Chapitre 72

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Daemon

- Je suis vraiment obligé d'y aller ? demandai-je désespérément à ma mère.

- Oui. C'est important que tu apprennes à connaître ton père.

- J'en sais assez pour pouvoir affirmer que c'est un salaud, marmonnai-je.

- Daemon ! me réprimande ma mère. Ton langage s'il te plaît, je te rappelle que tu vas passer deux semaines en compagnie d'un enfant de dix ans alors fait attention à ce que tu dis.

Je ronchonne et observe le paysage qui défile en espérant que ça me calmera un peu. Il y a maintenant un mois que mon père s'est repointé dans ma vie et en un mois tout a déjà changé.

Ma mère est convaincue que je dois absolument apprendre à connaître mon père, ma sœur et mon frère — parce que oui, en plus de découvrir l'existence d'une sœur qui me déteste déjà, j'ai également découvert que j'avais un petit frère. Je déteste mon père. C'est un homme suffisant qui prend en permanence ma mère de haut. Un connard de riche qui croit que c'est en revenant avec de grands sourires et un peu de thunes, après douze ans d'absence, que je vais le pardonner, et même oublier sa trahison.

Il a été convenu avec ma mère que je passerai une semaine par mois chez lui. D'après elle, il est important que j'ai un semblant de figure paternelle dans ma vie. Pourtant, je préférerais toujours devenir un délinquant que de ressembler ne serait-ce qu'un peu à mon abruti de père ! Comme si aller chez lui une fois par mois ne suffisait pas, il a fallu que ce crétin décide de nous emmener en vacances pendant deux semaines ! La conclusion est simple : je vais passer deux semaines de cauchemars, au ski, avec une sœur, qui me déteste, un morveux de onze ans, la bonne femme pour qui mon père a quitter ma mère et mon salaud de paternel, mais d'après ma mère, je devrais être enchanté !

- Pourquoi tu lui as pardonné, demandai-je froidement à cette dernière.

Ma mère fait mine de ne pas avoir remarqué le ton glacial de ma voix et fixe la route. Je vois ses phalanges blanchir sur le volant alors qu'elle semble chercher une réponse adaptée.

- Je ne lui ai pas pardonné, murmure-t-elle. Je ne pourrais jamais lui pardonner.

- Alors pourquoi ? Pourquoi tu me jettes dans les bras de ce salaud ? Pourquoi tu fais comme si tu t'attendais à ce que je découvre que c'est un homme merveilleux ? éclatai-je.

- Je ne le fais pas pour moi, mais pour toi, me coupe-t-elle.

- Mais qu'est-ce que ça va me rapporter ?

- J'aimerais vraiment que tu parviennes à t'entendre avec ton père Daemon. Il nous a fait du mal, c'est vrai, mais je ne peux plus tout assumer seule, déclare-t-elle honteusement.

- C'est pour son argent que tu fais ça ? Tu me vends ? lui demandai-je outré.

Le silence s'installe quelques secondes, mais il est vite brisé par le rire sonore de ma mère qui résonne dans tout l'habitacle.

- Ça doit être ça ! Je te vends et je peux même te dire que tu as perdu de ta valeur quand il a appris que tu ne mettais jamais ton linge dans le panier ! ironise-t-elle.

- Moi aussi je suis mort de rire ! me renfrognai-je en levant les yeux au ciel.

- Daemon... prononce-t-elle avec douceur comme si elle savourait la sensation de mon prénom dans sa bouche. Daemon... je t'aime mon trésor.

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