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-Nan mais ça m'casse le tête j'te jure, j'veux arrêter l'école, bougonnait Yanis en boudant comme un enfant
-C'est pas une solution, et en plus tes frères te tueraient
-Ouais ça c'est vrai, avouait-il. Mais t'imagines, encore trois ans d'lycée après? J'survivrais jamais moi, c'est trop. En plus laisse tomber les gens d'mon bahut ils sont chelous, ils viennent d'une autre planète c'est pas possible autrement
-Si au lieu de te plaindre tu me lisait l'énoncé de ton devoir? Parce que sinon on peut passer des heures au téléphone mais je dois rejoindre Nabil dans moins d'une heure là
-Vous allez faire quoi?
-On va manger et après on passer l'après-midi tous les deux, il veut me parler d'un tric important apparemment
-Putain ça y est il a enceinté une go!
-Mais aucun rapport, t'es à l'ouest toi, pouffais-je
-Quoi? Si ça s'trouve j'ai raison
-Bon, lis moi ton énoncé là
Yanis m'avait appelé en facetime pour que je l'aide sur un devoirs d'espagnol. Un mois qu'il avait quitté le quartier, un mois qu'on se connaissait mais pourtant, pas un jour ne passait sans qu'il ne m'écrive. Ça faisait aussi un mois que Tarik était rentré. Pas grand chose n'avait changé entre nous depuis, si ce n'était que les choses devenaient de plus en plus ambiguës. J'avais la nette impression qu'on agissait comme un couple, dans notre façon de s'écrire plusieurs fois dans la journée quand on ne se voyait pas pour prendre des nouvelles et chercher à se voir, ou de nous embrasser à tout bout de champs dès qu'on passait du temps ensemble. J'y pensais souvent, dire que je n'y pensais pas serait mentir, j'étais consciente qu'à un moment ou à un autre on allait devoir avoir une discussion par rapport à cette relation si étrange qui nous liait, mais pour autant, je préférais retarder ce moment. Les choses étaient bien ainsi, je ne ressentais pas vraiment le besoin de mettre un mot sur "nous". Je préférais laisser les choses se faire naturellement, sans prise de tête, sans trop réfléchir. J'étai plutôt d'avis à laisser le temps faire les choses, voir comment tout ça allait évoluer, avant d'avoir une discussion formelle à ce sujet.
-Tu vas sûrement voir ton frère débarquer dans une minute, j'ai déjà dix minutes de retard là, grognais-je en enfilant me chaussures, tout en lui disant quoi écrire
-Mais c'est toi t'as voulu écrire un roman là! J't'ai dis y avait pas besoin d'autant!
-Si tu veux une bonne note, bien-sur que si y a besoin d'autant, expliquais-je
-Après con sus familias je met quoi?
-En la calle
-Mais calle ça veut pas dire tais-toi? demandait-il en fronçant les sourcils