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Sarah m'avait convaincu de la suivre jusqu'au marché de la ville pour acheter de quoi faire à manger aujourd'hui

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Sarah m'avait convaincu de la suivre jusqu'au marché de la ville pour acheter de quoi faire à manger aujourd'hui. On avait donc quitté la maison toutes les deux, laissant les autres s'occuper à la maison. Il faisait plutôt beau aujourd'hui, assez pour que je n'ai pas à mettre mon manteau, j'avais simplement emprunté une veste à Tarik, qui de toute façon n'en n'avait pas besoin puisque ce fou ne craignait apparement pas le froid.
Sur la route jusqu'au marché, Sarah conduisait a ma gauche, faisant tapoter ses doigts contre le volant au rythme des chansons qui passaient à la radio. J'aurais préféré qu'elle écoute Que la Famille, je me demandais si elle l'avait déjà fait d'ailleurs.

-Je voulais pas t'embêter avec ça hier soir, t'avais l'air morte de fatigue en montant, mais je m'excuse du comportement de René, disait-elle dans une grimace de gêne

-Y a pas de soucis, c'est pas grave, souriais-je poliment

-Il est toujours craintif quand ça touche ses enfants, même si il leur fait confiance. Il veut être sûr que les gens qui les entourent sont des bonnes personnes, et il lui faut son petit temps d'adaptation et de compréhension. Mais ça s'arrangera avec le temps, il est pas toujours aussi grognon et sauvage

-C'est vraiment pas grave, je comprend. Tarik m'avait prévenu, je savais plus ou moins à quoi m'attendre

-Mais je parie que tu t'attendais quand même pas à un tel cinéma, souriait-il

Franchement, absolument pas. Le dîner de la veille avait faillit me faire vriller une bonne douzaine de fois, mais j'avais tenté de garder mon esprit clair pour faire bonne impression et surtout, ne pas entre en confrontation avec le père des deux frères. Tout se passait très bien jusqu'à ce qu'il ne rentre. Une fois qu'il avait passé le pas de la porte, Tarik était redevenu muet comme une tombe, n'ouvrant que très rarement la bouche, Nabil s'était soudainement calmé, comme si il avait perdu sa bonne humeur en une fraction de seconde, et bien qu'il continuait à parler quand même, il n'avait plus la même tonalité joviale que quand son père n'était pas là.
Nélia et moi avions aidés Sarah à mettre la table et sortir les plats du four, puis nous avions commencés à manger, dans un silence de mort dans les premières minutes. Nélia et moi nous étions échanges des grands regards de gêne et de détresse à de nombreuses reprises, voulant visiblement toute les deux sortir de cette situation gênante, mais ce fut encore pire quand René prit la parole.

Il avait commencé par Nélia, la questionnant sur sa vie, les études qu'elle avait fait, son travail, ses intentions envers Nabil, ce qu'elle pensait de son passé, etc. A ce sujet la, j'ai manqué de m'étouffer avec mon poulet, me rappelant que Nabil m'avait dit qu'il n'avait pas encore raconté tous les événements de son passé, qu'elle n'était pas encore au courant de tout, et j'avais eu peur pendant un instant que René ne dévoile tout ça, créant un fiasco. Mais Nabil était intervenu en calmant le jeu, jusqu'à ce que René ne se décide à s'arrêter sur moi.

Dans le noir -Tarik AndrieuDes histoires addictives. Découvrez maintenant