Chapitre 9

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Le trajet se passe en silence et, étonnement, il paraît même stressé, ce qui est, à vrai dire, étonnant. Je ne pense pas être si intimidante que ça. D'autant plus que, je l'avoue, moi aussi je suis un peu stressée. C'est la première fois qu'un garçon s'intéresse à moi et m'invite quelque part.

-J'espère que tu aimes l'italien, me lance-t-il pour couper ce blanc gênant.

-J'adore manger italien. Si je pouvais manger tous les jours, crois-moi je le ferais, prononçais-je un peu trop rapidement.

Je regrette immédiatement les paroles que je viens de lâcher. J'en ai trop dit. Il va penser que je suis sûrement une personne accro à la nourriture qui ne vit que pour la nourriture italienne, honnêtement, peut-être que dans son esprit ce n'est pas forcément très flatteur. Je ne le connais pas encre assez pour plaisanter comme ça avec lui et, de plus, il est évident qu'il ne parle pas dans l'espoir que l'on soit amis.

-Content que ça te plaise alors, me répond-il simplement.

Je suis déçue de sa réponse. Mais, en même temps, à quoi je m'attendais ? Qu'il rigole. Non, il n'y avait rien de drôle.

Nous arrivons rapidement devant un grand restaurant. Rien qu'à la vue de la façade, je devine immédiatement que ce n'est pas un fastfood. Tant mieux. Et je comprends également que ce n'est pas un restaurant de luxe. Tant mieux car, de toute façon, je ne sais pas comment j'aurais dû me comporter. Au moins ça m'évite de nombreux autres moments gênants.

Nous nous garons et nous entrons dans l'établissement. Nous nous asseyons à une des tables tout au fond, juste à côté d'une fenêtre et, juste devant un aquarium ou nage un seul petit poisson solitaire.

Je sens son regard sur moi mais, pour éviter d'être gênée, je décide de prendre la carte du restaurant posée devant moi et de commencer à analyser chaque plat pour savoir lequel choisir. J'avoue que je suis encore perturbée par ce qu'il s'est passé avec Aaron tout à l'heure. Je repense à son sombre regard se poser sur moi. Je repense à ses grandes mains reboutonner ma chemise. Je sens le rouge me monter aux joues. La gêne m'envahit et à ce moment-là, je pris pour que Jace ne lise pas dans mes pensées.

Non, réveille-toi.

-Tu vas bien, Amy ? Je te sens bizarre, me demande-t-il inquiet.

Non.

-Oui, oui, oui, très bien, ne t'inquiète pas, répondis-je avec un débit beaucoup trop rapide ce qui trahi mes pensées.

Mais, par chance, il n'insiste pas plus. Honnêtement, je ne sais pas comment j'aurais pu lui expliquer ce que j'avais en tête.

-Bon, moi je vais prendre des spaghettis bolognaises. Je te les conseille, elles sont excellentes. Me conseille-t-il.

Je continue d'analyser la carte, et finalement, je décide de prendre la même chose que lui.

-Oui, je vais prendre la même chose que toi. Tu connais mieux cet endroit que moi, de toute façon.

Il me sourit et appelle la serveuse. Elle vient prendre nos commandes.

-D'où viens-tu ? Me demande-t-il. J'ai remarqué ton accent. Tu es américaine ?

J'imagine que c'est le moment de parler de ma vie d'avant.

-Oui, je suis américaine.

-Que fais-tu ici, alors ? Continue-t-il, intrigué.

Je n'ai pas envie de répondre et, je ne sais pas pourquoi. Avant même d'avoir commencé, cette conversation m'ennuie.

DesideriumOù les histoires vivent. Découvrez maintenant