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Mon chèque de 759€ en mains, je me demanda si je devais le donner en main propre à Tarik ou le déposer dans sa boîte aux lettres

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Mon chèque de 759€ en mains, je me demanda si je devais le donner en main propre à Tarik ou le déposer dans sa boîte aux lettres.
D'un côté, je savais que la plupart des gars, impliqués dans le traffic de drogue dans le quartier n'utilisaient leurs boîtes aux lettres que pour cacher leur marchandise au cas où la police ferait une descente, c'était donc peu judicieux que je dépose le chèque dans la boîte. Si quelqu'un d'autre que Tarik avait le malheur d'ouvrir la boîte aux lettres et tomber sur le chèque, je pouvais dire adieu à mes 759€, et Tarik aussi d'ailleurs.
Mais d'un autre côté, je me voyais mal débarquer chez Tarik, me plantant comme une fleur devant sa porte, lui tendre le chèque en m'en aller. Je ne savais même pas si il était chez lui en plus.
Nabil était au centre pour l'après midi, il avait sa prise de sang à faire et il voulait passer une heure avec un pote qu'il s'était fait la bas depuis que j'étais partie.
J'imaginais toutes les solutions possibles, assises sur les marches du palier de Tarik, fixant le cheque entre mes mains. Peut être que je pouvais le glisser sous sa porte. Comme ça, il n'avait pas à me remercier, et je n'avais pas a le voir.
Je pouvais aussi le faire passer à Nabil, qui le passerai à son frère, ça serait bien plus pratique. Mais non, c'était mon chèque, ma sorte « d'excuse » après que ma sœur ai légèrement cassé sa voiture, c'était à moi de lui remettre.
Peut être que je pouvais le glisser sur le pare brise de sa voiture, comme ça il le verrais des qu'il s'en servirait. Et on n'aurait pas à se voir du tout.
Ou peut être qu'il était en bas du bâtiment C, donc qu'il me verrait obligatoirement sortir.
J'étais complément paumée. Je savais pas du tout quoi faire.

Je n'eut pas le temps d'y penser plus longtemps que la porte d'entrée de Tarik s'ouvrait d'un coup, me faisant sursauter. Il était là, juste en face de moi. Lorsqu'il me voyait, ses sourcils se fronçaient. Il devait sûrement se demander ce que je foutais la, assise devant sa porte comme une idiote.

-Salut, disais-je doucement

-Salam

-Tiens, j't'ai ramené ça

Je lui tendais le chèque, qu'il attrapait, suspicieux. Quand il comprenait de quoi il s'agissait, il pouffait avant de me le tendre.

-J'en veux pas, il disait

-T'es sérieux?

-Au calme, c'est bon j'ai trouvé les thunes. J'vais au garage la justement

-Hm...mais, t'es sur tu veux pas le chèque? C'est ma sœur qui t'ai rentré dedans donc, j'pense que c'est à moi de donner les sous, expliquais-je timidement

-C'est bon tranquille, ça va

-J'insiste, j'veux qu'tu le prenne. En plus, vu qu'apparemment j'suis blindée, c'est pas 759€ qui vont m'ruiner. Prends le Tarik

Ma deuxième phrase le faisait ricaner. Il semblait de bien meilleure humeur que la dernière fois que je l'avais vu. Ou peut être que je le voyais juste différemment depuis ce que Nabil m'avait dit. Je n'en savais rien.

Dans le noir -Tarik AndrieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant