Calista Soprano et ses pensionnaires allaient bientôt repartir. Collin s'installa au fond du minibus près de Calvin. Les autres restèrent dehors, à côté des portes coulissantes encore ouvertes. Il était presque midi et leur transport était garé en plein soleil, l'air à l'intérieur de l'habitacle était irrespirable.
Calista écrasa sa cigarette sous son pied et cracha sa fumée tout en les observant distraitement. Tom s'approcha.
— Prête ?
Elle hocha la tête. Il osa un sourire.
— Tu es sûre d'avoir dessoûlé ?
— Non, mais ça sera pas la première fois.
Tom garda le silence un instant, balayant des yeux le paysage. Le coin était assez tranquille et entouré de verdure. Il était étrange de trouver le début d'une piste de randonnée entourée de quelques palmiers à côté de la deuxième maison close la plus célèbre de Liverport.
— Je voulais savoir comment tu allais.
— Je vais bien.
— Vraiment ?
Elle détacha son regard des garçons pour le consulter.
— Et... c'est pas bizarre avec Raphaël ?
Calista sourit. Ce n'était en aucun cas un sourire joyeux. Sa langue claqua sur son palais en même temps qu'elle haussait les sourcils.
— C'était bizarre au début. Ça va mieux maintenant. J'ai fait la part des choses.
— Personne dans ta vie alors ?
Elle secoua doucement la tête.
— Non.
— T'as peur que ton frère essaye de tuer tes prétendants ? Plaisanta Tom.
Le sarcasme n'échappa pas à Calista. Louka avait prétendu avoir tué Vincent durant toutes ces années, certainement pour que personne ne pose de questions. Il avait préféré sa rancœur plutôt qu'elle ait l'impression d'avoir été abandonnée.
Elle cligna pour chasser les larmes.
— On se revoit bientôt, affirma-t-elle.
Elle l'enlaça.
— Tu me fais de la peine, enfermée dans ton bordel, dit-il en lui caressant l'épaule.
— Si tu venais plus souvent, tu aurais moins de peine.
Elle se décolla de lui.
— J'en prends bonne note.
Quand le minibus reprit sa place dans le garage, Louka était là pour les accueillir. Il fit un signe de tête à sa sœur qui constata qu'il était au téléphone.
— On se voit plus tard ? Proposa Astrid.
— Je suis libre maintenant.
Il entendit le sourire dans sa voix quand elle lui répondit.
— Tu sais où me trouver.
Calista claqua sa portière plus fort que nécessaire.
— Ça a été ? Demanda Louka.
Elle l'ignora, le gratifiant d'un regard noir et poursuivit sa route. Raphaël remarqua une moto partiellement recouverte d'une bâche.
— Quelqu'un fait de la moto ici ? Demanda t-il.
— Non, répondit froidement Louka.
Lino consulta sa montre et se passa les doigts dans les cheveux. Son interlocuteur afficha une moue triste. Ils étaient assis en terrasse d'un restaurant sur la plage.
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Liverport
General FictionEnrôlé de force dans une maison close, Raphaël est confronté à Lino, le mafieux captivant qui règne sur la ville de Liverport, île connue pour sa festivité et sa lascivité. Deux ans après la disparition de son père, Lino se trouve contraint de pren...
