Chapitre 63

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Ariane

Voilà maintenant trois jours que je n'ai pas vu Daemon et j'ai la sensation de devenir de plus en plus dingue chaque jour qui passe. Il est constamment dans mes pensées et c'est aussi agréable qu'effrayant. Je soupire en appuyant sur l'alarme de mon réveil pour le faire taire et sors de mon lit.

Aujourd'hui, nous sommes lundi et j'ai pris une grande décision : je retourne au lycée. Je n'ai prévenu personne, car j'avais peur de me défiler à la dernière minute, mais maintenant que mon réveil a sonné, je décide que je ne reculerai pas.

La boule au ventre, je me dirige vers ma salle de bain en refoulant du mieux que je peux mon angoisse. Je prends une douche rapide, tresse mes cheveux et me maquille pour cacher les ravages que le manque de sommeil a créé sur mon visage. J'attrape un col roulé noir, un jean et une paire de converses et saisis mon téléphone. Je constate que j'ai plusieurs messages non lus et prends quelques minutes pour les lire. Le premier est de ma mère, elle m'annonce que Jellal et moi passons Noël chez elle et qu'elle a déjà réservé nos billets d'avion. Je lui réponds puis lis le second message qui vient de Daemon.

Daemon : Quand est-ce que tu vas arrêter de bouder ?

Daemon : Aller Ariane, répond.

Daemon : Je me suis excusé, je ne vois vraiment pas ce que je peux faire de plus !

Hé oui. Comme je l'ai dit, cela fait maintenant trois jours que je n'ai pas vu Daemon, mais aussi que je ne lui ai pas adressé la parole. Cet abruti a fait tout ce que je lui ai demandé de ne pas faire. Autrement dit, il a laissé tomber Cameron pour notre exposé. J'ai fait promettre à Cameron de ne pas le tuer, mais ce n'est pas une raison pour tout lui passer. Je compte bien le faire attendre encore un peu.

Voyant l'heure tourner, je me dépêche de descendre dans la cuisine sans prendre la peine de répondre à Daemon. Quand je m'assois à table Cole et Jellal me dévisagent stupéfaits de me voir levée et habillée à sept heures et demie du matin.

- J'ai un truc sur le visage ou quoi ? leur demandais-je en plaisantant.

- Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait du zombi qui nous sert habituellement de petite sœur ? s'exclame Jellal l'air faussement effrayé.

- Hé ! Avant de me traiter de zombi, tu devrais te regarder dans un miroir ! me défendis-je en le fusillant du regard.

Il s'apprête à répliquer, mais Cole ne lui en laisse pas le temps.

- Tu veux aller en cours ? m'interroge-t-il surpris.

J'hésite un instant sentant mon courage flancher à la simple entente du mot « cours », mais me reprends rapidement et acquiesce.

Mes frères me dévisagent un instant sans rien dire, puis Cole s'approche de moi et me tend une tasse de café en souriant.

- C'est toi qui vois Yaya, déclare-t-il en m'embrassant sur le front.

***

Lorsque Jellal s'arrête devant le lycée, je me sens comme la première fois que j'ai mis les pieds ici. L'angoisse monte de plus en plus en moi et le peu de courage que j'avais réussi à trouver commence à s'évaporer dans les airs et dans la foule d'élèves qui franchissent les portiques. Je sens les larmes me monter aux yeux et mes ongles s'enfoncer dans les paumes de mes mains.

- Tu sais que tu n'es pas obligée ? me demande Jellal avec douceur.

Je fixe mon regard au sien et hoche la tête, pourtant, je ne veux pas laisser l'angoisse gagner une fois de plus. Je ne veux plus me sentir impuissante face à mes émotions. Je prends une grande inspiration et reporte mon attention sur tous ces gens qui se saluent et discutent joyeusement. J'hésite mais mes doutes s'envolent quand je vois les deux jeunes filles et le garçon qui me font de grands gestes et me lancent d'immenses sourires devant le portail.

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