Julien et moi avons vraiment envie de tout abandonner. Pourquoi s'acharner ? Ça ne sert à rien. Après un long passage à vide, on a malgré tout voulu encore y croire. Du coup nous avons revu une nouvelle fois le gynécologue :
« Ecoutez, après ces 2 tentatives, je vous conseille de vous diriger vers le don d'ovocytes. Vos chances de réussite sont minces, voire très minces avec vos propres ovules et il est préférable pour vous d'aller dans cette voie. Grâce au don, vous avez 80 % de chance que cela marche ».
A ce moment-là, Julien et moi restons bouche bée, ne sachant plus quoi dire. C'est comme si le ciel venait de nous tomber sur la tête. Je renchéris alors :
« Ce n'est pas une décision facile à prendre vous savez
- Si on doit faire appel au don d'ovocyte, comment cela se passe ?, demande alors Julien
- La France fait face à une pénurie de dons d'ovocytes : les donneuses sont rares et les femmes en attente d'un ovocyte sont nombreuses. Etant donné votre âge, je vous conseille de vous rendre à l'étranger
- Cela veut-il dire que je ne serai pas la mère de cet enfant ?
- Vous serez sa mère, aucun doute là-dessus. Vous porterez cet enfant, il grandira en vous, vous l'allaiterez
- Mais je ne serai pas sa mère génétique ?
- Non mais vous serez sa mère biologique. Vous savez dans un tiers des cas, le troisième enfant d'une famille n'est pas du père
- Ah oui ?
- Dans votre cas, vous pouvez aller soit en Espagne, soit en Tchéquie. Etant donné votre type de cheveux et votre couleur de peau, je vous conseille néanmoins d'aller en Tchéquie. Des associations peuvent vous aider dans votre démarche, et si vous le souhaitez, vous pouvez prétendre à une prise en charge de la sécurité sociale d'environ 1500 euros
- On connaît l'identité de la donneuse ?
- Non
- Sachez que vous pouvez vous faire accompagner par un psychologue pour vous aider dans cette démarche
- Et l'adoption ? Peut-elle être envisagée ?
- Vous savez que le processus d'adoption est long en France. Rien ne vous empêche dans tous les cas de faire une demande
- Est-il aussi envisageable de continuer les FIV ? Je sais que je prends des doses conséquentes à chaque fois mais je me demandais si vous y verriez une contre-indication médicale ?, lui dis-je alors
- Non aucune
- Pour l'instant, je préfère cette option, rétorque Julien
- Moi aussi, j'ai besoin de réfléchir vous comprenez
- Ce n'est pas une décision simple à prendre je sais. Ecoutez, prenez votre temps et dans ce cas continuons avec une troisième FIV. Faites ces examens et on se revoit bientôt ».
Après ce rendez-vous difficile nous sommes allés prendre un verre pour nous détendre.
« Tu sais je préfère me dire que c'est encore possible et que je peux faire partie des 10 % de chanceux. J'ai encore envie d'essayer. J'ai toujours l'espoir que cela peut fonctionner
- C'est normal Camille. Et puis nous n'en sommes qu'à 2 essais
- Oui c'est vrai mais peut-être qu'il va en falloir passer par le don pour devenir parents
- Nous n'en sommes pas encore là
- Et si le gynécologue avait raison ?
- Attendons encore un peu. Qui sait ? Si ça trouve, la prochaine tentative sera la bonne
- Oui, peut-être que cela va marcher. Il faut toujours y croire ».
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RandomJe m'appelle Camille et en août 2015 à 41 ans, j'apprends que je suis atteinte d'un cancer du sein agressif de grade 3, un cancer que l'on ne savait pas soigner il y a 15 ans. Cette maladie je vais devoir la combattre avec des traitements lourds dur...