans mon propre appartement. J'en avais tant rêvé en étant jeune. Maintenant que je l'avais, je n'étais toujours pas heureuse. Éternellement insatisfaite.
Enfin bref, aujourd'hui nous étions dimanche. Et qui disait dimanche disait travail. Dans la boîte aussi, mon état n'était pas passé inaperçu. Tout comme avec mes amis d'ailleurs. Je ne comptais plus le nombre de fois où la question "Ça va?" m'avait été posée. Ma réponse était toujours la même "Oui, je suis juste un peu fatiguée en ce moment". Les gens comprenaient généralement que ça ne servirait à rien d'aller plus loin, alors il me laissaient seule, enfermée dans mon mutisme. Et honnêtement, je les remerciais de ne pas remuer le couteau dans la plaie.
Sinon, pour parler un peu de Natsu, je déduisais qu'il avait compris que je n'étais pas apte à jouer avec lui ces derniers temps. Il ne s'amusait pas à me chercher, ou même à me provoquer. Il m'ignorait simplement et c'était beaucoup mieux comme ça. D'ailleurs, jeudi et samedi soir il n'était pas venu m'embêter à la boîte. Ce qui était quand même extraordinaire. Enfin, j'espérais sincèrement que ça allait durer.
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Un Jeu Malsain
FanfictionElle est détruite. Lui est anéanti. Elle le perçoit comme le diable. Lui la voit comme un simple jeu. Alors que chantage, coup-bas et animosité guident leur relation, que se passera-t-il lorsque tous deux remarqueront qu'ils sont au seuil de la mort...
