Comme je le dis souvent, avoir un cancer, finalement c'est un peu une activité à plein temps. Vous avez souvent des examens à passer, des rendez-vous avec des médecins ou des traitements à suivre. Qui plus est, ces traitements sont longs et coûteux. Dans mon cas, j'ai démarré mon programme de soins en septembre dernier et je dois encore aller à l'hôpital jusqu'en décembre 2016, soit pendant presque un an et demi. Parfois il m'est arrivé de me dire que je ne finirai pas mon traitement de chimio alors que j'ai réussi à franchir cette étape. Si j'ai pu penser cela, c'est parce que moi-même, avant de tomber malade, j'avais une vision très pessimiste sur la possibilité de guérir de cette maladie qui, je dois bien l'avouer, me faisait peur. Finalement le fait d'être passé du côté des malades m'a fait prendre conscience que l'on peut s'en sortir mais aussi que le cancer reste un sujet tabou. J'ai notamment pu le remarquer lorsque les gens ont su que j'étais malade, leurs réactions ayant été diverses et variées. Mon entourage proche a été très sensible à ce qui m'arrivait, d'autres personnes ont été aussi touchées par mon histoire car elles sont elles-mêmes concernées directement ou indirectement (Qui ne connaît pas aujourd'hui quelqu'un autour de lui qui n'a pas été atteint par cette maladie ?). Et puis il y a celles qui ne se sentent pas à l'aise, sont gênées et ne savent tout simplement pas quoi vous dire. Sans parler de celles qui sont effrayées à l'idée même de l'évoquer car vous êtes finalement un miroir qui leur rappelle que cela pourrait aussi leur arriver un jour. Sheryl Sandberg décrit bien ce phénomène dans son livre "Option B", consacré à la résilience face aux épreuves de la vie, que ce soit la mort d'un être cher, la maladie, une séparation, la perte d'un emploi, etc.... Dans cet ouvrage, qu'elle a écrit suite au décès brutal de son mari Dave Goldberg à l'âge de 47 ans, elle raconte comment elle était étonnée que des amis puissent passer plusieurs heures avec elle sans lui parler de la tragédie qui avait chamboulé sa vie. Pour reprendre l'expression consacrée, il y avait constamment un « éléphant dans la pièce », à un point tel qu'elle a pensé à s'acheter un éléphant en peluche et à le promener avec elle afin de détendre l'atmosphère. J'ai été tentée de faire la même chose qu'elle pour crever l'abcès. Pour autant, cette idée ne s'est jamais concrétisée car je n'ai pas souhaité effrayer les gens. Tout ce que je souhaite c'est que l'on finira un jour par en parler plus librement car comme me l'a dit le chirurgien, le cancer n'est ni une maladie honteuse, ni une maladie contagieuse...
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RandomJe m'appelle Camille et en août 2015 à 41 ans, j'apprends que je suis atteinte d'un cancer du sein agressif de grade 3, un cancer que l'on ne savait pas soigner il y a 15 ans. Cette maladie je vais devoir la combattre avec des traitements lourds dur...