Chapitre 68

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Ariane

De retour dans la voiture, Daemon se penche à nouveau vers moi pour déposer un baiser léger sur mes lèvres, puis il démarre. Je ne sais pas exactement ce que nous sommes tous les deux. Nous avons l'allure d'un couple, mais nous ne le sommes pas vraiment. Pour être honnête, j'ai beau avoir conscience d'être amoureuse, je ne me sens pas prête à être de nouveau en couple. Pas tout de suite, pas tant que je n'aurais pas réussi à remettre un peu de stabilité dans ma vie.

Je fixe les traits concentrés de Daemon et soupire en constatant que la soirée est finie. J'aurais bien voulu qu'elle dure encore un peu.

- Qu'est-ce qu'il y a ? me demande Daemon en souriant.

- Je n'ai pas envie de rentrer tout de suite.

Il me regarde un instant, puis il se reconcentre sur la route en ayant l'air de réfléchir.

- Quelle heure est-il ?

- Minuit deux.

- Jellal va me tuer, soupire-t-il.

Il bifurque soudain dans une rue que je ne reconnais pas.

- Où est-ce qu'on va ?

- Je vais te montrer quelque chose. Envoie un message à ton frère et dis lui que nous allons rentrer un peu plus tard.

J'acquiesce et préviens Jellal. Quand je me reconcentre sur le paysage, je constate que nous sortons de la ville.

- Ça y est, je me fais kidnapper, murmurai-je.

Daemon ricane dans un air faussement diabolique et je lève les yeux au ciel.

Les kilomètres défilent et je commence sérieusement à me demander où il veut aller. Il finit par se garer au pied d'une colline. Nous sortons de voiture et il récupère une couverture dans son coffre.

- Qui garde ce genre de chose de son coffre ? lui demandai-je suspicieuse.

- Ne me fixe pas comme ça. J'avais prévu de t'emmener ici, mais on est restés plus longtemps que prévu au marché.

Nous montons la colline et si j'avais froid au début, j'ai maintenant bien chaud. Je n'aurais jamais dû mettre ces talons.

Daemon s'assoit dans l'herbe et je le rejoins. Il enroule une couverture autour de nos épaules et nous nous allongeons blottis l'un contre l'autre.

- Regarde ! déclare-t-il en pointant le ciel du doigt.

Je pose mes yeux sur la voûte étoilée et m'émerveille devant les étoiles. En ville, on ne les voit pas aussi bien à cause de toute les lumières et de la pollution. J'ai toujours adoré les étoiles. Eden et moi, on avait pour habitude de passer une journée ensemble à chaque anniversaire. Nous faisions les boutiques, dévalisions les bibliothèques et buvions des milk-shakes dans nos cafés préférés. Notre journée finissait toujours en haut de la colline qui s'étendait derrière chez nous. Nous habitions au alentour d'un petit village du Colorado, du coup, les lumières étaient peu nombreuses. On se posait dans la neige avec une épaisse couverture et nous contemplions les étoiles en essayant de repérer les constellations. Blottie contre Daemon, l'espace d'un instant, j'ai l'impression d'avoir fait un bond dans le passé et d'être avec Eden.

Quand j'y pense, je suis heureuse de revoir Breckenridge et ses rues colorées pour Noël. Ma mère me manque aussi. Pourtant plus je pense à rentrer en Floride et plus la peur me gagne. Là-bas, il y a mes anciens amis, ceux qui m'ont tourné le dos quand j'avais le plus besoin d'eux. Il y a des souvenirs d'Eden partout. Et surtout, il y a Chad... En y réfléchissant, j'aurais dû demander à mon étoile de Noël qu'il ne soit pas de retour pour les vacances. Je n'ai plus qu'à attendre qu'une étoile filante passe.

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