Chapitre 1

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Ariane

~présent~

Mon réveil sonne et pour la cinquième fois depuis ce matin, je tape sur snooze en espérant que mon frère ne va pas débarquer dans ma chambre pour me faire sortir du lit. Dommage que les vœux ne se réalisent pas, car quand Jellal ouvre ma porte en me criant que j'ai déjà vingt minutes de retard et qu'il est l'heure d'affronter cette magnifique journée, je suis à deux doigts de lui rétorquer qu'aujourd'hui est tout sauf un bon jour. Non mais sérieusement comment peut-on qualifier un lundi matin de rentrée de bonne journée ? Je suis tirée de mes pensées par la main de Jellal qui s'est posée sur ma tête et qui me caresse doucement les cheveux. J'adore quand il fait ça. Ça me rappelle quand j'étais petite et qu'il m'aidait à dormir. J'ai beau me plaindre, je ne sais pas ce que je ferai sans lui. J'ouvre doucement les yeux et croise son regard qui me supplie de faire un effort. Je soupire et finis par céder. Je dépose un bisou sur sa joue en marmonnant que c'est injuste qu'il ait toujours le dernier mot et je disparais dans la salle de bain.

Je m'appelle Ariane Heartfilia et j'ai dix-sept ans. Je vis en Floride avec mon père et mes deux grands frères, Jellal et Cole. Mon père est banquier et voyage beaucoup ce qui fait qu'il n'est pas très souvent à la maison. Lui et ma mère ont divorcé, il y a déjà quelques années et je ne vois ma mère que pendant les vacances, car elle habite dans le Colorado. C'est une grande artiste et elle est très prise par son travail à travers le monde. Cole est l'aîné de la fratrie, il a vingt-deux ans et fait des études pour devenir commercial. Jellal, lui, a vingt ans et a entamé des études de photographe au grand dam de mon père qui considère qu'il gâche son talent. J'ai toujours été très proche de mes frères même s'il nous arrive de nous chamailler de temps en temps. Ils ont toujours été là et m'ont toujours épaulée dans toutes les situations.

Je me dépêche d'attraper une serviette et de filer sous la douche. Je tente tant bien que mal de chasser les derniers cauchemars qui ont habité ma nuit en laissant couler l'eau chaude sur mon corps. Je pris intérieurement pour que l'eau efface toutes les traces visibles et invisibles qui habitent mon être. Je la laisse couler à flots sur ma peau et je tente de me concentrer sur la chaleur qui se propage le long de mon corps et pas sur l'abominable rentrée qui me guette, mais c'est peine perdue, la peur et l'angoisse me rattrapent. J'éteins rageusement l'eau et tente d'essorer tant bien que mal mes cheveux en sortant de la douche. J'enroule une serviette autour de mon corps et en relevant la tête, je croise mon propre regard dans le miroir. J'ai une mine horrible et mes cernes en disent long sur la nature de mes nuits... Je détourne rapidement la tête pour échapper à cette vision de moi que je tente tant de fuir. Je m'apprête à attraper ma trousse de maquillage quand j'entends Cole me crier d'en bas que je n'ai plus que quinze minutes. Tant pis pour le ravalement de façade ! De toute façon à quoi bon faire des efforts ? Je me dépêche de sécher mes cheveux et de les brosser puis je me précipite dans ma chambre. J'attrape un jean, un débardeur et un pull et je file avaler ma tasse de café habituelle.

En arrivant en bas, j'entends les voix de mes frères qui chuchotent, je tente de m'approcher discrètement pour écouter leurs messes basses, mais ils s'interrompent.

Foutus escaliers qui grincent ! J'entre dans la cuisine sous les regards inquisiteurs de mes frères qui me scrutent des pieds à la tête.

- Quoi ? leur demandais-je légèrement agacée.

- Bonjour Yaya, c'est un plaisir de voir que tu es de bonne humeur, me répond Cole en levant les yeux au ciel.

- Ne traîne pas ou on va être en retard, rétorque Jellal en sortant de la cuisine, tu n'es peut-être pas enchantée de retourner en cours, mais moi, je ne veux pas être en retard à la fac.

J'avale mon café aussi rapidement que possible en espérant ne pas avoir à le vomir plus tard et je m'apprête à partir quand je suis arrêtée par la voix de Jellal.

- Tu ne manges rien ? me demande-t-il le regard chargé d'inquiétude.

- Pas une bonne idée, rétorquais-je en fuyant son regard, pressée de fuir.

Seulement mon frère ne le voit pas de cet œil. Il pose sa tasse et contrairement à la leçon de morale à laquelle je m'attendais, il se contente de me prendre dans ses bras et de me serrer très fort contre lui. Je sens l'inquiétude qui le guette souvent ces derniers temps et je lui rends son étreinte. Quand nos regards se croisent, j'y lis un mélange d'encouragements et d'adoration qui me pousse à faire deux fois plus d'efforts. Mes frères se sont donnés beaucoup de mal ces derniers mois pour s'occuper de moi. Je sais que je leur cause des soucis et qu'ils s'inquiètent et pourtant, ils ne lâchent pas l'affaire. Ils continuent de me rassurer et de me réconforter dès que ça ne va pas. Alors s'il faut que je retourne en cours pour leur faire plaisir, je vais y aller en quatrième vitesse, je leur dois au moins ça.

J'attrape mon sac, une paire de basket et saute dans la voiture de Jellal qui se tourne vers moi un grand sourire aux lèvres.

- Prête ? me demande-t-il.

- Oui, je réponds, « non », hurle mes pensées.

Je sors mon téléphone et constate que j'ai 2 messages, dont un de mon père. Pour une fois qu'il se souvient de quelque chose.

Papa : courage ma princesse, je sais que ça ne sera pas simple de repartir de zéro, mais ça te fera du bien de voir de nouveaux visages. Je t'aime ♥.

« Pas simple », c'était peu de le dire. Si j'allais enfin avoir une chance d'éviter les regards chargés de pitié ou de colère de mes anciens camarades, j'allais certainement me prendre l'étiquette de la petite nouvelle. Super quand on veut passer inaperçue !

Le deuxième vient de ma mère bien évidemment.

Maman : bonne chance ma puce, je t'appelle dès que j'ai un moment ! Bisous, je t'aime ♥.

Tiens ?! Maman qui a appris à écrire des messages courts ?! Je commence à me dire que j'aurais tout vu. Un léger sourire naît sur mes lèvres, mais il est vite refoulé par la voix de Jellal qui m'annonce que nous sommes arrivés.

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