Chapitre 55

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Elle ouvre la porte avec la carte magnétique puis entre. Elle s'empresse directement vers sa valise. J'imagine qu'elle doit en avoir marre même si elle lui allait comme un gant.

Elle fouille puis en sort un pantalon large et un sweat ainsi que des sous-vêtements puis, ses produits pour sa toilette.

Elle le parvient pas à prendre toutes ses affaires et essaie de les ramasser maladroitement alors, je me décide de l'aider. Une fois arrivés à la salle de bain et que toutes ses affaires sont posées, elle pose sa main sur son front et soupire. Je vois ses yeux rougir à nouveau. Alors, sans même réfléchir, comme si j'agissais par instinct, je la prends dans mes bras.

Lorsque je la sens légèrement calmée, je l'aide à enlever ses vêtements puis, j'enlève les miens. J'allume l'eau puis lorsqu'elle est enfin chaude, nous nous glissons dessous. Je continue de la serrer dans mes bras.

Je l'entends pleurer puis, petit à petit, elle arrête. Je prends son visage entre mes main, dégage quelques une des mèches de ses cheveux puis, déposé un chaste baiser sur ses lèvres avant d'en déposer un sur son front.

Je l'aide à se doucher, comme si elle n'en n'étais pas capable elle-même. Mais, je voulais juste m'assurer qu'elle aille "bien". Je voulais juste être avec elle. Je ne veux pas qu'elle se sente seule. Je suis là.

Lorsque nous avons fini, je l'enveloppe autour de la serviette chaude puis, la porte et la pose à côté du lavabo, sur le meuble.

Je m'entoure de la serviette à mon tour puis, l'aide à s'habiller. Pendant ce temps, elle en profite pour me poser les questions qui lui trottent dans ma tête depuis bien longtemps maintenant.

- Comment se fait-il qu'ils aient perdu la mémoire ?

Elle passe le bras dans la manche et attend ma réponse. Je ne peux que lui répondre. De toute façon, je lui avais promis.

- Mon père avait fait semblant d'aller dans une fac de science pendant quelques semaines. Il avait repéré le surdoué. Alors, sans scrupules, il l'a kidnappé. Il lui a fait part de son projet concernant la formation de soldat à sa guise. Il a eu de la chance de tomber sur un tordu comme lui. Ils ont donc passé des années à développer ces cabines. Puis, ç'a donné ce résultat-là.

Elle hoche la tête, assimile, analyse ce que je viens de lui dire.

- Quel est le nom de ce scientifique ?

Je fronce les sourcils puis me souviens enfin.

-Il est mort. Mon père l'a tué.

Sa tête se transforme par la surprise.

-Que s'est-il passé ?

-Mon père l'a tué après qu' est compris le fonctionnement de ces cabines et comment les construire. Le scientifique prévoyait de faire part de ses idées à l'état car in pensait gagner beaucoup plus d'argent qu'avec mon père, expliquais-je, me rappelant moi-même de certaines scènes qu'il y a dans ma mémoire.

Je suis certain qu'Amy voulait retrouver le scientifique. Mais, j'ai déjà essayé en me disant que lui seul trouvera comment soigner les prisonniers de la cabine. Mais, malheureusement, il n'est plus là. Ils sont condamnés à jamais. Du moins, je crois.

-Et Ellia ? Tu m'avais dit que c'était compliqué.

Je soupire, et serre les poings malgré moi en me rappelant comment j'ai perdu ma petite sœur. Je me souviens de comment les folies de mon père ont clairement tué ma sœur qui n'avait rien demandé.

-Quand ma sœur est née, mon père n'était pas content. I voulait un garçon. Alors, il n'a pas voulu d'elle. Il l'a donné à une famille de mauvaise fréquentation. Ma mère l'a récupéré en cachette et quand mon père l'a aperçu, il lui a mené la vie dure. À 11 ans, il a organisé son viol. Quand c'était fini, il lui a dit que c'est ce qu'il fallait faire pour gagner son amour.

Je marque une pause, me rendant compte enfin de tout ce que je révèle. C'est la toute première fois que j'ose confier cela à quelqu'un et, je dois avouer que je n'apprécie pas l'expérience. Ça me met dans un état particulier.

Je n'ose même pas regarder Amy. Mes yeux fixent le sol marbré qui paraît beaucoup trop propre et beaucoup trop brillant.

Je soupire et reprends ma tirade.

-Mon père prostituait en quelque sorte ma sœur. Elle acceptait car elle voulait avoir son attention, attention qu'elle n'a jamais eu entre moi et tous ses ennemis. Alors, elle a développé un complexe d'infériorité et s'est mise à détester toutes les personnes auxquelles mon père s'intéressent. Donc toi également.

J'ose enfin lever la tête vers pour voir comment elle prend la nouvelle.  Ses mains s'appuient sur le meuble. Elle respire lourdement. Elle paraît choquée.

-Je... Comment c'est possible qu'un père fasse ça à son propre enfant, s'exprime-t-elle.

-Mon père est malade, Amy. C'est putain de psychopathe. In s'en fou complètement. Enfant ou non.

Elle s'apprête à dire autre chose mais je le coupe.

-Mais ne t'inquiète pas, il ira bientôt en prison.

Elle lève les yeux vers moi et m'interroge du regard.

- Je ne vais pas le contenter de prendre son entreprise. Non, il va payer plus que ça.

-Comment peux-tu être sûr qu'ils ne t'enverront pas en prison aussi ? Me demande-t-elle, inquiète.

- Tu sais, Amy, l'argent rend les gens complètement fous. Or, j'ai de l'argent. J'ai le pouvoir de rendre les gens fous. C'est simple.

Elle comprend immédiatement que la police est avec moi. Déjà car je les ai soudoyé comme il se doit. De deux, parce qu'il y a énormément de preuve à chargés contre mon père et, de trois, car on a passé un marché concernant les armes.

- Ils ont mon argent et je leur fournis également des armes. Puis, une fois, je les ai surpris en train d'acheter de la drogue à l'un de leurs anciens détenus, ce qui est formellement interdit et, si cela se sait par la police fédérale, tu t'imagines bien les conséquences. Donc, ils ont tout intérêt à être de mon côté, lui déballais-je mes plus humbles secrets.

Je ne sais pas si me confier m'a fait du bien. La seule chose qui change maintenant est que je ne suis plus le seul à savoir ça. Comment suis-je censé me sentir ? Soulagé ? Non, je ne le suis pas. Je suis énervé mais, j'essaie de ne pas le montrer. Je suis énervé contre mon père qui a fait des dégâts considérables.

Néanmoins, je me dis que j'ai fait le bon choix. J'ai fait le bon choix, un peu trop tard, certes, mais c'était le bon.

Amy termine de s'habiller puis, je fais de même. Nous sortons tous les deux de la salle de bain. Je reste debout, perdu dans mes pensées.

Je me demande ce que nous sommes censés faire. J'hésite à rester là, pour notre sécurisé.

Amy s'est assise sur le lit et me regarde, attendant que je m'exprime.

- Que fait-on maintenant ?

Je réfléchis encore quelques secondes avant de regarder ses yeux de couleur émeraude. Je prends mon téléphone et remarque que j'ai enfin reçu le message que j'attendais.

-On va faire un petit coucou à mon père.

***

Hello Hello tout le monde ! Vous allez bien ? Je vous poste le 55 ème chapitre de cette histoire. On se rapproche petit à petit de la fin. L'histoire se démêle. On commence à en savoir un peu plus sur ce qui se passe réellement.

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