Daemon
J'émerge à peine du sommeil que la première chose que je sens, c'est le froid qui remonte le long de ma colonne vertébrale et de mes bras. S'il y a bien une chose qui ne m'avait pas manqué dans le Colorado, c'est bien le froid. J'adore la neige, mais j'admets tout de même lui préférer la plage depuis que j'ai emménagé en Floride. Je rabats la couette sur mon corps et compte bien me rendormir quand j'entends la porte de ma chambre s'ouvrir tout doucement.
Je simule le sommeil en espérant que cela poussera mon visiteur à faire demi-tour, mais ça n'a pas l'air de marcher puisque j'entends les lattes du parquet grincer. Je sens quelqu'un grimper sur le matelas et une douce odeur de lavande flotte vers moi. La personne semble changer d'avis puisqu'elle descend du matelas. Je m'apprête à fêter silencieusement ma victoire quand un petit rire conspirateur me parvient. Je n'ai pas le temps d'anticiper que quelqu'un me saute dessus.
- Debout ! hurle Ariane en m'écrasant de tout son poids.
Je grogne et tente de la repousser, mais elle s'accroche et s'installe à califourchon sur moi en criant.
- Allez lève-toi Dae ! Il est déjà onze heures et on a mille et une chose à faire !
- Laisse-moi dormir, me lamentai-je.
- Hors de question ! Je ne t'ai pas emmené ici avec moi pour que tu hibernes !
Je m'apprête à lui rétorquer que je suis un animal d'été quand elle commence à gigoter sur moi en tapant dans ses mains pour me réveiller. Ma voix reste bloquer dans ma gorge et je dois faire un effort surhumain pour contenir le râle qui voudrait franchir mes lèvres alors qu'un éclair de désir parcourt mes veines en quelques secondes.
- On doit aller faire quelques courses pour ma mère, puis je vais te faire visiter mon village et-
- Aria, par pitié arrête, suppliai-je.
- De quoi ? m'interroge-t-elle en penchant légèrement la tête sur le côté et en me fixant de ses yeux innocents remplis d'incompréhension. Je trouverai presque ça mignon si l'envie de la plaquer sur le matelas n'envahissait pas tout l'espace dans ma tête.
- De...gigoter comme ça, soufflai-je.
Elle semble soudain comprendre et ses joues virent instantanément au rouge. Elle glisse doucement à côté de moi en murmurant quelques excuses le visage dans les mains. Je ne devrais peut-être pas, mais j'éclate de rire.
- Arrête de rire ! m'intime-t-elle en me fusillant du regard.
- Tu es trop mignonne, rigolai-je en la faisant rougir un peu plus.
Je la force à se tourner vers moi et l'emprisonne dans mes bras alors qu'elle se met à pester contre moi. Elle finit par se calmer et nous restons tous les deux allonger là sur mon lit.
Je fixe les murs blancs, les décorations de Noël qui parsèment la pièce et les poutres épaisses qui barrent le plafond de cette chambre. La nostalgie m'envahit à mesure que les souvenirs envahissent mon esprit. Il m'est arrivé plus d'une fois de dormir dans cette chambre quand j'étais plus jeune. Eden et moi l'adorions parce qu'elle était plus grande que la sienne. Nous construisions des cabanes et passions de sacrées soirées à regarder des films et à jouer aux jeux vidéo en grignotant tout un tas de cochonneries.
Quand nous sommes arrivés hier soir, nous étions tous tellement fatigués que c'est presque si nous ne sommes pas directement allés nous coucher. D'ailleurs, Ariane dormait tellement bien que c'est Jellal qui l'a montée dans sa chambre. Leur mère m'a chaleureusement accueilli, et même si elle faisait tout pour le cacher, j'ai bien vu la petite larme qui a coulé le long de sa joue quand elle m'a serré dans ses bras. Il faut dire que je dois lui rappeler pas mal de souvenirs. Ici, c'était comme ma seconde maison. À l'époque, ma mère travaillait énormément et il n'était pas rare que je dorme ici, sans compter qu'Eden et moi étions inséparables.
VOUS LISEZ
Supernova
RomanceAriane est une jeune fille au passé tumultueux, les épreuves et les blessures qu'elle a subies ont laissé un vide immense au fond de son cœur. Alors qu'elle se bat contre la douleur et le gouffre que les épreuves du passé ont creusées en elle, elle...
