Chapitre 71

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Ariane

  Assise entre Jellal et Daemon, je contemple le tarmac en attendant que l'avion décolle. C'est étrange de penser que cette année, je fête Noël sans Cole. C'est la première fois que nous sommes séparés pour cette fête.

Le soleil se couche au loin et ses rayons orangés colorent le ciel et les bâtiments alentour. Je me tourne vers Jellal et constate qu'il a déjà dégainé son appareil photo pour immortaliser la scène. Je rigole et grimace quand il se tourne vers moi. Quand j'étais plus petite, Jellal était déjà passionné par la photo et il était aussi déjà vraiment doué. Eden et moi nous amusions à poser pour lui. Résultats : je pense qu'il y a facilement une vingtaine d'albums photos de nous chez ma mère !

Je me tourne ensuite vers Daemon et constate immédiatement que quelque chose ne va pas. Il a le regard dans le vide, le visage neutre et il triture sa bague et ses doigts comme si ces derniers le gênaient. C'est la première fois que je le vois dans un état pareil. Lui qui est d'habitude si sûr de lui et respire le charisme, il a l'air rongé par l'angoisse.

- Daemon ? l'appelai-je.

Il ne relève même pas la tête.

- Dae ?

Touché ! Il se tourne vers moi, l'air surpris et déstabilisé.

- Comment tu m'as appelé ? me demande-t-il.

- Heu... Dae ? répétai-je ne sachant pas s'il aime ou s'il déteste.

J'épie sa réaction et souffle de soulagement quand un large sourire apparaît sur son visage.

- Je me demandais quand tu m'appellerais enfin par mon surnom, m'avoue-t-il.

- C'est si important que ça ? rigolai-je.

- Je ne sais pas... un peu quand même. Ça prouve qu'on a franchi un cap, répond-il dans un clin d'œil.

Je rougis légèrement et me détourne un peu gêné. Quel cap ? me demandai-je en repensant à ma conversation avec Ayline. Je me tourne à nouveau vers Daemon en me rappelant pourquoi je l'avais abordé et constate qu'il est déjà replongé dans sa transe.

- Dae ça va ? lui demandai-je en attrapant sa main.

- Très bien, affirme-t-il avec tellement de rapidité que ce n'est pas crédible une seconde.

- Et pour de vrai ?

Il plonge son regard dans le mien et j'y lis clairement la peur qu'il n'arrive pas à exprimer verbalement.

- Tu as peur de l'avion ?

Il acquiesce et détourne ses yeux comme si s'était un secret honteux pour lui.

- Pourquoi tu en as honte ? l'interrogeais-je.

- Je n'en ai pas honte, assure-t-il sans me regarder.

- Ce n'est pas l'impression que tu donnes, contrai-je. Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

- Qu'est-ce que ça aurait changé ? s'agace-t-il.

Il n'a pas tort, je ne sais pas trop quoi faire pour l'aider. Je réfléchis un instant et finis par entrelacer nos doigts. Je dessine de petits cercles sur le dos de sa main et pose ma tête sur son épaule. Je le sens se calmer un peu quand il pose sa tête contre la mienne.

- Quand on sera dans les airs, ça ira mieux, me chuchote-t-il en embrassant mes cheveux.

Je hoche la tête et me laisse aller contre lui. Je vois mon frère nous observer d'un drôle d'air, mais je me fiche bien de ce qu'il pense. Il est loin d'être bien placé pour me faire la morale. C'est assez ironique de me dire que Daemon sera mieux quand on aura décollé alors que moi, c'est quand on sera dans les airs que ça va commencer à aller mal. Je ne suis pas retourné à Breckendrige depuis presque six mois et je prie pour ne pas recroiser plusieurs personnes. Malheureusement pour moi, c'est une petite ville dans laquelle tout se sait très vite...

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