Dimanche dernier Julien et moi sommes allés chez Vanessa et David. Je ne peux que les remercier d'être aussi là pour moi durant cette période de fortes turbulences. Nous avons passé un bon moment en leur compagnie et celle de leurs enfants. Une nouvelle fois cela m'a permis de décompresser, de penser à autre chose et surtout d'être reboostée avant de revenir à l'hôpital ce matin. Ce n'est jamais facile de retourner dans le service de chimiothérapie, jamais. On sait qu'il faut en passer par là pour guérir mais on y va jamais de gaieté de cœur.
Aujourd'hui je vais suivre ma sixième et dernière cure de chimio et ma troisième séance d'immunothérapie. Je sais que je vais devoir encore subir des effets secondaires, je sais que cela va être compliqué, l'avant-dernière chimio m'ayant une nouvelle fois contrainte à patienter une semaine avant de pouvoir faire quoique ce soit. En fait, après chaque cure, c'est comme si je plongeais dans l'eau très profondément et très rapidement sans respirer. Et puis les jours passant je finis par remonter tout doucement à la surface jusqu'à ce que je puisse de nouveau retrouver ma respiration. Tout cela ne sera bientôt plus qu'un mauvais souvenir... Encore un dernier effort avant d'être libérée.
A mon arrivée en salle de soins, je m'installe sur un fauteuil, comme à chaque fois. Les femmes que je croise en chimiothérapie sont souvent plus âgées que moi. Il m'arrive aussi d'en croiser certaines qui ont la quarantaine comme moi. Mais, alors que j'attends que quelqu'un vienne s'occuper de moi, j'entends une femme confirmer sa date de naissance à une infirmière : 1987. C'est là que je comprends de nouveau que le cancer du sein touche des femmes plus jeunes que moi. Elle a 29 ans. La plus jeune patiente de l'hôpital avait 18 ans lorsqu'on lui a diagnostiqué un cancer du sein. Elle a dû subir une mastectomie totale du sein. Quelques minutes plus tard, une infirmière vient m'administrer mon traitement. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'à ce que les poches des médicaments anti-cancéreux ne se vident complètement. Ce qui est étrange ce matin c'est que cette cure me paraît plus longue que d'habitude alors que le traitement est le même que la dernière fois. En fait si j'ai cette impression c'est tout simplement parce que je suis impatiente que cette cure se termine. Tel un lion en cage, je m'agite sur mon fauteuil car il m'est impossible de tenir en place et de rester calme. Lorsque finalement la sonnerie de l'appareil retentit, je comprends que c'est fini. Pour de bon. Vous n'imaginez pas le bien que cela me procure. Tout d'un coup, je me sens plus légère, je flotte, c'est comme si je me délestais d'un énorme poids et que j'entrais en lévitation. De retour chez moi, je me saisis comme à chaque fois de mon programme personnalisé de soins pour stabiloter la ligne correspondant à la chimio effectuée. Je dois bien avouer que ce dernier surlignage me procure un immense soulagement. Ce moment je l'ai tellement attendu. J'ai même parfois cru qu'il n'arriverait jamais. Comme me l'a dit Marie, j'ai fait le plus dur. D'ici peu, je pourrai enfin dire adieu à la grippe, mes cheveux vont repousser et je pourrai enfin leur dire : « Vous m'avez terriblement manqué ».
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De TodoJe m'appelle Camille et en août 2015 à 41 ans, j'apprends que je suis atteinte d'un cancer du sein agressif de grade 3, un cancer que l'on ne savait pas soigner il y a 15 ans. Cette maladie je vais devoir la combattre avec des traitements lourds dur...