Kiara
Je n’arrive pas à dormir. On vient à peine de rentrer, il est presque cinq heures du matin. La soirée a été complètement folle : Noah était choqué de nous voir débarquer, Amanda rayonnait, et puis tout est retombé d’un coup. Le trajet du retour, le silence, et maintenant moi qui ne sait pas dormir. Je suis allongée dans un lit avec un garçon. Rien que cette pensée me dérange. Depuis Alec, ça ne m’est plus jamais arrivé. J’ai dormi avec Kessy, oui, mais là… c’est différent. Je suis chez les parents de Tony et Alec, et ça réveille des souvenirs que je n’ai pas demandé à revoir. À côté de moi, Tony dort déjà profondément. Sa respiration est lourde, régulière. Il a gardé ses vêtements, il s’est littéralement effondré dans le lit comme s’il avait été coupé en deux. Deux minutes et il était parti. Moi, je fixe le plafond et je repense à Alec. À notre conversation dans mon salon. À son regard. À ce moment où j’ai compris qu’il ne me croyait pas. Dans quelques heures, il va arriver chez mon père. Et je ne sais toujours pas si je dois tout lui dire. Je touche mon cou machinalement. Le foulard est toujours là. Ce petit tissu ridicule censé cacher ce qu’on ne veut pas expliquer. Tony, Amanda, Noah… personne ne doit voir. Mais Alec, lui, l'a vu.
Kessy, elle, a explosé. Elle a voulu m’emmener à l’hôpital, au commissariat, partout sauf ici. J’ai passé une heure à la calmer, à refuser de laisser tomber. Il a voulu u me faire peur. Et sur le moment, ça a marché. Mais maintenant… je suis juste en colère. J’ai acheté une arme. Deux, en réalité. Kessy m’a traitée de folle. J’en ai laissé une à l’appartement, l’autre est dans mon sac. Un bruit sourd me fait me redresser d’un coup. Mon cœur rate un battement. Je reste immobile, les yeux grands ouverts. Le silence revient une seconde, puis un autre bruit, plus net, comme quelque chose qu’on déplace. Tony ! Je grimpe sur lui sans réfléchir et le secoue violemment.
— Tony !
Il grogne, enfouit son visage dans l’oreiller.
— Fais pas chier, Kiara… dors.
— Bouge ton cul. Y a quelqu’un dans ta maison.
Je me lève sans bruit, attrape mon téléphone et allume le flash. Mes pieds touchent le parquet froid. Je me déplace à pas lents jusqu’à mon sac près de la fenêtre. Le pistolet est là. Je le prends. Derrière moi, Tony se redresse enfin.
— Hein ?
— Y a quelqu’un chez toi ! Tu m'écoutes ? J’ai une arme et je vais lui faire regretter d’être né.
Il ouvre grand les yeux en voyant l'arme dans ma main, se levant trop vite, son genou craque, il serre les dents.
— T’es malade… tu vas tirer sur personne. C’est sûrement mes parents.
Un autre bruit parvient des escaliers. Plus clair. Plus vivant. Tony appuie sur l’interrupteur. La lumière blanche nous explose les yeux. Il passe une main sur son visage.
— Tu restes ici. J’y vais.
— Non. On va te tuer !
Il souffle, presque amusé malgré la tension.
— T’es parano, ma petite lionne. Je suis beaucoup trop sexy pour mourir.
— C’est pas drôle. Je viens avec toi.
— Non. Tu restes là. Ferme-la.
Il ouvre la porte quand je lui souffle que c'est un handicapé, qu'il n'arrivera même pas à se battre, et il se marre en descendant les escaliers. Il a pas l'air inquiet, alors que moi si. Je me précipite vers la fenêtre. L' allée est vide, pas de voiture.
Merde.
Et si c’était lui ?
Et si il était revenu ?
Mon pouls s’accélère. Je déverrouille la sécurité de l’arme, et je sors. Les lumières sont allumées en bas. Je descends. Silencieuse. Tendue. Prête à exploser au moindre bruit.
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BRISÉE
Romance[ En réécriture : 44/61 ] Une rencontre épique dans un couloir le premier jour des cours, check ✔️ ! Foncer dans un beau gosse aux yeux océan qui est aussi le capitaine de l'équipe du bahut, check ✔️! Manquer de se faire virer à cause de sa grand...
